Rapport périodique sur la Convention pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel

La Convention précise dans son Article 29 que les États parties présentent au Comité des rapports sur les dispositions législatives, réglementaires ou autres prises pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel sur leurs territoires. Cette page présente les rapports périodiques et les échéances pour un pays : Panama (voir la situation de tous les États parties).

Les rapports périodiques permettent aux États parties d’évaluer leur mise en œuvre de la Convention et leurs capacités de sauvegarde du patrimoine culturel immatériel, de faire rapport sur leurs inventaires du patrimoine culturel immatériel, et de mettre à jour le statut des éléments inscrits sur la Liste représentative.


Sur la mise en œuvre de la Convention

Chaque État partie soumet son rapport périodique au Comité avant le 15 décembre de la sixième année suivant la date à laquelle il a déposé son instrument de ratification, d’acceptation ou d’approbation, et tous les six ans par la suite.

Rapport soumis le 15/12/2016 et examiné par le Comité en 2017

Résumé

Ayant ratifié la Convention de 2003 en 2004 ce rapport actuel est le deuxième soumis par le Panama sur sa mise en œuvre au niveau national. Depuis 2011, l’organe chargé de la mise en œuvre de la Convention de 2003 est le Ministère du commerce et de l’industrie (MICI) qui intervient au travers de projets d’investissement et de son propre fonds général. Au cours de l’année 2015, le projet d’investissement a été monté avec le fonds général du ministère et un nouveau projet a été proposé pour le cycle 2016-2019. Plusieurs directions et bureaux du ministère ont des objectifs et des programmes tournés vers la sauvegarde et la promotion du patrimoine culturel immatériel, comme la Direction générale du registre de la propriété industrielle (les marques, les droits collectifs et les ressources génétiques), la Direction générale de l’artisanat et l’Institut national de la Culture. En coopération avec les institutions et les universités, il existe un plan de coopération visant à créer un conseil pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel. Le Projet de Panama pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel (DIGERPI-MICI) réunit un personnel technique de diverses disciplines relatives à la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel et il est responsable de la coordination administrative, du contenu des collections, de l’organisation d’une base de données, de la recherche, de la conception, de la photographie et de la production audiovisuelle.
Il n’existe aucune institution spécifique chargée de la formation à la gestion du patrimoine culturel immatériel, bien que les universités jouent un rôle important dans ce domaine. Des séminaires pour les étudiants et les professeurs (université de Panama) et d’autres cours avancés, dont certains sont évalués et approuvés par l’Université spécialisée des Amériques (UDELAS), sont proposés. Le Bureau de l’UNESCO au Costa Rica a dispensé des formations à l’Institut national pour la Culture, au Ministère de l’éducation, au système étatique de radio et télévision, dans les universités et les autorités des sept groupes ethniques, entre autres. Au cours de l’année 2016, le ministère a offert une formation aux communautés autochtones par l’intermédiaire de la Direction du registre de la propriété industrielle (Bureau des droits collectifs). Le Ministère de l’éducation (Centre pour les arts et la culture) participe aussi à la formation organisée par le Projet de sauvegarde du patrimoine culturel immatériel.
Bien qu’il n’y ait pas de bibliothèque consacrée au sujet ni aucun centre de documentation du patrimoine culturel immatériel, des enregistrements audiovisuels sont en cours de montage ou de publication et une base de données est en cours d’élaboration dans le cadre du Projet de sauvegarde. Ces documents seront envoyés à la Bibliothèque nationale et à son réseau de bibliothèques dans tout le pays. Également dans le cadre du Projet d’investissement, des Centres du patrimoine culturel, qui conserveront de la documentation, seront construits dans les différentes communautés. Le Système national de radio et télévision (SERTV) dispose d’une vidéothèque et diffuse des programmes qui contiennent de la documentation. L’UNESCO a formé certains des membres de son personnel. Le Groupe du film expérimental universitaire (GECU) de l’Université du Panama a également documenté le patrimoine culturel immatériel.
Entre 2011 et 2016, 4 000 personnes en moyenne se sont familiarisées avec la photographie, les enregistrements et l’inventaire des différents domaines du patrimoine culturel immatériel. Soixante employés du registre travaillent sur le terrain dans plusieurs régions. Des groupes ethniques sont formés par le personnel du Projet de sauvegarde. Plus d’un millier d’entrées ont été effectuées en 2016, pour lesquelles trente chercheurs de terrain (temporaires et à temps partiel) ont été embauchés et formés sur proposition des communautés. Le Projet de sauvegarde a dressé dix inventaires organisés en fonction des régions, des terres collectives et des provinces. Les dossiers descriptifs sont classés par expression et domaines culturels, qui couvrent les fêtes et festivals ainsi que différents champs de connaissances. L’inventaire inclut des informations sur l’état de l’élément, et mentionne en particulier si celui-ci est en danger, ainsi que les ressources disponibles pour évaluer sa viabilité. Les communautés sont en général désireuses de faire l’inventaire d’un élément en danger ou d’enregistrer les aînés qui détiennent les connaissances. La fréquence de mise à jour des inventaires n’a pas encore été fixée, mais les communautés dont le patrimoine culturel immatériel a été inventorié sont conscientes de cette nécessité. En 2016, le Projet a formé trente secrétaires et techniciens de la région de Guna Yala à la mise à jour de leur inventaire qui date de 2011 ; un autre inventaire élaboré en 2013 sera mis à jour en 2017. Les communautés sont la pierre de touche du processus d’inventaire. Dans certains cas, des membres des ONG sont inclus dans les équipes de recherche comme la Fondation INDICRI (et son AMPADOC), l’Asociación Rescate de Danzas ‘Miguel Leguízamo’ et la Fundación Simón ‘Mon’ Mendieta. En outre, la Direction générale de l’artisanat tient un registre des artisans du pays, qui contient aussi des informations sur l’état des pratiques artisanales région par région.
Un projet de loi sur la culture, promu par l’Institut national de culture, est en préparation et des consultations sont organisées concernant l’application de la Loi 35 qui ratifie la Convention de 2003. S’agissant d’autres mesures de sauvegarde, un projet de création d’un centre de recherche ou un institut pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel est en cours d’élaboration. Il s’agit d’un projet d’investissement du MICI. En 2016, l’équipe du Projet de sauvegarde a mis en place des partenariats avec des membres de l’Association d’anthropologie et d’histoire du Panama pour le troisième congrès de celle-ci, ainsi qu’un éventuel recrutement de personnel pour dispenser des formations dans les régions du pays qui ne sont pas encore couvertes. Le Projet de sauvegarde du patrimoine culturel immatériel a participé au premier congrès national de la culture congo dans la province de Colon (2016) qu’il a parrainé et prévoit d’organiser un congrès international sur le patrimoine culturel immatériel en octobre 2017. En ce qui concerne la diffusion de l’information, des accords ont été proposés à la Bibliothèque nationale Ernesto J. Castillero, aux universités et à l’État ainsi qu’aux médias privés pour promouvoir les éléments inscrits. Des accords conclus avec les Congrès autochtones mettent en place des réglementations pour l’utilisation des connaissances inventoriées : en particulier, les aspects sensibles des rites sont dans bien des cas, tenus secrets et ne sont pas soumis à un enregistrement audiovisuel ; certains sont décrits, mais non photographiés ni enregistrés.
Tous les ans, le Ministère de l’éducation (MEDUCA) organise un concours national de chants traditionnels par l’intermédiaire de son Centre pour l’art et la culture et, depuis 2016, il a décerné un prix aux éducateurs pour la recherche et la promotion du patrimoine culturel immatériel. Parmi les autres actions de sensibilisation figurent plusieurs programmes de télévision liés au patrimoine culturel immatériel. En 2015 et 2016, les progrès du Projet de sauvegarde ont été largement diffusés dans les médias. Les éducateurs, les journalistes et les promoteurs du tourisme demandent aussi d’avoir accès aux vidéos réalisées par le Projet de sauvegarde sur les divers aspects du patrimoine culturel immatériel et de sa sauvegarde. Concernant les programmes éducatifs formels, certains cours sur le patrimoine culturel immatériel existent déjà au niveau de la licence et du troisième cycle universitaire, quoique dans une perspective de folklore. L’objectif est de les réviser conformément aux Conventions de 2003 et de 2005 de l’UNESCO. Pour ce qui est de l’éducation non formelle au sein des communautés, le Projet de sauvegarde a organisé trois ateliers de formation (avec des facilitateurs nationaux et internationaux) sur la Convention de 2003, traitant plus particulièrement des candidatures, des questions de propriété intellectuelle, de l’identification du patrimoine culturel immatériel et de l’évaluation de sa viabilité. Trois cents bénéficiaires directs et indirects venus de différentes régions, huit congrès autochtones et sept provinces y ont participé. En 2016, des représentants de différents groupes ethniques nationaux et internationaux et les autorités de haut et moyen niveau en charge de l’éducation et de la culture ont été formés à l’importance du patrimoine culturel immatériel et à la nécessité de l’intégrer dans les plans et programmes éducatifs. Quatre ateliers sur les inventaires avec la participation des communautés destinés aux chercheurs de différentes régions ont été organisés au sein de leur communauté, ainsi qu’à Panama City.
Concernant la coopération bilatérale, sous-régionale, régionale et internationale, des accords ont été conclus entre l’Université spécialisée de Las Americas et l’Université de Panama afin d’inclure des programmes d’échange, des stages sur des sujets liés au patrimoine culturel immatériel ainsi que la mise en place d’études de troisième cycle. Il est aussi prévu que les étudiants participent à l’élaboration des inventaires sur le terrain dans le cadre de leur programme de service social.
Actuellement, le Panama ne compte aucun élément inscrit sur la Liste représentative.

Rapport soumis le 15/12/2015 et examiné par le Comité en 2016 (dû originellement au 15/12/2010)

Résumé

Le Panama est devenu État partie à la Convention de 2003 en 2004 et n’a, à ce jour, aucun élément inscrit sur aucune des listes. En ce qui concerne les organes compétents, le Ministère du commerce et des industries (MCI) est le principal organe. Il agit dans le cadre de son Projet de sauvegarde du patrimoine culturel immatériel (dit « Projet de sauvegarde », qui dépend de la Direction générale de la propriété intellectuelle). Le Vice-ministère des affaires autochtones, qui dépend du Ministère du développement social, a également préparé un plan de développement inter-agences qui aborde, entre autres, le patrimoine culturel immatériel dans des domaines tels que la santé, l’éducation et l’écologie. En outre, la création d’un Conseil inter-agences pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel a été proposée au début de l’année 2016. La Direction générale des artisanats administre également un registre des artisans et a un registre des pratiques artisanales par région. Le Département de l’éducation bilingue, qui dépend du Ministère de l’éducation, enregistre et revitalise les traditions orales et il œuvre au renforcement des sept langues autochtones du pays. Le Centre d’art et de culture de ce même ministère participe également à la formation de coordinateurs régionaux afin de diffuser les programmes culturels et sensibiliser les populations des régions périphériques. Le personnel du Projet de sauvegarde a été formé par l’UNESCO à dispenser un enseignement sur la Convention de 2003 à des chercheurs et des membres des communautés au moyen d’une documentation imprimée et de technologies audiovisuelles. À part ces entités, il n’existe pas d’institutions officiellement en charge de la formation à la gestion du patrimoine culturel immatériel, bien que des cours universitaires de troisième cycle dans les domaines concernés soient prévus.
Il n’existe, à ce jour, aucune institution spécifiquement chargée de la documentation, et il est fait état de la nécessité d’élaborer un protocole exhaustif à cette fin. Parmi d’autres actions de sauvegarde envisagées, la possibilité de faire du Projet de sauvegarde un organe permanent de documentation est actuellement étudiée. Par ailleurs, la société nationale de radio et de télévision et le groupe universitaire de cinéma expérimental ont des enregistrements audiovisuels qui peuvent être mis à disposition du public.
Jusqu’alors, aucun inventaire exhaustif du patrimoine culturel immatériel du Panama n’a été réalisé bien que cinq registres des différents aspects du patrimoine immatériel existent déjà : deux sont consacrés à des groupes ethniques spécifiques et trois à des éléments particuliers. Ces registres ont été dressés par le Projet de sauvegarde en coopération avec les Congrès généraux des groupes autochtones ainsi qu’avec des fondations et des associations culturelles liées aux éléments. Une base de données d’inventaire a été constituée, elle permet un référencement croisé par la localisation géographique (GPS) et les cinq domaines de la Convention de 2003. Des enregistrements audiovisuels ne sont réalisés que dans les zones choisies par les communautés et toute la documentation doit être approuvée par leur Congrès autochtone. Le format général est celui d’un registre descriptif dans lequel les noms des détenteurs, transmetteurs et/ou de l’élément sont consignés. Pour tous les éléments décrits, les communautés demandent à ce que leurs compétences soient renforcées afin de mieux participer à la documentation et à la sauvegarde des éléments, les responsables des communautés ont été identifiés comme des intermédiaires pour cette initiative.
Les autres mesures de sauvegarde mettent l’accent sur la promotion et la formation, avec des actions dans les médias, la participation à des foires et l’organisation de séminaires de formation, dans le but de sensibiliser à la notion de patrimoine culturel immatériel. Pour l’année 2016, des séminaires de formation sont prévus pour 77 municipalités, dix bureaux régionaux du MCI, dix bureaux régionaux de l’Institut national de la culture et 14 régions scolaires du Ministère de l’éducation. Afin de créer un cadre de spécialistes et de réaliser des travaux de recherche ciblés, deux universités, qui conçoivent actuellement des cours d’enseignement supérieur consacrés au patrimoine culturel, travailleront en coopération avec le Projet de sauvegarde. L’accès aux informations sur les éléments est assuré par une revue du MCI qui présente des informations sur la Convention de 2003, sur les éléments et sur d’autres sujets en lien avec le patrimoine vivant. La revue est distribuée dans les communautés culturelles et les bibliothèques locales. Le site qui regroupe le réseau de bases de données, avec des informations mises à jour sur les localisations GPS et les communautés, est également consultable.
Les programmes d’éducation formelle proposent déjà un enseignement sur les coutumes et la diversité culturelle (en vertu d’une loi nationale panaméenne, les différentes expressions culturelles sont reconnues). S’agissant de l’enseignement non formel, l’Institut national de la culture et la Direction des artisanats du MCI organisent des cours d’artisanat pour les communautés autochtones et locales dans lesquels des praticiens font des démonstrations et enseignent leurs pratiques aux jeunes. Quelques associations indépendantes de communautés enseignent également les danses, la musique et les chants aux jeunes tandis que les Congrès généraux (en charge de la culture autochtone) évaluent la condition des éléments et prennent des mesures afin que les enfants soient réellement motivés pour l’apprentissage de ces éléments. Les Congrès recommandent que les arts et artisanats (molas, tressage de paniers, etc.) soient enseignés, au sein des communautés autochtones, par les détenteurs de traditions plus âgés. Par ailleurs, les foires et les festivals constituent des espaces non formels de transmission dans lesquels les jeunes et les autres visiteurs apprennent grâce à des matériels audiovisuels, des concours et des démonstrations de savoir-faire traditionnels. La sensibilisation à l’importance de l’environnement et de ses ressources pour le patrimoine immatériel est un des axes du Projet de sauvegarde qui diffuse de la documentation dans les communautés et réalise des enregistrements des dépositaires de connaissances sur la nécessité de préserver la pharmacopée naturelle et de conserver les ressources naturelles ; les espèces de plantes menacées sont conservées dans des parcelles réservées et les autorités travaillent en coopération avec les communautés côtières afin de protéger les espèces grâce aux coutumes et aux traditions.
En ce qui concerne la coopération bilatérale, sous-régionale, régionale et internationale, le Bureau de l’UNESCO à San José, qui couvre le Panama, a organisé un atelier de renforcement des capacités en 2015 et, la même année, le MCI a organisé un congrès international sur le patrimoine culturel immatériel, en coopération avec la Colombie, le Venezuela, l’Équateur, l’UNESCO et l’OMPI, qui a débouché sur la création d’un réseau de contacts régionaux dans le domaine de la sauvegarde du patrimoine immatériel. Également en 2015, les spécialistes du mole en Colombie et au Panama se sont rencontrés pour étudier la faisabilité de cette industrie artisanale et les moyens de sa protection par des droits de propriété intellectuelle. Des documentaires et une capsule vidéo sur cet élément au Panama ont été transmises à la Colombie afin d’échanger des informations sur ce patrimoine partagé et de vérifier les aspects communs aux deux pays ainsi que les variations observées au fil du temps. Enfin, le Panama se prépare à devenir membre du Centre régional pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel de l’Amérique latine (CRESPIAL, un centre de catégorie 2 basé au Pérou) afin de développer sa coopération internationale, de partager des expériences et de mettre en place la formation de son personnel.
Le Panama n’a aucun élément inscrit sur la Liste représentative.

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