Rapport périodique sur la Convention pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel

La Convention précise dans son Article 29 que les États parties présentent au Comité des rapports sur les dispositions législatives, réglementaires ou autres prises pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel sur leurs territoires. Cette page présente les rapports périodiques et les échéances pour un pays : Japon (voir la situation de tous les États parties).

Les rapports périodiques permettent aux États parties d’évaluer leur mise en œuvre de la Convention et leurs capacités de sauvegarde du patrimoine culturel immatériel, de faire rapport sur leurs inventaires du patrimoine culturel immatériel, et de mettre à jour le statut des éléments inscrits sur la Liste représentative.


Sur la mise en œuvre de la Convention

Chaque État partie soumet son rapport périodique au Comité avant le 15 décembre de la sixième année suivant la date à laquelle il a déposé son instrument de ratification, d’acceptation ou d’approbation, et tous les six ans par la suite.

Un rapport sera à soumettre pour le 15/12/2022

Rapport soumis le 15/12/2016 et examiné par le Comité en 2017

Résumé

bientôt disponible

Rapport soumis le 15/12/2010 et examiné par le Comité en 2011

Résumé

Comme le préconise la Loi sur la protection des biens culturels, élaborée et promulguée en 1950, le Japon considère le patrimoine immatériel comme un objet nécessitant d’être sauvegardé et un précieux trésor de la nation. L’organe compétent est l’Agence des affaires culturelles qui relève du Ministère de l’Éducation, de la Culture, des Sports, de la Science et de la Technologie. Au sein de l’agence, une Division de la culture traditionnelle est directement responsable du patrimoine culturel immatériel.
Le Département du patrimoine culturel immatériel, une institution en charge de la formation à la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel, est établi au sein de l’Institut national de recherche pour les biens culturels (Tokyo) qui dépend lui-même des Instituts nationaux du patrimoine culturel. Le gouvernement organise également des ateliers de formation au Conseil japonais des arts (théâtre) afin de former les futurs praticiens des arts du spectacle traditionnels tels que le Nô, le Kumiodori, le Bunraku, le Kabuki et des divertissements populaires traditionnels.
Le Département du patrimoine culturel immatériel de l’Institut national de recherche pour les biens culturels est également responsable de la mise en œuvre des mesures relatives à la documentation. Outre les enregistrements audiovisuels du patrimoine culturel immatériel, qui sont actuellement considérés comme la méthode de sauvegarde la plus probante, le département étudie de nouvelles méthodologies afin d’obtenir de meilleurs enregistrements et des résultats plus efficaces en matière de sauvegarde. Les conclusions de ses travaux de recherche et études peuvent être consultées par le public et les institutions concernées. Par ailleurs, l’Agence pour les affaires culturelles administre un site web consacré au patrimoine culturel matériel et immatériel qui permet aux utilisateurs de trouver des informations sur ces deux domaines. Pour chaque élément du patrimoine, sont proposés un texte d’explication, des images, des films et des liens vers d’autres sites pertinents.
Le Japon considère que le système de désignation et de sélection des biens culturels qu’il a mis en place depuis fort longtemps et qui prévoit des dispositions pour les biens immatériels, fait office d’_inventaire__ national. Ce système est plus précisément constitué de trois listes : « Les biens culturels immatériels importants » ; « Les biens culturels populaires immatériels importants » ; et « Les techniques de conservation des biens culturels ». Les trois listes sont gérées par l’Agence des affaires culturelles et sont révisées à chaque ajout ou retrait d’une entrée. Chaque liste a ses propres critères qui se distinguent également par genre ou domaine. Par exemple, parmi les critères requis afin qu’un art du spectacle soit désigné « Bien culturel immatériel important », il convient qu’il possède (1) une valeur artistique particulièrement élevée ; (2) un rôle particulièrement important dans l’histoire de l’art ; (3) des caractéristiques particulièrement remarquables d’une région ou d’une école ainsi qu’une valeur artistique élevée ou un rôle important dans l’histoire de l’art ; et (4) des compétences particulièrement remarquables liées à la structure et la formation des arts du spectacle. S’agissant des techniques artisanales, les trois premiers critères s’appliquent mais « l’histoire des techniques artisanales » remplace « l’histoire de l’art ». À titre de comparaison, afin qu’un art du spectacle soit désigné « Bien culturel populaire immatériel important », ce doit être un art du spectacle populaire particulièrement important qui réponde à l’un des critères suivants : (1) illustrer les débuts et l’évolution des représentations de cet art ; (2) représenter une transition dans les arts du spectacle ; et (3) exprimer des caractéristiques régionales. En ce qui concerne « Les techniques de conservation des biens culturels », ces techniques sont elles-mêmes considérées comme patrimoine culturel immatériel qu’elles soient associées à des biens du patrimoine matériel ou du patrimoine immatériel.
Dans tous les cas, la désignation couvre l’élément lui-même et les « détenteurs et les groupes détenteurs » qui constituent l’ensemble des « détenteurs et praticiens ». La désignation d’un élément ou la sélection d’une technique ne peut avoir lieu qu’après s’être assuré que cet élément du patrimoine culturel immatériel ou cette technique de sauvegarde a été correctement hérité par un organe détenteur ou un détenteur, et qu’un élément du patrimoine populaire immatériel est bien transmis par une entité en charge de sa protection. Ainsi, la désignation au titre de la Loi pour la protection des biens culturels requiert l’identification d’une communauté ayant hérité d’un élément du patrimoine culturel immatériel et le transmettant à la prochaine génération. L’Agence pour les affaires culturelles enquête et désigne les éléments et techniques en coopération avec les communautés concernées, et généralement un organe en charge de la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel ou un institut de recherche concerné par l’élément.
Dans le cadre des mesures générales destinées à promouvoir la fonction du patrimoine culturel immatériel dans la société et à intégrer sa sauvegarde dans les programmes de planification, le gouvernement japonais a mis en œuvre des projets tels que : (i) depuis 2011, utiliser des éléments riches et divers du patrimoine culturel immatériel dans les communautés locales ; (ii) soutenir des événements de grande ampleur ou d’envergure locale, tels que des représentations publiques de rituels et d’arts du spectacle traditionnels, la formation des jeunes praticiens, et le libre accès à d’importants bâtiments culturels et sites historiques ; et (iii) l’encouragement du tourisme et la dynamisation de l’économie locale. Les gouvernements locaux élaborent leurs propres plans et les mettent en œuvre avec l’aide de subventions accordées par l’Agence des affaires culturelles.
En ce qui concerne la coopération bilatérale, sous-régionale, régionale et internationale, le Japon a adopté une Loi sur la promotion de la coopération internationale en faveur de la protection du patrimoine culturel à l’étranger (2006). Cette coopération « se fonde sur le principe du soutien accordé aux efforts déployés de façon indépendante par les gouvernements ou associations apparentées dans le pays étranger où se situe le patrimoine culturel, en prenant en considération l’importance de la diversité culturelle ». La loi stipule en outre que « afin que la coopération internationale dans le domaine du patrimoine culturel soit encouragée sur la base d’une entente internationale, dans l’esprit des différents accords et conventions consacrés à la protection du patrimoine culturel, l’État s’efforcera d’échanger des informations avec les gouvernements ou institutions apparentées des pays étrangers ou avec les institutions internationales, et prendra, si besoin est, d’autres mesures appropriées ». Par ailleurs, conformément à une décision de la 35e Conférence générale de l’UNESCO, le Japon a créé, en 2011, le Centre international de recherche sur le patrimoine culturel immatériel de la région Asie-Pacifique, un centre de catégorie 2 sous les auspices de l’UNESCO.
Le Japon fait ici rapport sur 16 éléments inscrits sur la Liste représentative, dont trois ont été incorporés après avoir été précédemment proclamés chefs d’œuvre du patrimoine oral et immatériel de l’humanité et 13 ont été inscrits en 2009 (cf. le site de la Convention et le rapport original pour la liste complète). La proclamation du Kabuki en 2005 a, par exemple, fait l’objet d’une importante couverture dans les médias, suscitant un grand intérêt non seulement pour le Kabuki mais également pour d’autres formes de patrimoine culturel immatériel et d’autres éléments dans le monde entier qui ont été proclamés en même temps, encourageant ainsi le respect pour la créativité humaine et la diversité culturelle. Il en est allé de même pour le théâtre de marionnettes Ningyo Johruri Bunrake, suite à sa proclamation en 2003 et pour le théâtre Nôgaku en 2001. Parmi les éléments inscrits en 2009, la nouvelle de l’inscription de l’Akiu no Taue Odori a suscité l’intérêt des populations locales, en particulier dans la préfecture de Miyagi, et les demandes relatives aux saisons de représentations ont accru. De nombreuses questions ont, en outre, été posées sur le patrimoine culturel immatériel dans son ensemble, tant au Japon qu’à l’étranger. En raison de l’intérêt accru pour le Chakkirako, suite à son inscription, les membres de l’association de sauvegarde et les populations locales de la préfecture de Kanagawa ont reconsidéré son importance. L’inscription du Dainichido Bugaku a été relayée dans tout le pays par les journaux et la télévision, en particulier dans la préfecture d’Akita, là même où cet art est transmis. Cela a suscité parmi les habitants de la préfecture et à Kazuno un intérêt accru pour les représentations. L’impact de l’inscription sur les autres éléments a été identique. Dans chaque cas, le rapport sur l’état actuel de l’élément a été préparé avec les contributions des associations de sauvegarde représentant la communauté des détenteurs.

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