Main areas of work related to the Convention:
1. La Maison du Conte de Krigambo (Côte d’Ivoire)
Depuis 2023, le TAV accompagne l’association ivoirienne Point de Lecture dans la création d’une Maison du Conte à Krigambo (région de la Marahoué). Cette Maison se destine à réactiver la chaîne de transmission du conte oral traditionnel. Un travail de collecte participative a été mené avec des collégiens et des conteurs pour
produire des récits servant de supports pédagogiques dans les écoles partenaires. Le lieu accueille des résidences, des ateliers de transmission, un festival annuel de conte et dispose désormais d’une plateforme numérique de diffusion des récits recueillis ( www.lamaisonduconte.org ).
2. Valorisation de la danse des hommes-panthères (Garobo, Côte d’Ivoire)
La danse rituelle des hommes-panthères est au coeur d’une société initiatique nyabwa. Le TAV collabore depuis 2021 avec les dépositaires de cette tradition dans le département de Zoukougbeu, ainsi qu’avec des anthropologues spécialisés pour
en documenter les formes vivantes. Une démarche de co-construction a permis d’établir un cadre de travail partagé sur le long terme afin d'aboutir à l'inscription national et international de cette danse sur la liste du patrimoine immatériel de l’UNESCO. Un documentaire en cours de production vise à sensibiliser un public plus large et à renforcer la reconnaissance de cette pratique comme patrimoine immatériel.
3. Imaginons Les Palets demain (Antraigues-sur-Volane, France)
À Antraigues-sur-Volane, en Ardèche, la majestueuse Maison Les Palets, édifiée sous Henri IV, a longtemps été un haut-lieu de vie artistique et intellectuelle profondément ancré dans l’histoire locale. Le patrimoine immatériel qui lui est
associé est aujourd’hui menacé d’effacement. En partenariat avec l’association gestionnaire, le TAV a accompagné un programme visant à promouvoir et revitaliser ce patrimoine, à travers des rencontres intergénérationnelles, des résidences d’artistes, des événements culturels et des recherches participatives. Le projet s’attache à réactiver les récits, pratiques et mémoires liés au lieu, dans la perspective de réhabiliter la Maison Les Palets en un centre artistique vivant enraciné dans son territoire et ouvert aux expressions contemporaines du patrimoine immatériel mondial.
4. Mandé Sud : réinterpréter les objets, restaurer les liens (Côte d’Ivoire – France – Allemagne)
Ce projet de recherche-action en développement croise étude muséale, enquête de terrain et captation audiovisuelle pour recontextualiser les objets Mandé Sud conservés dans les musées européens. Il interroge la provenance et les fonctions
rituelles de ces objets souvent mal interprétés ou décontextualisés, en les reconnectant aux pratiques vivantes dans leurs communautés d’origine. Des minidocumentaires et archives critiques seront produits, en dialogue avec les
communautés et les institutions muséales engagées dans des démarches décoloniales et participatives.
5. Sound System de Belle-Île-en-Mer (France)
Ancrée depuis plus de 25 ans dans la vie insulaire, cette pratique musicale constitue un marqueur identitaire fort à Belle-Île-en-Mer. Le TAV accompagne le processus d’inscription au PCI de France de cette culture vivante. À travers des
actions de documentation, de plaidoyer, de transmission technique (fabrication artisanale, mixage, organisation d’événements) et des temps de médiation avec les acteurs et les institutions, le projet vise à renforcer la reconnaissance de cette pratique à l’échelle régionale et nationale.
6. Kanga Nianzé – Mémoire vivante de l’esclavage en Côte d’Ivoire En 2023, le Théâtre des Arts Vivants a accompagné la compagnie de danse contemporaine ivoirienne Les Pieds Dans La Mare dans la conception d’un projet de résidence itinérante le long de la Route de l’esclave. Ce programme mêlait recherche historique, collecte de témoignages, récits oraux, rituels liés à cette histoire et actions de médiation culturelle, avec pour objectif de raviver une mémoire encore peu explorée en Côte d’Ivoire. Le processus a abouti à la création d’un spectacle artistique présenté le 2 décembre 2023, lors de la Journée internationale pour l’abolition de l’esclavage.
7. Formations en ingénierie de projet et en sauvegarde du PCI Le TAV conçoit et anime des formations axées sur les outils et méthodes nécessaires au développement de projets culturels et à la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel à l’intention des acteurs culturels. Ces formations couvrent l'ensemble des compétences requises pour la conception, la gestion, la documentation et l'intégration des enjeux du PCI.
Objectives
Convaincu que le patrimoine culturel immatériel constitue un fondement essentiel de notre humanité, ainsi qu’un puissant levier pour bâtir un avenir durable et désirable, le Théâtre des Arts Vivants (TAV) inscrit pleinement son action dans l’esprit et les principes de la Convention de 2003.
En effet, les éléments patrimoniaux, souvent invisibilisés, sont porteurs de savoirs, de valeurs et de pratiques capables de répondre aux défis contemporains des territoires en matière d’inclusion sociale, d’éducation et de développement durable. Le patrimoine immatériel n’est pas seulement mémoire ; il est aussi une ressource vivante ancrée localement et un moteur pour imaginer des futurs communs.
Pourtant, de nombreux détenteurs de trésors culturels restent confrontés à un manque persistant de reconnaissance, d’accompagnement et de compétences nécessaires à la mise en valeur de leur patrimoine. Fort de plus de douze années d’expérience dans la production de projets culturels et artistiques transversaux à fort impact social, nous mettons notre savoir-faire au service des communautés, afin de soutenir la sauvegarde, la promotion et la valorisation de leurs patrimoines vivants.
Nous accompagnons les dépositaires tout au long du cycle de vie des projets : de l’idéation à la mise en oeuvre effective, en passant par la conception, l’ingénierie culturelle, la recherche de partenaires, la formation et la gestion administrative. Cet accompagnement s’inscrit dans un esprit de transfert de compétences visant à favoriser l’autonomisation des acteurs locaux sur le long terme.
Chaque projet est conçu comme une plateforme transversale de coopération et de transmission articulant savoirs traditionnels, disciplines artistiques et universitaires, outils numériques et actions de médiation pour répondre aux besoins identifiés localement.
En mobilisant le patrimoine culturel immatériel comme moteur de transformation sociale, nous encourageons la libre circulation des imaginaires pour tisser des liens de connaissance et de reconnaissance entre les peuples, révéler ce qu’ils ont de plus précieux et nourrir ensemble un horizon de paix.
À travers cette approche, notre engagement s’inscrit pleinement dans les priorités transversales de l’UNESCO : développement durable, participation citoyenne, ainsi que respect de la diversité culturelle et des droits culturels.
Cooperation
Le Théâtre des Arts Vivants fonde son action sur une coopération étroite, durable et respectueuse avec les communautés détentrices de patrimoine culturel immatériel. Nous plaçons au coeur de chaque projet une démarche ascendante fondée sur la coconstruction et la facilitation, afin de garantir l’ancrage local, la légitimité des actions entreprises et leur appropriation par les acteurs concernés.
Notre méthode consiste à écouter activement les partenaires dès la phase exploratoire de nos projets, à identifier avec eux les besoins, les enjeux culturels, sociaux et territoriaux propres à leurs contextes. Nous nous appuyons pour cela sur les études scientifiques disponibles, ainsi que sur des entretiens, observations et temps d'immersion, afin de mieux comprendre les dynamiques locales et de ne pas projeter de solutions extérieures préconçues.
Les outils de facilitation que nous mobilisons (ateliers participatifs, cartographies collaboratives, diagnostics partagés) permettent de construire un cadre de confiance et des bases partenariales solides sur lesquelles peuvent s’élaborer des plans d’action de sauvegarde véritablement adaptés aux réalités des terrains.
Dans cette perspective, les détenteurs de patrimoines ne sont jamais des bénéficiaires passifs, mais des co-acteurs des projets : ils participent à la définition des priorités, à la transmission des savoirs et à la valorisation de leurs pratiques.
Chaque projet est construit à partir des besoins exprimés localement, et nous réfléchissons collectivement à la manière dont un élément du PCI peut répondre à ces enjeux, qu’il s’agisse de renforcer les liens intergénérationnels, de valoriser des savoirs menacés, d'augmenter le niveau de vie des habitants et des artistes, de sensibiliser à des questions sociales ou environnementales, ou de favoriser l’éducation et la cohésion sociales.
Cette posture d’écoute, de transmission et d’accompagnement sur le long terme nous permet de tisser des coopérations durables et évolutives respectueuses de la complexité des pratiques vivantes et de l’autonomie des communautés concernées.