Six nouveaux éléments inscrits sur la Liste du patrimoine culturel immatériel nécessitant une sauvegarde urgente

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Jeju (République de Corée), 6 décembre- Le Comité intergouvernemental pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel, réuni à Jeju jusqu’au 9 décembre, a inscrit aujourd’hui six éléments du Botswana, de la Colombie et du Venezuela (République bolivarienne du), de la Mongolie, du Maroc, de la Turquie et des Emirats arabes unis sur la Liste du patrimoine culturel immatériel nécessitant une sauvegarde urgente.
L’inscription d’éléments sur cette Liste permet aux Etats partie à la Convention de l’UNESCO pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel de mobiliser la coopération et l’assistance internationales nécessaires pour permettre aux communautés de faire vivre et de transmettre leur patrimoine culturel immatériel.
Les nouveaux éléments inscrits sont (par ordre d’inscription) :

Botswana - Le dikopelo, musique traditionnelle des Bakgatla ba Kgafela dans le district de Kgatleng

Le dikopelo associe le chant vocal et la danse suivant une chorégraphie spécifique, sans instruments de musique. Le dikopelo nécessite une sauvegarde urgente, principalement en raison des migrations depuis les terres agricoles vers les villages, et du développement de divertissements modernes qui menacent sa viabilité. La communauté et les praticiens se sont néanmoins engagés à sauvegarder l’élément, comme en attestent les efforts déployés pour organiser des compétitions avec des groupes d’autres districts et pour revitaliser le dikopelo dans le cadre d’une stratégie destinée à protéger les jeunes des maux de la société.

Colombie; Venezuela (République bolivarienne du) - Les chants de travail de llano colombo-vénézuéliens

Les chants de travail du llano sont des airs chantés individuellement, a capella, sur les thèmes de la conduite des troupeaux et de la traite. Les chants sont les dépositaires des histoires individuelles et collectives des llaneros. La viabilité de la pratique doit faire face à de nombreuses menaces telles que la modification des sites sociaux, culturels et naturels associés aux chants, et les évolutions dans la composition démographique de la société des llaneros. Parmi les efforts de sauvegarde déployés, on peut citer une stratégie pédagogique à destination des détenteurs et des jeunes, une formation des enseignants de l’école élémentaire et l’organisation de festivals.

Mongolie - Les pratiques traditionnelles mongoles de vénération de sites sacrés

Selon le shamanisme ancien, les pratiques mongoles de vénération de sites sacrés sont fondées sur la croyance en l’existence de divinités invisibles en lien avec l’environnement naturel. La pratique contribue au sentiment d’appartenance à la communauté, et la sensibilise à l’interdépendance entre les êtres humains et l’environnement. Sous l’ère communiste, en Mongolie, le culte des sites sacrés était interdit, ce qui a menacé sa viabilité. Les communautés ont activement revitalisé la tradition mais plusieurs problèmes subsistent, notamment, la mondialisation, l’urbanisation et une réduction drastique du nombre de praticiens et de maîtres des rituels.

Maroc - La Taskiwin, danse martiale du Haut-Atlas occidental

La Taskiwin est une danse martiale caractéristique du Haut-Atlas occidental dont le nom provient de la corne portée par chaque danseur. Elle consiste à faire vibrer les épaules des danseurs au rythme des tambourins et des flutes. La pratique est menacée par différents facteurs, notamment la mondialisation, le dénigrement croissant des pratiques patrimoniales traditionnelles par les jeunes et un déclin de l’artisanat associé à la danse. On a néanmoins pu observer au cours des deux dernières décennies une prise de conscience collective accrue au sein des communautés, et la création d’associations dédiées afin de sauvegarder la pratique.

Turquie - Le langage sifflé

Le langage sifflé est une méthode de communication qui utilise le sifflement pour imiter et articuler des mots. La pratique a son origine dans la topographie accidentée de la région qui obligeait la population locale à trouver des moyens de communiquer sur de grandes distances. Le développement des technologies et les évolutions socioéconomiques ont conduit à une baisse du nombre de praticiens, et l’intérêt des nouvelles générations pour la pratique a considérablement diminué. Les communautés concernées sont néanmoins activement engagées dans la promotion de cette pratique linguistique tant au niveau national qu’international.

Émirats arabes unis - L’Al ‘azi, art de la poésie, symbole de louange, de fierté et de force d’âme

L’Al ‘azi est une poésie traditionnelle interprétée par un groupe de récitants sans instruments. La pratique renforce le tissu communautaire et est en lien avec les savoirs et pratiques associés à la nature. En raison des migrations, de la promulgation des lois nationales en lieu et place des coutumes tribales traditionnelles et d’une perte de spontanéité de l’art, le nombre de représentations a considérablement diminué. L’Al ‘azi est néanmoins parvenu à ne pas disparaître grâce aux efforts de sauvegarde couronnés de succès déployés par les communautés concernées, et il bénéficie depuis peu d’un renouveau.

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