Le Comité
- Prend note que la Roumanie et la République de Moldova ont proposé la candidature de la cobza, connaissances, savoir-faire et musique traditionnels (n 02262) pour inscription sur la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité :
La cobza est un instrument à cordes en forme de poire, avec un manche court et un corps en bois, traditionnellement utilisé pour rythmer et harmoniser la musique folklorique. Il peut être joué en solo ou en groupe et est généralement gratté à l’aide d’une plume d’oie pliée. Bien que sa conception ait légèrement évolué au fil du temps, notamment avec l’utilisation récente de cordes métalliques, l’instrument conserve sa forme traditionnelle, en particulier lorsqu’il est fabriqué par des artisans locaux. La cobza est surtout utilisée dans les communautés rurales, où elle fait depuis longtemps partie des rassemblements sociaux, des danses et des célébrations.
- Considère que, d’après les informations contenues dans le dossier, la candidature satisfait aux critères d’inscription sur la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité comme suit :
R.1 : Les personnes qui fabriquent et jouent de la cobza viennent d’horizons différents, notamment de divers groupes ethniques et de zones urbaines et rurales. Traditionnellement, les connaissances et le savoir-faire associés au jeu et à la fabrication de la cobza étaient transmis de manière informelle, de maîtres à apprentis. Aujourd’hui, les jeunes musiciens étudient également la cobza dans les écoles d’art et les universités. La fabrication de la cobza nécessite des années d’expérience et de recherche sur des instruments anciens, souvent trouvés dans des maisons ou des musées. Élément important de la vie des communautés, la cobza contribue à la transmission d’autres traditions, telles que la danse, les vêtements traditionnels et les contes. Son utilisation continue renforce l’identité culturelle et les liens sociaux dans les régions où elle est jouée.
R.2 : L’État partie soumissionnaire démontre de manière constante que du fait que la cobza fait partie d’un ensemble d’expressions culturelles créées et diffusées par des communautés situées principalement dans des zones rurales et marginales, l’inscription de cet élément contribuerait à améliorer leur perception et leur estime de soi. Il contribuerait également à la paix et à la cohésion sociale entre les praticiens issus de différents groupes ethniques et milieux sociaux, tant parmi les générations plus âgées que parmi les plus jeunes, hommes et femmes confondus, car un nombre croissant de femmes et de filles ont commencé à apprendre cet instrument pour exprimer leur créativité et leur identité. En outre, cela pourrait améliorer l’éducation de qualité, en ce qui concerne le respect des règles d’interprétation et de transmission de la cobza et favoriser un développement économique inclusif, étant donné la possibilité de gagner un revenu décent. Enfin, grâce à l’utilisation de matériaux organiques, cet élément est respectueux de l’environnement.
R.3 : Le dossier de candidature fait état de mesures de sauvegarde bien développées, qui impliquent à la fois les États parties et les communautés concernées, en adoptant une approche équilibrée qui combine la documentation, l’éducation, la sensibilisation et la coopération internationale. La transmission est assurée par l’éducation formelle et non formelle, ainsi que par des initiatives menées par les communautés. La participation des praticiens et des institutions culturelles à la recherche, aux festivals et aux activités médiatiques illustre un engagement soutenu. La collaboration transfrontalière et le soutien institutionnel sont efficacement mobilisés pour promouvoir l’élément et contribuer à sa viabilité à long terme.
R.4 : Le dossier de candidature démontre la contribution des détenteurs à toutes les phases du processus au niveau national dans chaque État. Les détenteurs ont participé à des séminaires, des discussions et des consultations concernant l’élément et les risques auxquels celui-ci est confronté dans le contexte actuel. Le plan de sauvegarde a été conçu pour faire face à ces risques, et les parties prenantes de chaque pays (organes gouvernementaux, experts, travailleurs culturels, conservateurs de musée, éducateurs, bénévoles et représentants d’ONG) se sont engagées à préserver de manière active et créative les connaissances et le savoir-faire associés à la culture de la cobza.
R.5 : L’élément a été inclus dans l’inventaire national des éléments du patrimoine culturel immatériel de Roumanie ainsi que dans le registre national du patrimoine culturel immatériel de la République de Moldavie en 2024. Le premier est géré par la Commission nationale pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel en Roumanie et est mis à jour chaque fois qu’une proposition adéquate est faite par des communautés, des groupes, des individus ou des experts culturels/institutions patrimoniales. Le second est géré par l’Institut national du patrimoine Commission nationale pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel de Moldova. Il est mis à jour sur la base des fichiers patrimoniaux élaborés par les institutions compétentes dans ce domaine, avec la large participation de spécialistes, de communautés, de groupes, d’organisations non gouvernementales, de dépositaires et de toutes les personnes intéressées.
- Décide d’inscrire la cobza, connaissances, savoir-faire et musique traditionnels sur la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité.