Rapport périodique sur la Convention pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel

La Convention précise dans son Article 29 que les États parties présentent au Comité des rapports sur les dispositions législatives, réglementaires ou autres prises pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel sur leurs territoires. Cette page présente les rapports périodiques et les échéances pour un pays : Slovaquie (voir la situation de tous les États parties).

Les rapports périodiques permettent aux États parties d’évaluer leur mise en œuvre de la Convention et leurs capacités de sauvegarde du patrimoine culturel immatériel, de faire rapport sur leurs inventaires du patrimoine culturel immatériel, et de mettre à jour le statut des éléments inscrits sur la Liste représentative.


Sur la mise en œuvre de la Convention

Chaque État partie soumet son rapport périodique au Comité avant le 15 décembre de la sixième année suivant la date à laquelle il a déposé son instrument de ratification, d’acceptation ou d’approbation, et tous les six ans par la suite.

Rapport soumis le 15/12/2013 et examiné par le Comité en 2014 (dû originellement au 15/12/2012)

Résumé

Les principaux textes législatifs réglementant la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel sont : la Loi No 4/1958 (Digeste) du Conseil national slovaque sur la production des arts populaires, les arts et les métiers ; la Loi No 61/2000 Coll. sur les activités éducatives et culturelles pour adultes ; et la Déclaration du Conseil national de la République slovaque sur la sauvegarde du patrimoine culturel, adoptée en 2001. Les principaux documents politiques qui constituent la politique gouvernementale en matière de culture populaire traditionnelle sont : le Concept de gestion de la culture populaire traditionnelle, le Concept de développement de la culture locale et régionale ; la Stratégie de développement de la culture locale et régionale ; et la Stratégie de développement des activités éducatives pour adultes.
L’organe national ayant la responsabilité globale de la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel est le Ministère de la Culture, par l’intermédiaire de sa Direction du patrimoine culturel immatériel, au sein de la Section du patrimoine culturel, qui met en œuvre les activités conceptuelles et systématiques en faveur de la sauvegarde et la promotion du patrimoine culturel immatériel au niveau de l’organisme administratif central d’état. Un Conseil de sauvegarde du patrimoine culturel immatériel a été créé en tant qu’organisation consultative auprès du Ministère de la Culture (2007). Le Centre du patrimoine culturel immatériel slovaque, une unité organisationnelle de la Compagnie de danse traditionnelle de l’état slovaque (SL’UK) a été désigné en 2008, centre compétent pour la mise en œuvre de la Convention.
Trois institutions proposent des programmes de formation au patrimoine culturel immatériel : (1) l’Université Constantin le philosophe de Nitra (Département d’ethnologie et d’ethnomusicologie) qui s’intéresse tout particulièrement aux expressions artistiques traditionnelles et à la musique et la danse populaire, l’accent étant mis sur la capacité à utiliser les connaissances acquises dans la pratique ou la pédagogie (les programmes mêle théorie et pratique) ; (2) l’Université Comenius de Bratislava (Département d’ethnologie et de muséologie) qui délivre des diplômes pour travailler dans le domaine de la recherche et dans des institutions éducatives, des musées, des centres de sensibilisation culturelle, l’édition et les médias et pour occuper des fonctions en lien avec la sauvegarde et la promotion du patrimoine culturel ; et (3) l’Université Matej Bel de Banská Bystrica (Institut des études sociales et culturelles) qui fait progresser la science de l’ethnologie en associant les connaissances théoriques à différents domaines de la pratique sociale (culture traditionnelle dans la société contemporaine, développement local et régional, tourisme, société civile et activités communautaires) et en mettant ces connaissances en application.
Plusieurs institutions qui ont documenté le patrimoine culturel immatériel existaient avant la ratification de la Convention. Parmi celles-ci, on citera : le Musée national slovaque ; le Musée ethnographique de Martin ; l’Institut d’ethnologie et l’Institut de musicologie (Académie slovaque des sciences) ; et le Centre culturel national (projets d’encyclopédie populaire). Ces travaux de documentation sont consultables sur les sites web de ces institutions. Le Centre du patrimoine culturel immatériel met en œuvre un projet d’Encyclopédie électronique de la culture populaire traditionnelle de Slovaquie et prépare actuellement des Archives du patrimoine culturel immatériel.
La réalisation de l’inventaire est sous la responsabilité du Ministère de la Culture qui travaille en étroite coopération avec le Centre du patrimoine culturel immatériel. L’inventaire est constitué de deux listes : (1) la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de Slovaquie et (2) la Liste représentative des programmes, projets et activités qui reflètent le mieux les principes et objectifs de la Convention pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel. (La première série de propositions pour cette dernière liste en 2013 n’a abouti à aucune inscription).
Les critères d’inclusion d’un élément sur la première Liste représentative sont que l’élément : constitue un patrimoine culturel immatériel aux termes de l’article 2 de la Convention ; est enraciné dans les traditions culturelles ou l’histoire culturelle d’une communauté donnée ; joue un rôle important dans la création ou le renforcement de l’identité culturelle d’une communauté donnée ; et est une source importante d’inspiration et d’échanges interculturels et encourage des contacts plus étroits entre les populations et les communautés. La viabilité des éléments du patrimoine culturel immatériel est prise en considération dans une section du formulaire d’inventaire intitulée « Nécessité de sauvegarde urgente…évaluation de la viabilité, évaluation des risques ». Les mesures spécifiques en faveur de la sauvegarde des éléments inscrits (pour quatre ans) qui permettent à la communauté, au groupe ou aux individus de poursuivre leur pratique et de les transmettre constituent une partie importante du dossier de candidature. Le Conseil de sauvegarde du patrimoine culturel immatériel suit la mise en œuvre de ces mesures en coordination avec les soumissionnaires et propose d’autres mesures.
Les communautés et associations participent à l’identification et la définition du patrimoine culturel immatériel ainsi qu’à la constitution des listes en soumettant des dossiers de candidature dans lesquels ils décrivent les éléments du patrimoine culturel immatériel. C’est une approche ascendante. Tous les éléments sont enregistrés à l’initiative des communautés ou des détenteurs. Les propositions d’inclusion dans les Listes sont soumises par des institutions sociales et culturelles, des communautés locales et des organisations non gouvernementales. Chaque année, un appel à la soumission des propositions est lancé, il convient alors de s’enregistrer électroniquement et de soumettre un dossier de candidature complet. Le site web du Centre du patrimoine culturel immatériel détaille toutes les informations relatives à la procédure d’enregistrement des éléments sur les listes, et présente les caractéristiques succinctes des éléments individuels avec des photographies. Ces informations sont disponibles en slovaque, allemand, anglais et français.
Les activités éducatives sont déployées dans les communautés et les groupes et, à la demande des communautés détentrices de patrimoine culturel immatériel, un soutien de l’État est accordé. La culture populaire traditionnelle a été introduite dans l’éducation formelle lors de l’année scolaire 2009-2010 avec l’objectif d’encourager la compréhension du patrimoine culturel immatériel d’une région particulière (patrimoine culturel, histoire, nature, architecture, art populaire, traditions, etc.). Une mesure de renforcement des capacités a consisté pour le Centre du patrimoine culturel immatériel à publier des recommandations à l’intention de l’ensemble des municipalités et des propriétaires et administrateurs d’archives locales, privées et autres intéressés par l’acquisition, la sauvegarde et la présentation d’éléments du patrimoine culturel immatériel. Ainsi, un système d’informations qui fournira des données en provenance de toutes les régions slovaques est en cours de création. Dans le cadre de ce processus, des séminaires éducatifs sur le thème « Des traditions pour le futur » sont régulièrement organisés dans différents villages et villes de tout le pays, afin de renforcer les capacités dans le domaine de la collecte et de l’archivage du patrimoine culturel immatériel au niveau local. L’éducation fait également partie des activités artistiques et des concours destinés aux amateurs organisés par le Centre national de la culture (en particulier dans les domaines de la culture populaire traditionnelle, des représentations de folklore et du théâtre non professionnel). Un soutien est accordé aux projets éducatifs destinés aux enfants, aux jeunes et aux adultes et mis en œuvre dans le cadre d’activités éducatives, d’un enseignement des compétences traditionnelles ou en lien avec la culture locale et régionale et de la diffusion d’informations sur les éléments.
Un bon exemple de coopération bilatérale, sous-régionale, régionale et internationale est le symposium organisé en 2010 par le Centre du patrimoine culturel immatériel auquel ont participé des experts de Tchéquie, Lituanie, Hongrie, Autriche et Suisse. Le 3 novembre 2010, la Slovaquie a également participé à une discussion sur la Convention de 2003 pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel organisée par l’Académie diplomatique de Vienne et la Commission autrichienne pour l’UNESCO. Le Centre du patrimoine culturel immatériel a organisé la participation de la Slovaquie à l’événement international Turíčne dni (Journées de la Pentecôte) au Musée hongrois de plein air à Szentendre, et le patrimoine culturel immatériel a été l’un des points à l’ordre du jour d’une réunion, tenue en 2011, entre la Hongrie et la Slovaquie consacrée aux questions culturelles. Les Journées de la culture traditionnelle sont un projet de coopération internationale (principalement avec la Tchéquie) du Centre culturel national qui vise à contribuer, par une étroite coopération entre les organes administratifs centraux d’état, les gouvernements locaux et les organisations non gouvernementales, à une meilleure mise en œuvre de la Convention de 2003.
La Slovaquie a un élément inscrit sur la Liste représentative : la Fujara et sa musique (incorporé en 2008 après avoir été proclamé chef d’œuvre du patrimoine oral et immatériel de l’humanité en 2005). Une des conséquences importantes de l’inscription est que la notion de « patrimoine culturel immatériel » fait désormais partie du discours public et que les populations sont de plus en plus conscientes de son importance dans un contexte qui dépasse la simple notion de culture populaire traditionnelle. Les publications sur la Fujara se sont multipliées (p. ex. sur les techniques de fabrication et d’ornementation, sur son interprétation). De nombreux festivals et ateliers d’art populaire proposent un espace pour pratiquer la Fujara et le Ministère de la Culture soutient par un système de subventions l’événement « Créativité de la Fujara » et les Ateliers de la flute qui ont lieu tous les ans, ainsi que le Festival des interprètes de la Fujara (organisé par l’Association municipale Javorie). L’événement « L’école des arts » est organisé par le Centre régional de production artistique de Banská Bystrica, une attention toute particulière est accordée à la fabrication de la Fujara et d’autres instruments populaires. La communauté des praticiens a apporté sa contribution et son expérience personnelle à la rédaction du présent rapport.

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