Rapport périodique sur la Convention pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel

La Convention précise dans son Article 29 que les États parties présentent au Comité des rapports sur les dispositions législatives, réglementaires ou autres prises pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel sur leurs territoires. Cette page présente les rapports périodiques et les échéances pour un pays : Guatemala (voir la situation de tous les États parties).

Les rapports périodiques permettent aux États parties d’évaluer leur mise en œuvre de la Convention et leurs capacités de sauvegarde du patrimoine culturel immatériel, de faire rapport sur leurs inventaires du patrimoine culturel immatériel, et de mettre à jour le statut des éléments inscrits sur la Liste représentative.

Quand des éléments sont inscrits sur la Liste du patrimoine culturel immatériel nécessitant une sauvegarde urgente, l’État partie soumissionnaire s’engage à prendre des mesures de sauvegarde visant à renforcer la viabilité du patrimoine concerné. Quatre ans après l’inscription, l’État partie fait rapport au Comité sur la situation actuelle de l’élément, sur l’efficacité des mesures de sauvegarde mises en œuvre, ainsi que sur les défis rencontrés.


Sur la mise en œuvre de la Convention

Chaque État partie soumet son rapport périodique au Comité avant le 15 décembre de la sixième année suivant la date à laquelle il a déposé son instrument de ratification, d’acceptation ou d’approbation, et tous les six ans par la suite.

Rapport soumis le 15/12/2013 et examiné par le Comité en 2014 (dû originellement au 15/12/2012)

Résumé

L’organe national en charge de la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel est le Ministère de la culture et des sports, qui agit par l’intermédiaire de sa Dirección Técnica de Patrimonio Intangible (Direction technique du patrimoine immatériel – DTPI) et de sa Dirección General de Desarrollo Cultural y Fortalecimiento de las Culturas (Direction générale du développement culturel et du renforcement des cultures). D’autres institutions sauvegardent le patrimoine culturel immatériel des différents groupes du pays, p. ex. la commission culturelle de la Municipalité de Quetzaltenango (culture maya-quiche) et l’Institut Pixab Chi (ouest du Guatemala). Une nouvelle Loi du patrimoine culturel immatériel est en cours d’élaboration. Les politiques du patrimoine culturel du pays constituent une « vision d’ensemble » qui permet aux autorités nationales et/ou municipales de reconnaitre la contribution des détenteurs du patrimoine culturel immatériel à l’identité nationale et au dialogue interculturel. Une Politique du patrimoine culturel immatériel a été élaborée en 2007 avec le soutien de l’UNESCO et la participation de 45 organisations sociales issues des quatre principaux groupes ethniques du pays. En 2013, au terme des six premières années de sa mise en œuvre, cette politique du patrimoine culturel immatériel a fait l’objet d’un bilan.
Les actions de formation à la gestion du patrimoine culturel immatériel sont soutenues par la DTPI au niveau des municipalités, pour les entités responsables de la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel au niveau local. Le Ministère de la culture a deux centres de recherche spécialisés dans la recherche et la documentation dans les domaines du patrimoine culturel et du développement culturel. En outre, la recherche consacrée au patrimoine culturel immatériel est menée par le Centro de estudios folklóricos (Centre d’études folkloriques – CEFOL) et l’Instituto de Estudios Interétnicos (Institut d’études interethniques – IDEI), deux entités de l’université de San Carlos. L’École d’histoire (qui délivre des diplômes d’anthropologie et d’archéologie) participe également à la conception et la réalisation de travaux de recherche sur le patrimoine culturel immatériel, et élabore des méthodologies de recherche adaptées. La télévision maya diffuse des documentaires sur différentes communautés, plusieurs autres télévisions en font de même.
Une Unité des inventaires a été créée et un formulaire d’enregistrement des inventaires ainsi que sa méthodologie d’utilisation ont été élaborés en 2012 par des experts nationaux, des anthropologues et des historiens, avec l’aide de l’IPHAN (Brésil). Il importe de souligner que l’inventaire est envisagé comme un outil destiné à établir un lien entre l’élément et les plans de sauvegarde requis. Une procédure spécifique est en cours d’élaboration pour l’inventaire des éléments du patrimoine culturel immatériel précédemment déclarés, elle prévoit un exercice d’évaluation destiné à définir l’état actuel de ces éléments du patrimoine culturel immatériel.
Les critères requis pour l’inclusion d’un élément du patrimoine culturel immatériel dans l’inventaire sont les suivants : il a trait au patrimoine culturel immatériel tel que défini par la législation nationale ou la Convention de 2003 pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel ; la demande d’inclusion est accompagnée d’un document établissant le consentement libre, préalable et informé des détenteurs et des communautés participantes ; la communauté participante nomme des détenteurs de la tradition culturelle ou des représentants culturels pour soutenir la procédure de collecte des données sur le terrain ; et une révision des espaces ainsi qu’une validation et une analyse de l’état actuel de l’élément inventorié ont été définies permettant ainsi une identification des risques, menaces et problèmes potentiels liés aux mesures de sauvegarde. Sur la base des informations recueillies, les mesures de sauvegarde sont évaluées ainsi que les capacités des groupes et autorités à les mettre en œuvre. Des accords tripartites sont signés entre les autorités locales, les organisations communautaires et les détenteurs des traditions culturelles.
Les inventaires sont participatifs et un consensus est établi avec la population locale avant que l’inventaire ne soit réalisé. La mise en œuvre des inventaires encourage la participation de la communauté et débouche souvent sur l’évaluation et la reconnaissance par la communauté de sa propre culture. Une fois l’élément inventorié, il est validé et analysé avec les détenteurs de la tradition culturelle, la communauté participante et les autorités locales ou municipales. L’objectif est de donner aux populations les capacités de jouer un rôle moteur dans les mesures de sauvegarde proposées.
S’agissant des mesures destinées à promouvoir la fonction du patrimoine culturel immatériel dans la société, celui-ci est envisagé comme un élément important pour la construction de l’identité et la valorisation de la diversité culturelle et des différences entre les 23 groupes ethniques des populations maya, xinca, garifuna et ladino. Par exemple, le prix Pawajtun est remis à deux artisans exceptionnels en reconnaissance de leur contribution à l’identité nationale et à la transmission de leurs connaissances et techniques.
Parmi les mesures prises pour assurer la reconnaissance, le respect et la mise en valeur du patrimoine culturel immatériel, on peut citer la production par la télévision maya de documentaires sur le patrimoine culturel immatériel des Garifunas d’ascendance africaine et des communautés xinca et maya, créant ainsi des opportunités de dialogue avec la communauté sur la culture vivante qui s’exprime dans les fêtes, les activités culturelles, les rituels, etc. Depuis 2012, la DTPI a organisé toute une série d’ateliers d’information et de sensibilisation destinés aux jeunes filles, aux jeunes, aux adultes, aux détenteurs de traditions culturelles et aux communautés intéressées. Les medias locaux ont contribué à la diffusion de ces informations. La Comisión de Lugares Sagrados de los Pueblos Indígenas (Commission des lieux sacrés des peuples autochtones) établit actuellement une carte géoréférencée et a conçu un manuel des utilisateurs des lieux sacrés qui cartographie les énergies situées dans les montagnes, les collines, les rivières, les lacs, les sites archéologiques, les parcs, etc. Par ailleurs, des discussions se sont tenues avec des archéologues à propos des plans de gestion des sites et des parcs dans lesquels des valeurs immatérielles sont évaluées au côté d’éléments matériels.
S’agissant de la coopération bilatérale, sous-régionale, régionale et internationale, le Guatemala est membre du Centre régional pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel d’Amérique latine (CRESPIAL), un centre de catégorie 2 sous les auspices de l’UNESCO, basé au Pérou, qui organise des activités de renforcement des capacités, permet l’échange d’expériences et promeut une vision intégrée du patrimoine culturel immatériel. Le CRESPIAL a également soutenu financièrement des projets de sauvegarde mis en œuvre par trois organisations nationales : la culture du groupe ethnique chuj de San Mateo Ixtatan à Huehuetenango, le droit d’utiliser la langue xinca à Jalapa et le sauvetage de la culture garifuna à Livingston. Également dans le cadre du CRESPIAL, le Brésil a coopéré à l’identification de mesures de sauvegarde avec la participation des communautés et la Colombie a renforcé les capacités nationales dans le domaine de l’élaboration des plans de sauvegarde.
Le Guatemala a deux éléments inscrits sur la Liste représentative : La langue, la danse et la musique des Garifunas (intégré en 2008 après avoir été proclamé chef-d’œuvre du patrimoine oral et immatériel de l’humanité en 2001), une inscription multinationale avec Belize, le Honduras et le Nicaragua ; et La tradition du théâtre dansé Rabinal Achí (également intégré en 2008 après avoir été proclamé chef-d’œuvre en 2005). En ce qui concerne l’élément garifuna, l’inscription a constitué un outil stratégique qui a permis une revitalisation de l’élément, une sensibilisation accrue et une grande amélioration de la situation des détenteurs au Guatemala, en particulier, en réduisant la discrimination à leur égard et en accordant à ce groupe marginalisé une reconnaissance nationale. L’inscription a également donné une réelle visibilité au rôle des femmes, détentrices et transmetteuses de l’élément. Le nombre de touristes s’est accru, ce qui représente un revenu complémentaire important pour les familles. S’agissant du Rabinal Achí, l’inscription a également encouragé l’évolution des modèles paternalistes et centralisateurs qui n’assuraient pas la pérennité de l’élément : dans les communautés telles que les Rabinal, qui doivent faire face à une extrême pauvreté et aux effets d’un conflit armé interne, le travail autour du patrimoine culturel immatériel peut constituer une opportunité de développement. Néanmoins, avant l’inscription, les communautés avaient des attentes irréalistes quant aux bénéfices financiers qu’elles pourraient en tirer. Des efforts déployés avec patience et une grande attention ont permis de mettre en œuvre des mesures de sauvegarde plus réalistes.
Pour la préparation des présents rapports sur les éléments, une équipe basée à Livingston a travaillé directement avec les membres de la communauté garifuna. Les consultations se sont déroulées par téléphone et lors de réunions. Le rapport sur l’élément Rabinal Achí est fondé sur les rapports mensuels soumis par l’association Xajoj Tun. Parallèlement, des réunions ont été organisées avec les détenteurs et les informations ont été rassemblées par le Ministère de la culture.

Sur des éléments de la liste de sauvegarde urgente

Les rapports sur chaque élément inscrit sur la Liste de sauvegarde urgente sont soumis par l’État partie le 15 décembre de la quatrième année suivant celle durant laquelle un élément a été inscrit, et tous les quatre ans par la suite.

La cérémonie de la Nan Pa’ch, inscrit en 2013

Pour accéder à la description de cet élément, au dossier original (formulaire, consentement des communautés, photos et vidéo) et à la décision d’inscription, voir la page dédiée.

Un rapport sera à soumettre pour le 15/12/2021

Rapport soumis le 15/12/2017 et examiné par le Comité en 2018

Résumé

bientôt disponible

Rapport soumis le 15/12/2014 et examiné par le Comité en 2015

Résumé

Paach ceremony is a corn-veneration ritual celebrated by the Maya-Mam people to thank Mother Nature for good harvests, highlighting the close connection between humans and nature with prayers in the Mam language. It is based on the sacred book Popol Vuh, which according to Mayan philosophy, stresses the importance of corn in the creation of the first human beings. All age and gender groups participate, with their own specific roles in the ceremony. The ceremony combines two key elements – the Pregón and the Dance of the Pachitas. While the latter is still transmitted, the Pregón is only maintained by members of the group Mother Corn Pro and has not been transmitted to their children due to the age of the members and the young generation lacking proficiency in the Mam language. Following the inscription of the element on the Urgent Safeguarding List in 2013, the State Party submitted an International Assistance request of less than USD25,000 to support educational safeguarding measures, which has benefitted from technical assistance and is still being reviewed by the submitting State. At the time of inscription in 2013, the Committee requested an extraordinary report to be examined at its tenth session.

Effectiveness of the safeguarding plan

It has been reported that most of the planned activities yielded the expected results with the exception of identifying new members for the element, due to an approach that is not highly compatible with the Maya-Mam method of knowledge transmission. It seems that measures conducted so far have encouraged greater participation of representatives from bearer groups in addition to Mother Corn Pro to work together to safeguard the ceremony. A major activity undertaken was the inventorying of the element in 2014, which included information on safeguarding measures implemented by the Maya-Mam people. Unfortunately, regarding transmission-related actions, parents tended to view them as requiring providing financial support to their children. Therefore, a new work strategy needs to be developed. Another challenge identified was conflict over decision-making within Mother Corn Pro, which is being addressed through mediation by the Ministry of Culture and Sports. It has also been noted that pressure to seek external funding can result in irregularities in safeguarding procedures, such as conducting a pilot project using a ritual to promote tree-planting before the ritual has been documented. Implementation of community-funded projects tended to suffer, in particular due to financial and human resources being available on a sporadic basis.

Community participation

Actions developed have led to the bearers creating ‘work tables’ which give them a leadership role in implementing them. Children, youth, adults and elderly people who participate in the Dance of the Pachitas were involved in the development of the inventory. Bearer groups and local cultural organizations helped to formulate the documentation. Thanks to an open tender, active participation of the communities has been ensured and the principle of considering bearers as the leaders of all associated actions, applied. During October and December 2014, a cycle of meetings was held to review progress and the commitments by the different institutions. Community members had contributed strongly with supporting documents. While it is important to note that funding for the first year of work has come from contributions by bearers and their communities, it may be necessary to establish a permanent fund for safeguarding activities by the Municipal Government of San Pedro Sacatepequez, San Marcos.

Viability and current risks

Although not explicitly stated, national inscription of the element and its inscription on the Urgent Safeguarding List appear to be part of efforts to increase visibility and awareness. Nevertheless, it has been reported that the main threat to the element remains to be the weakness in the mode of transmission using the Mam language. Conditions for survival of the element are also unfavourable due to insubstantial ties with the Ministry of Education. Moreover, over 36 years of internal armed conflict has not only inhibited bearer freedom of expression, with some having to practise the ceremony secretly but also led to migration which has added to safeguarding challenges of the element. Another threat is competition between local cultural organizations which want to adopt the leading role in safeguarding without prior consultation with the bearers. At the same time, the Ministry of Culture and the Municipality of San Pedro struggle to maintain the principle of active participation of the bearers in the decision-making. All of the above is a generator of social conflict. In addition, development projects, which can threaten plant genetic material important to Mayan communities and disputes over the granting of patents for such material, present further challenges.

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