Rapport périodique sur la Convention pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel

La Convention précise dans son Article 29 que les États parties présentent au Comité des rapports sur les dispositions législatives, réglementaires ou autres prises pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel sur leurs territoires. Cette page présente les rapports périodiques et les échéances pour un pays : Chili (voir la situation de tous les États parties).

Les rapports périodiques permettent aux États parties d’évaluer leur mise en œuvre de la Convention et leurs capacités de sauvegarde du patrimoine culturel immatériel, de faire rapport sur leurs inventaires du patrimoine culturel immatériel, et de mettre à jour le statut des éléments inscrits sur la Liste représentative.


Sur la mise en œuvre de la Convention

Chaque État partie soumet son rapport périodique au Comité avant le 15 décembre de la sixième année suivant la date à laquelle il a déposé son instrument de ratification, d’acceptation ou d’approbation, et tous les six ans par la suite.

Rapport soumis le 15/12/2014 et examiné par le Comité en 2015

Résumé

Le Conseil national de la culture et des arts (CNCA) est l’organe compétent principal pour mettre en œuvre la Convention de 2003, à travers sa Section du patrimoine culturel immatériel établie en 2012. Étant donné que la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel a une place centrale dans les politiques culturelles du Chili, la Section du patrimoine culturel immatériel se réunit chaque année depuis 2009 pour planifier différentes mesures juridiques destinées à soutenir les programmes et les initiatives visant à préserver le patrimoine vivant.
Le Centre de documentation (CDOC) du CNCA systématise les archives documentaires et bases de données liées à la conception des politiques de gestion et de promotion culturelles, et stocke la documentation liée au patrimoine culturel immatériel. Il fournit gratuitement des informations bibliographiques, un catalogue en ligne et des prêts gratuits entre bibliothèques aux institutions connexes, ainsi que l’accès à ses ressources avec inscription préalable.
Il y a plusieurs inventaires du patrimoine culturel immatériel au Chili. Parmi ceux-ci, l’Inventaire prioritaire du patrimoine culturel immatériel (administré par la Section du patrimoine culturel immatériel du CNCA) est une liste standardisée des dossiers de base contenus dans le Système d’information pour la gestion du patrimoine immatériel (SIGPA) inscrits suivant les domaines de la Convention de 2003, mais adaptés aux besoins locaux couvrant la phytothérapie traditionnelle, les techniques d’élevage et de pêche, les systèmes culinaires traditionnels et les techniques de construction traditionnelles. Cet inventaire est mis à jour et révisé annuellement par un comité d’experts, composé de membres d’institutions publiques et privées et d’organisations non gouvernementales, qui identifie également les éléments nécessitant des politiques de sauvegarde spéciales en raison de leur vulnérabilité. Certaines régions ont développé leurs propres inventaires avec des artistes et des praticiens établissant un inventaire des pratiques musicales traditionnelles, des fêtes populaires et de l’artisanat. Une Association territoriale, en coopération avec les populations autochtones Mapuche, a facilité la recherche et la documentation de leur patrimoine et les conclusions compilées à partir des enquêtes de terrain précédentes ont permis de créer un inventaire, avec le soutien technique de la Section du patrimoine culturel immatériel. Deux autres inventaires du patrimoine autochtone sont également en cours ; les pratiques coutumières en matière d’accès sont respectées.
Les mesures de sauvegarde prises comprennent la création d’un environnement institutionnel et législatif favorable, et la mise en place de stratégies appropriées pour : la recherche, l’identification, la restauration et la diffusion de ce patrimoine (par exemple, l’amélioration de l’information et du savoir sur l’identité de chaque région, la promotion de la diversité culturelle dans l’éducation formelle) ; et la sauvegarde du patrimoine culturel des peuples autochtones et des immigrants (par exemple, un inventaire des institutions liées à la culture traditionnelle et au folklore, des partenariats stratégiques avec les milieux universitaires et autochtones, la promotion des langues autochtones et la sensibilisation des jeunes sur leur patrimoine). La promotion du tourisme culturel est également considérée comme un moyen important de sauvegarde du patrimoine culturel immatériel associé à des sites du patrimoine matériel grâce à un partenariat entre l’autorité nationale du tourisme, l’Institut national du développement agricole et le secteur privé. Cela inclut le jumelage du patrimoine culturel immatériel lié au tourisme avec le développement régional, la formation des travailleurs culturels et l’amélioration des outils de gestion et de contrôle.
Parmi les mesures de sensibilisation, on citera l’organisation de séminaires internationaux sur le patrimoine culturel immatériel et l’éducation, le tourisme et la culture, et l’élaboration d’inventaires et de dossiers de candidature, la publication d’environ 30 livres et la réalisation de 43 enregistrements audiovisuels des « Trésors humains vivants » et d’autres documents audiovisuels, y compris les films documentaires qui sont disponibles sur le site du CNCA. En outre, depuis 2013, des projets ont été lancés pour protéger les praticiens du Chi à Chilele (chant poétique) en les réunissant pour partager leurs savoirs et expériences. Le centre d’extension du CNCA a également organisé plusieurs expositions pertinentes et d’autres activités artistiques depuis 2011.
« Détenteurs de traditions » est un programme éducatif conçu pour intégrer l’enseignement sur le patrimoine culturel immatériel dans les programmes scolaires. Lancé en 2010 par les sections de l’éducation artistique et du patrimoine culturel immatériel du CNCA, il vise à diffuser les savoirs et expériences des praticiens vivants aux jeunes par la création d’espaces, l’élaboration de stratégies pour l’enseignement en salle de classe et l’intégration d’un module d’atelier dans les heures de classe ou dans le cadre d’un programme parascolaire. Le programme connexe « Trésors humains vivants », initié en 2009, vise à reconnaître les personnes et les communautés qui sont des praticiens représentatifs des éléments du patrimoine culturel immatériel et de leur transmission, et à leur accorder un soutien financier. Jusqu’en 2012, environ 100 ateliers « Détenteurs de tradition » ont été organisés dans tout le pays et environ 40 ateliers sur la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel se sont déroulés avec approximativement 800 bénéficiaires, y compris des fonctionnaires, agents culturels, étudiants, artistes et praticiens.
Afin de fournir une aide financière pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel, le CNCA a mis en œuvre le Programme de diffusion du Fonds du patrimoine culturel en 2013. Il offre un financement intégral ou partiel à des projets qui favorisent l’identification, la documentation, la recherche, la préservation, la protection, la valorisation et la transmission (par l’éducation formelle et informelle) du patrimoine culturel immatériel.
S’agissant de la coopération bilatérale, sous-régionale, régionale et internationale, le Chili travaille sur le « Projet multinational pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel des communautés Aymara en Bolivie, au Pérou et au Chili » (coordonné par le centre de catégorie 2 CRESPIAL) qui se concentre sur les expressions orales et musicales, et les savoirs traditionnels (art textile et technique agricole). Depuis 2006, le Chili a été un membre actif du CRESPIAL et préside actuellement son Conseil exécutif. Le CNCA a également travaillé sur le soutien au patrimoine culturel des communautés immigrées à Santiago et, par exemple, a coopéré avec le Ministère péruvien de la culture sur l’élément Seigneur des Miracles. Le Chili coopère également dans le projet de 13 pays sur l’Univers culturel des populations d’ascendance africaine visant à développer des politiques (entre les pays membres du CRESPIAL) pour la sauvegarde du patrimoine culturel d’ascendance africaine.
Le Chili a un élément inscrit sur la Liste représentative, le baile chino (2014). Cet élément a été inscrit lors de la neuvième session du Comité, en novembre 2014, quelques jours seulement avant la date limite statutaire pour la soumission du rapport périodique pour le cycle 2015. Pour cette raison, il est prévu qu’un rapport sur cet élément soit inclus dans le prochain rapport du Chili en 2020 ; toutefois, le Chili a déjà élaboré son rapport à ce sujet dans le rapport pour le cycle actuel. En outre, la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel des communautés Aymara de la Bolivie, du Chili et du Pérou a été sélectionnée en 2009 pour être inscrite au Registre des meilleures pratiques de sauvegarde.

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