Rapport périodique sur la Convention pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel

La Convention précise dans son Article 29 que les États parties présentent au Comité des rapports sur les dispositions législatives, réglementaires ou autres prises pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel sur leurs territoires. Cette page présente les rapports périodiques et les échéances pour un pays : Philippines (voir la situation de tous les États parties).

Les rapports périodiques permettent aux États parties d’évaluer leur mise en œuvre de la Convention et leurs capacités de sauvegarde du patrimoine culturel immatériel, de faire rapport sur leurs inventaires du patrimoine culturel immatériel, et de mettre à jour le statut des éléments inscrits sur la Liste représentative.

Quand des éléments sont inscrits sur la Liste du patrimoine culturel immatériel nécessitant une sauvegarde urgente, l’État partie soumissionnaire s’engage à prendre des mesures de sauvegarde visant à renforcer la viabilité du patrimoine concerné. Quatre ans après l’inscription, l’État partie fait rapport au Comité sur la situation actuelle de l’élément, sur l’efficacité des mesures de sauvegarde mises en œuvre, ainsi que sur les défis rencontrés.


Sur la mise en œuvre de la Convention

Chaque État partie soumet son rapport périodique au Comité avant le 15 décembre de la sixième année suivant la date à laquelle il a déposé son instrument de ratification, d’acceptation ou d’approbation, et tous les six ans par la suite.

Rapport soumis le 15/12/2014 et examiné par le Comité en 2015 (dû originellement au 15/12/2012)

Résumé

La Commission nationale en charge de la culture et des arts (NCCA), l’organe compétent en charge de l’institutionnalisation et de la mise en œuvre des programmes destinés au patrimoine culturel, travaille en étroite collaboration avec la Commission nationale des Philippines auprès de l’UNESCO pour sauvegarder le patrimoine culturel immatériel. L’Unité en charge du patrimoine culturel immatériel, créée au sein de la NCCA, est en charge de la coordination et des opérations courantes, tandis que le Comité du patrimoine culturel immatériel-NCCA, crée en 2001, élabore et formule des politiques et des mesures de sauvegarde. L’Unité en charge du patrimoine culturel immatériel’ dispose d’un budget annuel pour l’inventaire, la recherche, la documentation et la promotion du patrimoine culturel immatériel. Elle est également en charge de la mise en œuvre des projets de sauvegarde destinés aux éléments inscrits sur la Liste représentative, projets lancés par la NCCA, les gouvernements locaux et les institutions éducatives, en coopération avec les praticiens, les membres des communautés, etc. Les organisations non gouvernementales interviennent généralement en tant qu’acteurs intermédiaires qui organisent des activités et fournissent des services destinés à soutenir des associations locales, ancrées dans les communautés et axées sur des problématiques spécifiques, connues sous le nom d’« organisations populaires ». En ce qui concerne la législation, la Loi sur le patrimoine culturel national (Loi de la République N 10066) a été adoptée en 2010 et intègre le patrimoine culturel immatériel, défini selon les cinq domaines prévus par la Convention de 2003, dans le périmètre de protection, de conservation et de promotion envisagé par la loi.
Bien qu’aucune institution ne réalise actuellement d’actions de formation à la gestion du patrimoine culturel immatériel, la NCCA a acquis une certaine expérience dans l’élaboration de plans d’action (en collaboration avec les intervenants, le gouvernement et les institutions éducatives) qui intègrent la gestion du patrimoine culturel immatériel, mais ceux-ci sont propres à chaque élément inscrit. Toutefois, l’un des objectifs affichés lors de la création de l’Unité en charge du patrimoine culturel immatériel’ était d’accorder une assistance technique et de dispenser des formations afin de renforcer les capacités des communautés et des institutions dans le domaine du patrimoine culturel immatériel. Cet objectif devrait être atteint une fois l’Unité pleinement opérationnelle et dotée de ressources humaines et financières supplémentaires.
L’Unité en charge du patrimoine culturel immatériel’ a mis en place une équipe chargée de la documentation in situ de différents éléments du patrimoine culturel immatériel. Ce travail de recherche et/ou de documentation est accompagné d’actions sociales concrètes, tant en amont qu’en aval du travail entrepris. Seuls les éléments encore pratiqués dans leur contexte socioculturel propre font l’objet d’un travail de documentation et, en règle générale, ils ne doivent pas être représentés sur scène à des fins de documentation. Les experts locaux, les praticiens, les membres des communautés (principalement les ainés) et les professeurs ne se contentent pas de fournir des informations, ils participent également au travail de validation des données existantes. L’Unité ’a publié des livres et produit d’autres matériels d’informations conçus sur la base des travaux de recherche et de documentation entrepris. Ces livres et matériels sont principalement donnés aux institutions culturelles et éducatives et aux bibliothèques publiques dans tout le pays. L’Unité a également créé une bibliothèque spécialisée qui réunit une collection de matériels ethnographiques, archéologiques, culturels, etc. (publiés ou non) sur les Philippines que les chercheurs, les étudiants et toute personne intéressée peuvent consulter gratuitement. La NCCA administre également un portail web qui donne accès à une banque de données culturelles (qui reprend les données des deux inventaires décrits ci-après) à laquelle on ne peut accéder qu’en interne afin de garantir le contrôle et la confidentialité.
Il y a actuellement deux inventaires du patrimoine culturel philippin, qui sont tous deux gérés et administrés par la NCCA. (1) Le Registre philippin des biens culturels (PRECUP) : il est basé sur des registres soumis par les services des gouvernements locaux et les agences culturelles nationales, il est consacré au patrimoine matériel et immatériel mais n’est pas encore pleinement opérationnel. Les descriptions des biens enregistrés sont ainsi détaillées : nom du bien (en anglais et dans la(les) langue(s) locale(s), groupe et sous-groupe ethnolinguistique, catégorie de patrimoine (matériel ou immatériel), lieu, signification, fonction/usage, propriété, collecteur et informateur). Le cas échéant, le lien entre le bien culturel et un ou plusieurs groupes ethnolinguistiques est également mentionné. Les gouvernements locaux étant en charge d’administrer et de mettre à jour leur propre registre, on attend des experts locaux, des ainés des communautés, des enseignants, etc. qu’ils soient des informateurs essentiels. Les informations recueillies sont transférées dans la base de données du PRECUP qui, une fois opérationnelle, constituera un précieux outil de référence pour l’Inventaire du patrimoine culturel immatériel. (2) L’Inventaire du patrimoine culturel immatériel philippin : seuls les éléments du patrimoine culturel immatériel y sont inscrits, qu’ils soient menacés, encore pratiqués ou plus pratiqués mais encore présents dans les mémoires des membres des communautés. En effet, il a été jugé important d’enregistrer également les éléments qui ne sont plus pratiqués afin de garder un témoignage du patrimoine pour les générations présentes et futures. Toutefois, la viabilité sera prise en considération pour les éléments à inscrire sur les listes de la Convention. Les fiches de cet inventaire sont plus détaillées que celles du PRECUP, elles incluent les entrées suivantes : domaine(s), nom de la communauté, date/fréquence, organes nationaux en charge, personnes participant directement à l’élément, personnes ressources, organes en charge de la coordination, histoire/développement de l’élément, etc. Les champs d’entrée sont constamment mis à jour et validés en fonction des données collectées sur le terrain et dans des documents conservés dans des bibliothèques.
L’Unité en charge du patrimoine culturel immatériel’ met en œuvre une politique de promotion de l’importance du patrimoine culturel immatériel à tous les niveaux de la société, à la fois horizontalement parmi tous les différents groupes ethnolinguistiques et verticalement à différents niveaux économiques, en s’adaptant aux orientations culturelles spécifiques. Un projet pilote a été initié avec une unité provinciale, il est désormais presque achevé et doit être déployé province par province dans le cadre d’un programme à long terme. Le principal objectif est d’impliquer les communautés et de les rendre conscientes de l’existence et de la pratique des éléments du patrimoine culturel immatériel. Il vise également à engager les membres des communautés dans la pratique et la sauvegarde effective de ces éléments.
Des efforts conséquents de diffusion des informations ont été entrepris. Ils se sont concrétisés par la publication de documents et un travail promotionnel destiné à rendre le public conscient de l’importance du patrimoine culturel immatériel, notamment dans la construction de la nation, et de l’importance de sa sauvegarde urgente.
L’éducation formelle et informelle au patrimoine culturel immatériel est mise en œuvre par la NCAA dans le cadre des Écoles des traditions vivantes, un concept d’apprentissage extra-scolaire qui veille à ce que les jeunes et les adultes des communautés aient les mêmes chances d’apprendre les savoirs et les compétences autochtones qui ne sont pas enseignés dans le cadre du programme scolaire. Les organisations populaires et les unités des gouvernements locaux organisent les écoles des traditions vivantes dont le financement est soutenu par la NCAA. Au vu des ressources financières limitées et du difficile accès à celles-ci, la NCAA a travaillé en collaboration avec le Ministère de l’éducation (DepED) sur le projet de « Programme d’éducation culturelle » qui comprend : un « Programme spécial renforcé consacré aux arts » pour lequel des instructions pédagogiques et des ressources éducatives ont été conçues afin ’d’intégrer les systèmes de savoirs, de compétences et de pratiques autochtones au système d’éducation formelle grâce à un modèle approprié d’écoles des traditions vivantes ; et des activités d’enrichissement culturel destinées aux étudiants, aux enseignants et aux administrateurs culturels du système éducatif formel et informel. La transmission formelle et informelle du patrimoine culturel immatériel est en outre assurée dans le cadre du « Programme national des trésors vivants » qui est en place depuis 1993.
S’agissant de la coopération bilatérale, sous-régionale, régionale et internationale, la NCCA a participé avec le Centre international d’information et de travail en réseau sur le patrimoine culturel immatériel dans la région Asie-Pacifique (ICHCAP), le centre de catégorie 2 établi en République de Corée, à certain nombre de projets, par exemple, la rédaction d’un Rapport sur l’état de la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel aux Philippines en 2010. Les Philippines ont récemment préparé, en collaboration avec la République de Corée, le Cambodge et le Viet Nam, une candidature multinationale des rituels et jeux de tir à la corde pour une éventuelle inscription sur la Liste représentative. En 2011, la NCCA a signé un protocole d’accord avec l’Institut national de recherche sur le patrimoine culturel de la République de Corée qui prévoit, entre autres, un échange d’experts dans le domaine de la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel menacé de détérioration ou de disparition, l’encouragement à l’échange d’informations et l’organisation d’un nombre accru de représentations de praticiens du patrimoine culturel immatériel philippin sur des scènes coréennes et vice versa. En 2011, l’Unité en charge du patrimoine culturel immatériel’ a accueilli un collègue chercheur du Département du patrimoine culturel de l’Institut national de la recherche sur les biens culturels de Tokyo (Japon).
Le rapport évoque les deux éléments philippins inscrits en 2008 sur la Liste représentative : le Hudhud, récits chantés des Ifugao ; et l’épopée Darangen des Maranao du lac Lanao. Ces deux éléments avaient été initialement proclamés Chefs-d’œuvre du patrimoine oral et immatériel de l’humanité, respectivement en 2001 et 2005.

Sur des éléments de la liste de sauvegarde urgente

Les rapports sur chaque élément inscrit sur la Liste de sauvegarde urgente sont soumis par l’État partie le 15 décembre de la quatrième année suivant celle durant laquelle un élément a été inscrit, et tous les quatre ans par la suite.

Le Buklog, système de rituels de gratitude des Subanen, inscrit en 2019

Pour accéder à la description de cet élément, au dossier original (formulaire, consentement des communautés, photos et vidéo) et à la décision d’inscription, voir la page dédiée.

Un rapport sera à soumettre pour le 15/12/2023
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