Décision du Comité intergouvernemental : 18.COM 8.B.29

Le Comité

  1. Prend note que la Tchéquie, la Finlande, la France, l’Allemagne, la Hongrie et l’Espagne ont proposé la candidature des connaissances, techniques et savoir-faire du verre artisanal (n  01961) pour inscription sur la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité :

La production verrière artisanale et traditionnelle consiste à façonner et à décorer du verre à chaud ou à froid pour fabriquer des objets creux en verre, du verre plat et du verre en plateaux. Elle se caractérise par son haut niveau de technicité et par un fort esprit d’équipe dans la mesure où chacun(e) doit respecter le travail préalablement réalisé par d’autres verriers. La plupart des praticiens travaillent dans des verreries ou des ateliers de petite taille ou de taille moyenne. Chaque verrerie développe des gestes propres à son catalogue et à ses références tout comme chaque praticien développe son propre style même pour produire des pièces identiques. La production au sein des verreries traditionnelles est fondée sur la division des tâches, les verriers travaillant traditionnellement en équipes selon les spécialités de chacun(e). Le travail individuel est également courant, en particulier pour les techniques à froid et la création de bijoux. Les connaissances et les savoir-faire liés à la production verrière artisanale sont transmis au sein des familles ou dans le cadre d’un apprentissage dans des verreries. La pratique est également transmise dans le cadre d’une formation formelle, notamment dans des écoles professionnelles, des établissements d’enseignement secondaire et supérieur. Les caractéristiques de la production verrière artisanale génèrent un fort sentiment d’appartenance, de respect et de solidarité parmi les praticiens. Cette pratique séculaire a développé un vocabulaire spécifique, une culture festive et des fonctions religieuses qui ont encore aujourd’hui une grande importance culturelle et sociale.

  1. Considère que, d’après les informations contenues dans le dossier, la candidature satisfait aux critères suivants pour une inscription sur la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité :

R.1 :  La production verrière artisanale présente certaines particularités dans les États soumissionnaires, mais leurs processus de production comportent de nombreuses ressemblances et étapes communes. Les praticiens travaillent soit dans des verreries de petite taille ou de taille moyenne, soit individuellement, mais leur travail se caractérise principalement par une répartition des tâches entre les novices et les artisans hautement qualifiés. La transmission se fait par l’accumulation de connaissances pratiques et tacites au fil des ans. Les modes de transmission informels et formels de l’élément sont détaillés en fonction des différents États soumissionnaires. Les membres de cette communauté éprouvent un grand sentiment d’appartenance et sont habitués à travailler en équipe et en réseau, ce qui favorise la cohésion sociale. Les fonctions culturelles de l’élément, telles que ses aspects festifs ou religieux, varient également d’un État à l’autre.

R.2 :  Au niveau local, l’inscription soulignerait le lien entre le patrimoine culturel matériel et immatériel. Elle mettrait en évidence l’importance de la collaboration pour la viabilité du patrimoine vivant et le rôle du patrimoine vivant pour préserver l’environnement. Les ressources nécessaires à la production du verre sont manipulées avec soin dans un souci de durabilité écologique, et les produits finis encouragent une consommation durable. Au niveau national, les savoir-faire requis pour la création artisanale d’objets quotidiens deviendraient plus visibles, les synergies entre les différents types d’artisanat seraient mises en évidence et davantage d’activités de sauvegarde seraient entreprises. Au niveau international, l’inscription démontrerait que la coopération entre plusieurs États a un impact positif sur la visibilité et la sensibilisation au patrimoine culturel immatériel, et que la collaboration au sein de réseaux internationaux de musées spécialisés, d’établissements d’enseignement, de collectionneurs et d’experts est avantageuse en termes de visibilité. L’inscription soulignerait également la diversité de cet élément et le rôle qu’il joue dans la préservation des moyens de subsistance dans les États soumissionnaires.

R.3 :  Les mesures de sauvegarde passées et actuelles consistent à assurer la viabilité de l’élément par le biais de réseaux internationaux et nationaux étroitement liés et axés sur la pratique, à maintenir les échanges entre individus, la pratique dans d’autres ateliers, les réunions professionnelles et les cours techniques et pratiques. Le dossier attire également l’attention sur les musées et galeries des communautés qui coordonnent des formations, des expositions, des rassemblements et des conférences. Les mesures proposées tiennent compte des résultats involontaires qui pourraient découler de l’inscription. Elles consistent notamment à (a) encourager la transmission en soutenant un large éventail de métiers verriers ; (b) collecter, documenter et conserver les connaissances connexes, et les rendre accessibles ; (c) sensibiliser et populariser la production verrière artisanale ; (d) renforcer l’esprit de corps et la cohésion au sein de la communauté ; et (e) développer la coopération internationale et les projets groupés. Les États apporteront également leur aide en soutenant les efforts d’éducation et de promotion.

R.4 :  La participation de la communauté à la candidature multinationale a commencé par deux réunions en 2018 et 2019, auxquelles ont participé des représentants de Tchéquie, de Finlande, d’Allemagne et d’Espagne. La France et la Hongrie ont rejoint le groupe des États soumissionnaires et une série de réunions en ligne ont été organisées. Un projet de texte et des mesures de sauvegarde ont été abordés et révisés lorsque nécessaire. Le dossier détaille la manière dont chaque État soumissionnaire a mis en place son propre processus de participation des communautés, avec des activités d’inventaire, des réunions virtuelles et en personne, des campagnes d’information et des publications d’ouvrages, entre autres. Les lettres de consentement attestent du consentement libre, préalable et éclairé des communautés concernées. L’élément ne fait l’objet d’aucune pratique coutumière restreignant son accès, hormis les « secrets du métier ».

R.5 :  Chaque État soumissionnaire a démontré l’inclusion de l’élément dans son inventaire national du patrimoine culturel immatériel, incluant des informations sur les organismes responsables, les numéros de référence et la date d’inclusion. Le processus d’identification et de définition de l’élément dans chaque pays est détaillé, de même que la fréquence et les moyens de mise à jour des inventaires.

  1. Décide d’inscrire les connaissances, techniques et savoir-faire du verre artisanal sur la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité ;
  2. Félicite les États parties d’avoir fourni une vidéo de bonne qualité qui porte la voix des communautés concernées, ainsi que d’avoir pris l’initiative de créer un site Internet international pour promouvoir l’élément ;
  3. Félicite en outre les États parties pour avoir fait la promotion du rôle actif des musées dans la sauvegarde de l’élément.

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