Trente cinq nouveaux éléments inscrits sur la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité

  • 13 décembre 2019
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Jeunes gnaoua apprenant à jouer aux crotales
© Direction du patrimoine culturel, Maroc, 2015

Le Comité de sauvegarde du patrimoine culturel immatériel, réuni à Bogota, a inscrit 35 éléments sur la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité . Les nouveaux éléments inscrits sur la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité sont :

L’élément englobe l’art de l’écriture arménienne, vieille de plusieurs siècles, mais aussi la riche culture de l’écriture décorative et ses nombreux usages. Il se distingue également car il présente une très grande variété de polices décoratives caractérisées par différentes formes comme des oiseaux, des animaux ou encore des créatures mythiques. Au-delà de sa fonction primaire visant à archiver et à transmettre les informations, l’écriture arménienne imprègne presque toutes les couches de la société, notamment l’artisanat populaire. Les établissements d’enseignement de tous niveaux, les centres pour la jeunesse et l’Église apostolique arménienne jouent un rôle important dans sa transmission.

La transhumance, déplacement saisonnier de troupeaux le long des routes migratoires en Méditerranée et dans les Alpes, est une forme de pastoralisme. Chaque année au printemps et en automne, de l’aube au crépuscule, des milliers d’animaux sont conduits par des bergers selon des itinéraires fixes. Cette pratique comprend la transhumance horizontale, dans les régions de plaines ou de plateaux, et la transhumance verticale, typique des régions montagneuses. Elle façonne les relations entre les hommes, les animaux et les écosystèmes, implique des pratiques sociales et des rituels communs et représente l’un des systèmes d’élevage les plus efficaces et durables.

Chez les États soumissionnaires, le palmier dattier a donné naissance à un grand nombre de formes d’artisanat, de métiers et de traditions au fil des siècles. On compte parmi les détenteurs et les praticiens de l’élément les propriétaires de plantations de palmiers dattiers, les agriculteurs qui entretiennent les plantes, les artisans qui fabriquent des produits traditionnels, les marchands de dattes, les artistes et les interprètes de contes et poèmes populaires mettant à l’honneur cet arbre. Le palmier dattier a joué un rôle essentiel dans le soutien des populations face aux défis propres à un environnement désertique, et la pertinence culturelle et le développement à travers les siècles de cet élément démontrent l’engagement des communautés en faveur de sa préservation.

L’Ommegang de Bruxelles, cortège historique et fête populaire, se déroule chaque année en juillet dans le centre historique de Bruxelles au cours de deux soirées. L’événement débute par un concours de tir à l’arbalète, suivi d’une cérémonie dans l’église du Sablon. Différents groupes se réunissent à l’occasion d’une procession à travers la ville pour rejoindre la Grand-Place où ils retrouvent le Magistrat de Bruxelles. L’Ommegang moderne a été réinventé en 1928-1930 et la tradition a aujourd’hui pris la forme d’un évènement festif local. De nombreux individus se sont impliqués dans cet événement au cours de ces 40 à 50 dernières années et des groupes de volontaires se sont regroupés au sein d’associations actives.

La fête du Gran Poder se tient chaque année le jour de la Sainte Trinité à La Paz. La parade commence par une procession rassemblant 40 000 fidèles qui dansent et chantent en honneur de leur saint patron. Ce défilé composé de 7 000 musiciens traverse les rues dans une atmosphère euphorique. Le jour suivant, les membres de la procession portent le saint patron sur leurs épaules. Ce festival stimule et transforme la vie sociale de La Paz. Il traduit une manière particulière de vivre le catholicisme andin.

Le procédé traditionnel de préparation de l’aïrag dans un khokhuur et les coutumes associées englobent la préparation de l’aïrag – une boisson fermentée à base de lait de jument – et le matériel nécessaire à celle-ci, tel que le khokhuur (récipient en peau de vache). Afin de préparer l’aïrag, du lait de jument fraîchement trait est battu plus de 500 fois dans le khokhuur contenant un reste d’aïrag, ce qui facilite la fermentation. L’aïrag est une boisson nutritive centrale du régime mongol. Les détenteurs et praticiens héritent les connaissances relatives à ce breuvage de leurs parents, ce qui a permis de perpétuer cette tradition depuis des centaines d’années.

Le complexe culturel du bumba-meu-boi du Maranhão est une pratique rituelle impliquant différentes formes d’expression musicale, chorégraphique, théâtrale et ludique. Cette pratique est hautement symbolique. Elle reproduit le cycle de la vie et représente une métaphore de l’existence humaine. Chaque année, les groupes concernés réinventent cette célébration en recréant de nouveaux chants, de nouvelles comédies, costumes et de nouvelles broderies. Ce festival, qui atteint son paroxysme à la fin du mois de juin, implique plusieurs manifestations, et notamment des représentations publiques et des rituels associés à la mort d’un bœuf. Il s’agit d’une période de renouveau et de rechargement des énergies.

La morna est une pratique musicale et chorégraphique traditionnelle de Cabo Verde qui intègre des chants, de la musique, de la poésie et de la danse. Elle peut être chantée ou interprétée avec des instruments, principalement à cordes, comme la guitare, le violon et le ukulélé. Les paroles empreintes de poésie et parfois improvisées abordent des thèmes tels que l’amour, le départ, la séparation, les retrouvailles, la nostalgie, l’océan et la patrie, et sont aujourd’hui majoritairement interprétée en créole cap-verdien. Les détenteurs et les praticiens de cet élément qui accompagne les grands évènements tels que les mariages, les baptêmes et les réunions de famille, sont les musiciens, les chanteurs, les poètes et les compositeurs.

Art vivant qui perdure depuis plus de 2 000 ans, le système musical du chant byzantin est une tradition culturelle significative qui s’est développé dans l’Empire byzantin. Mettant en valeur, sur le plan musical, les textes liturgiques de l’Église orthodoxe grecque, le chant byzantin est étroitement lié à la vie spirituelle et au culte religieux. Cette musique exclusivement vocale emploie différents rythmes afin d’accentuer les syllabes souhaitées de certains mots. Le chant byzantin est transmis lors des offices religieux et prospère grâce au dévouement d’experts et d’amateurs.

La musique et la danse de la bachata dominicaine allient le rythme du boléro à d’autres genres afro-antillais. En général, les paroles expriment des sentiments profonds d’amour, de passion et de nostalgie. La bachata est traditionnellement interprétée par un petit groupe de musiciens dont l’instrument principal est la guitare qui s’accompagne de percussions et d’une basse. La danse se caractérise par des mouvements de hanche sensuels et passionnés, réalisés par les couples qui la pratique lors de toutes les célébrations traditionnelles de la République dominicaine. Le bachata s’apprend de façon spontanée dès le plus jeune âge.

Festival coloré célébré dans l’ensemble du pays, l’Épiphanie éthiopienne commémore le baptême de Jésus-Christ. La commémoration débute la veille du festival principal où les participants escortent le tabot de leur paroisse, une représentation des Tables de la Loi, jusqu’à un bassin, une rivière ou un réservoir artificiel. Les participants passent ensuite la nuit à prier lors des différents offices avant d’assister au festival du jour suivant au cours duquel chaque tabot est rapporté jusqu’à son église. L’Épiphanie éthiopienne est une pratique religieuse et culturelle dont la viabilité est assurée par une pratique continue et par la contribution essentielle du clergé orthodoxe.

L’alpinisme est l’art de gravir des sommets et des parois en haute montagne en terrain rocheux ou glaciaire. Il fait appel à des capacités physiques, techniques et intellectuelles et se caractérise par une culture commune de l’environnement de haute montagne et une histoire de la pratique et des valeurs qui lui sont associées. L’alpinisme implique également la connaissance de son environnement naturel et un esprit d’équipe solide. La plupart des membres de la communauté font partie de clubs alpins qui sont des vecteurs de la culture de l’alpinisme. Les trois pays s’engagent à favoriser les relations en organisant fréquemment des rencontres bilatérales ou trilatérales.

Les savoir-faire traditionnels liés à la fabrication et à la pratique du dotār, un instrument de musique traditionnel à deux cordes pincées, sont reconnus comme des composantes socioculturelles fondamentales de la musique populaire au sein des groupes ethniques et des communautés des régions concernées. Le dotār est joué lors d’événements socioculturels clés tels que les mariages et les cérémonies rituelles, ainsi que lors de festivals. Le dotār se joue afin d’accompagner des récits épiques, historiques, lyriques et gnostiques qui constituent l’histoire et l’identité de l’ethnie des communautés de ses praticiens.

Les processus de fabrication associés à la talavera artisanale au Mexique et aux céramiques en Espagne sont identifiées à deux communautés de chaque pays. Malgré de nombreux changements au cours du temps, et notamment l’utilisation de tours de potiers électriques, les processus artisanaux restent fidèles à ceux du XVIe siècle. Les savoir-faire clé incluent la préparation de l’argile, la fabrication de la faïence à l’aide d’un tour de potier ou d’un moule, la décoration, la préparation des pigments et le vernissage et l’utilisation du four. Les connaissances et savoir-faire associés sont principalement transmis aux jeunes générations par les maîtres faïenciers et céramistes dans leurs ateliers ou dans le cadre familial.

Bien qu’il soit mieux connu en tant qu’art martial, le pencak silat est une tradition ancestrale qui englobe un certain nombre d’aspects : mental, spirituel, d‘autodéfense et d’esthétisme. Les mouvements et les styles de pencak silat reflètent un intérêt artistique important et nécessitent une harmonie physique avec la musique qui l’accompagne. Les deux termes recouvrent un groupe d’arts martiaux présentant de nombreuses similarités, bien que chaque région possède ses spécificités. Les praticiens du pencak silat apprennent à préserver leur lien avec Dieu, les êtres humains et la nature et sont également formés à diverses techniques afin de se défendre eux-mêmes et les autres.

Les services et l’hospitalité offerts pendant la visite de l’Arba’in relèvent d’une pratique sociale qui a cours dans les régions centrale et méridionale de l’Iraq d’où des millions de visiteurs entament leur pèlerinage vers la ville sainte de Karbala pour se rendre au Saint Sanctuaire de l’imam Hussein. Un grand nombre d’individus donnent de leur temps et de leurs ressources afin d’offrir aux pèlerins un accès gratuit aux salles de prières, aux maisons d’hôtes ou encore aux lieux d’hébergement, entre autres. Cette pratique est profondément ancrée dans la tradition iraquienne et arabe de l’hospitalité et est considérée comme étant un élément définissant l’identité culturelle de l’Iraq.

La harpe, symbole national de l’Irlande, est pratiquée depuis plus de 1 000 ans. Ses sons de cloche et sa musique, mis à l’honneur dans la littérature, la mythologie et le folklore irlandais, captivent tous les auditoires. Les joueurs de harpe contemporaine à cordes en boyau ont sauvegardé le répertoire ancien et ont assuré sa continuité tout en l’adaptant à l’évolution des styles. On assiste depuis une soixantaine d’années à un regain d’intérêt pour la pratique de la harpe, grâce à une reconnaissance croissante de son rôle dans l’identité, la langue et la culture irlandaises.

La Fête du grand pardon est une célébration traditionnelle inspirée d’une bulle pontificale historique émise par le pape Célestin V pour favoriser les partenariats au sein des populations locales. Ayant lieu dans la ville et la province de L’Aquila, cette tradition comprend un ensemble de rituels et de célébrations. La « Marche du pardon » implique une procession à la bougie sur un itinéraire traditionnel marqué par l’allumage de trépieds dans vingt-trois villages. Les participants accompagnent les trois personnages principaux qui symbolisent l’hospitalité, la solidarité et la paix. La participation continue de la communauté à cette fête a permis de garantir sa viabilité.

L’artisanat de l’ak-kalpak est une forme artisanale kirghize traditionnelle. L’ak-kalpak est un couvre-chef masculin traditionnel en feutre blanc, associé à de profondes significations d’ordre sacré. L’artisanat de l’ak-kalpak englobe une somme de connaissances et de savoir-faire dans les domaines du feutrage, de la découpe, de la couture et de la broderie de motifs. La forme de l’ak-kalpak rappelle une montagne enneigée dont les quatre versants représentent les quatre éléments et dont les quatre arêtes symbolisent la vie. L’ak-kaplak favorise l’inclusivité et réunit les différentes tribus et communautés kirghizes. Traditionnellement, les connaissances et savoir-faire associés à cette pratique se transmettent de mère en fille au sein des communautés d’artisanes.

Le silat est une technique martiale d’autodéfense et de survie enracinée dans l’archipel de la Malaisie. Remontant aux commencements du royaume de Langkasuka, le silat a évolué pour devenir un mode sophistiqué de formation physique et spirituelle. Sa pratique nécessite des tenues traditionnelles malaises, des instruments de musique et des coutumes spécifiques. Il existe de nombreux styles de silat reprenant les noms d’éléments naturels tels que des animaux ou des plantes de la région au sein de laquelle ils sont pratiqués. De nombreux praticiens ont été formés et le silat est aujourd’hui un sport populaire pour la santé et le loisir.

Le kwagh-hir est une représentation théâtrale composite, visuellement captivante et culturellement riche ancrée dans la tradition narrative des Tiv et dans la pratique de la narration créative. Au fil du temps, les conteurs ont commencé à mettre leurs histoires en scène, ce qui a donné naissance à la pratique du kwagh-hir sous sa forme actuelle. Le kwagh-hir intègre l’art des marionnettes, le déguisement, la poésie, la musique, la danse et les récits animés et exprime les réalités du peuple tiv. Des représentations régulières permettent de donner vie à cet art tandis que les connaissances et les savoir-faire associés sont transmis par l’apprentissage au sein d’une troupe.

Dans la pratique de la danse et de la musique traditionnelles dans la vallée de Setesdal, la danse et la musique sont étroitement liées. Les mélodies portent le nom de la danse « gangar » et des chants « stev » et sont souvent interprétés en alternance avec la danse et la musique, en solo ou par plusieurs chanteurs qui se répondent mutuellement dans un dialogue. La danse est pratiquée par des couples évoluant dans le sens des aiguilles d’une montre et la musique est interprétée au violon « hardanger » et à la guimbarde. Cette pratique se transmet de façon continue depuis le XVIIIe siècle et poursuit son évolution grâce à la composition régulière de nouveaux chants et de nouvelles mélodies.

L’« hatajo de negritos » et l’« hatajo de pallitas » sont deux expressions traditionnelles complémentaires qui associent des musiques et des chants originaires du département d’Ica, au centre du Pérou. Pratiquées lors des fêtes de Noël en décembre et en janvier, elles proposent des représentations bibliques de la visite d’un groupe de bergers au Christ nouveau-né et de l’arrivée des Rois mages. Un violon et une guitare accompagnent les danses qui ont lieu sur les places des villes et dans les églises ainsi que dans les foyers des familles qui possèdent des crèches des Noël.

Le carnaval de Podence est une pratique sociale associée à la fin de l’hiver et à l’arrivée du printemps. Les festivités se déroulent pendant trois jours dans les rues des villages et dans les maisons des voisins qui se rendent visite. À cette occasion, les caretos, des personnages masqués portant des costumes colorés et des cloches, se rendent au domicile de leur famille et de leurs proches dans un rituel convivial. La participation à la fête commence dès l’enfance et l’Association du groupe de caretos joue un rôle clé pour la viabilité continue du carnaval.

Les ‘ie Samoa sont des nattes finement tissées à la main dont les deux extrémités sont bordées de deux rangées de plumes vertes et rouges. Traditionnellement élaboré à partir de fibres de pandanus, le produit final ressemble à de la soie et présente une couleur cuivrée. Le processus de production est extrêmement complexe et peut prendre des années. Les ‘ie Samoa sont cependant plus qu’un simple produit culturel et leur véritable valeur réside dans leur échange au cours des cérémonies et rituels traditionnels. Les femmes et les maîtres tisseurs ont formé des comités dédiés aux ‘ie Samoas dans leurs villages, contribuant ainsi à la transmission de cette pratique artistique.

Le drotárstvo désigne une technique de fabrication à partir de fil de fer. Cette pratique s’est développée au XVIIIe siècle lorsque des artisans spécialisés ont découvert les propriétés intéressantes du fil de fer pour la production d’objets et ont mis au point une technique simple, encore employée de nos jours, permettant de produire et de réparer des ustensiles sans avoir recours au soudage. Les détenteurs et praticiens de l’élément travaillent aujourd’hui principalement sur des produits artistiques et certains praticiens sont issus de familles où ces savoir-faire se transmettent depuis plusieurs générations.

Les processions de la Semaine sainte ont lieu dans la ville historique de Mendrisio les Jeudi et Vendredi saints et attirent plus de 10 000 spectateurs. Durant celles-ci, les lumières de la ville sont éteintes et les rues ne sont plus éclairées qu’à la lueur des « transparents, » des peintures translucides montées sur des cadres en bois et illuminées de l’intérieur. La procession du jeudi est consacrée à la représentation de la passion du Christ et au chemin de croix, tandis que la procession du Vendredi saint est plus austère. Des centaines d’hommes et de femmes se portent volontaires afin d’organiser les processions auxquelles assiste une grande partie de la population.

Les pratiques et l’artisanat associés à la rose damascène impliquent des usages médicaux, nutritifs et cosmétiques. La floraison de la rose de Damas, en mai, marque le début de la cueillette et du festival annuel. Les fermiers et leurs familles cueillent les roses à la main puis en récupèrent les boutons pour le thé. Les femmes du village produisent du sirop, de la confiture et des pâtisseries à la rose et les apothicaires vendent la rose de Damas séchée pour ses nombreuses vertus médicinales. Un grand nombre d’individus assistent à ce festival qui témoigne de l’importance culturelle pérenne de l’élément pour ses détenteurs.

Le nuad thai, massage thaïlandais traditionnel, fait partie de l’art et de la science des soins thaïlandais traditionnels. En tant que remède non médical et thérapie manuelle, il implique une manipulation corporelle qui aide à rééquilibrer les énergies, la structure et le corps du patient afin de traiter des maux attribués à l’obstruction des flux énergétiques le long des « sen », lignes qui quadrilleraient le corps humain. Le nuad thai tire son origine de l’ancienne société rurale thaïlandaise. L’expertise des praticiens s’est transmise de génération en génération et s’est transformée en un système de connaissances formel.

Le terme gnaoua se rapporte à un ensemble de productions musicales, de pratiques confrériques et de rituels à vocation thérapeutique mêlant des aspects profanes et sacrés impliquant des rituels de possession thérapeutiques nocturnes dans les villes et des repas collectifs offerts aux saints maraboutiques. Pratiquée et transmise à l’origine par des groupes et des individus issus de l’esclavage et de la traite négrière remontant au XVIe siècle, la culture gnaoua fait aujourd’hui partie des multiples facettes de l’identité culturelle marocaine. Le nombre de groupes confrériques et de maîtres musiciens ne cesse de s’accroitre dans les villages et les grandes villes du Maroc et les groupes gnaoua organisent des festivals tout au long de l’année.

Le tir à l’arc traditionnel turc, pratiqué debout ou à cheval, englobe les principes, les rituels et les pratiques sociales, la fabrication artisanale de l’équipement traditionnel, les disciplines du tir à l’arc et les techniques de tir qui ont évolué au fil des siècles. Les arcs traditionnels, généralement décorés de calligraphies, d’ornements et de marquèterie, sont également une composante clé de l’élément qui nécessitent des savoir-faire et des connaissances spécifiques. Les détenteurs et les praticiens assurent la viabilité de l’élément en l’adaptant au monde d’aujourd’hui et on note une augmentation spectaculaire du nombre d’archères et d’apprenties au cours de ces dernières années.

L’art traditionnel de la fabrication des tapis au Turkménistan se rapporte à la production de tapis traditionnels turkmènes richement décorés et tissés à la main et d’articles dérivés des tapis. Ces tapis présentent une texture dense et sont décorés de motifs colorés associés à l’une des cinq grandes tribus du pays, ce qui en fait le signe de leur identité culturelle. Le contexte dans lequel vivent les tisserands, qui inclut la flore et la faune, se reflète dans la conception des tapis. Les tapis servent à la fois de revêtement de sol et de décoration murale, et des tapis particuliers sont aussi tissés pour des occasions spéciales.

La céramique peinte traditionnelle de Kossiv, qui concerne la vaisselle, les objets cérémoniels, les jouets et le carrelage, est née au XVIIIe siècle et possède une valeur pratique et artistique. Fabriqués à partir d’une argile locale, les objets en céramique se caractérisent par leurs dessins figuratifs dont les motifs illustrent l’histoire, la vie, les traditions, les croyances et les coutumes des Houstoules. Ces objets se repèrent également par leurs couleurs traditionnelles verte, jaune et brune. Les maîtres de cet artisanat travaillent dans de petits ateliers qui sont souvent familiaux. Le Département de céramique d’art de l’Université de Kossiv assume la responsabilité de faire vivre la tradition.

Les mouvements du lazgi, danse de Khorezm, illustrent la créativité humaine en reflétant les sons et les manifestations de la nature environnante et les sentiments que sont l’amour et le bonheur. Vieille de plusieurs siècles, la danse du lazgi représente la vie dans chacun de ses mouvements et s’inspire de la vie sociale et des activités des communautés locales. On compte deux types de danses : la danse « figurative » qui implique des mouvements concrets, et la danse « interprétative » qui se concentre sur l’improvisation et sur des mouvements plus changeants. Le lazgi, danse de Khorezm, est une forme essentielle d’expression personnelle transmise de génération en génération à travers la création de nouvelles versions des représentations.

Pratique rituelle essentielle de la vie spirituelle des ethnies tày, nùng et thái, le then reflète des concepts relatifs aux êtres humains, à la nature et à l’univers. Les cérémonies du then décrivent un voyage au cours duquel le maître then guide les soldats fantômes dans leur trajet de la Terre au Ciel afin d’offrir des objets religieux et de prier pour la paix, les récoltes, la santé, etc. Durant cette pratique, le maître then porte une robe de cérémonie et chante et joue du tính. La transmission du then est toujours orale et s’effectue pendant les rituels. Elle reflète sa pérennité à travers les générations.

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