Décision du Comité intergouvernemental : 20.COM 7.B.51

Le Comité

  1. Rappelant l’inscription initiale de « Sekishu-Banshi : fabrication de papier dans la région d’Iwami de la préfecture de Shimane » (soumise par le Japon) par la quatrième session du Comité en 2009 (décision COM 13.56) et l’inscription, sur une base élargie en tant qu’extension nationale, du « washi, savoir-faire du papier artisanal traditionnel japonais » sur la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité par la neuvième session du Comité en 2014 (décision 9.COM 10.22),
  2. Prend note que le Japon a proposé la candidature du washi, savoir-faire du papier artisanal traditionnel japonais (n  02291) pour inscription sur une base élargie en tant qu’extension nationale, sur la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité :

Le savoir-faire du washi fait référence à la pratique traditionnelle de fabrication du papier à la main à partir de fibres de mûrier à papier. Les fibres sont d’abord séparées, puis trempées dans l’eau claire de la rivière afin de les épaissir, avant d’être filtrées à l’aide d’un tamis en bambou. Ce papier traditionnel fait à la main est utilisé non seulement pour la correspondance, les livres et les documents, mais aussi pour la décoration intérieure, notamment pour fabriquer des panneaux shoji, des cloisons de séparation et des portes coulissantes. De nombreux membres des communautés praticiennes contribuent au processus, assumant des rôles allant de la culture et de la récolte du mûrier à la création de nouveaux produits washi pour promouvoir l’artisanat au niveau national et à l’étranger.

  1. Considère que, d’après les informations contenues dans le dossier, la candidature satisfait aux critères d’inscription sur la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité comme suit :

R.1 :  Les connaissances et le savoir-faire associés à la fabrication du papier Washi sont transmis à trois niveaux : au sein des familles d’artisans Washi, par le biais d’associations de préservation et par les municipalités locales. Les familles pratiquantes et leurs employés travaillent et apprennent auprès des maîtres du Washi, qui ont eux-mêmes hérité des techniques de leurs parents. Les membres de la communauté sont fiers de la tradition de la fabrication du Washi et la considèrent comme un symbole de leur identité culturelle. Les communautés étant généralement composées de personnes directement impliquées dans la pratique ou étroitement liées à celle-ci, l’artisanat favorise également la cohésion sociale.

R.2 :  Cet élément illustre l’interdépendance entre la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel et le développement durable. Les techniques appliquées à la production de Washi incarnent la durabilité, puisque le papier fait à la main est fabriqué sans surexploitation des plantes utilisées comme matières premières. L’élément promeut également l’égalité des genres en mettant l’accent sur le rôle des femmes, qui constituent la majorité des membres de la communauté concernés par l’extension. En outre, le dossier de candidature démontre clairement comment l’extension augmentera la visibilité et la sensibilisation à l’importance du patrimoine culturel immatériel en tant que source de sagesse traditionnelle dans le monde contemporain. Il met en lumière l’impact positif de l’extension sur l’appréciation de la diversité culturelle et la promotion du dialogue entre les communautés qui partagent l’histoire de la fabrication traditionnelle du papier et de ses utilisations.

R.3 :  La viabilité de l’élément a été assurée par les communautés et les associations d’artisans, avec le soutien juridique du gouvernement et des subventions financières pour leurs plans de sauvegarde annuels. L’État partie a travaillé en étroite collaboration avec les groupes concernés pour intégrer ces plans dans l’élément élargi. L’association pour la préservation du papier Echizen Torinoko Ganpi élabore actuellement ses plans de sauvegarde pour les activités destinées à transmettre la technique et à réaliser diverses activités telles que des séminaires de formation, des recherches sur les matières premières, la culture du ganpi, l’achat d’outils nécessaires à l’artisanat, des démonstrations publiques ainsi que des expositions.

R.4 :  Le dossier démontre que les nouvelles communautés rejoignant la candidature, motivées par l’inscription originale, ont participé activement à toutes les étapes de la préparation de la candidature élargie. Ces communautés ont travaillé en étroite collaboration avec les organismes gouvernementaux et les autres communautés washi pour assurer l’uniformité et la collaboration, jouant un rôle central dans la planification, la consultation et la rédaction du dossier de candidature. Une documentation écrite du consentement libre, préalable et éclairé est par ailleurs fournie.

R.5 :  L’élément a été inclus dans l’inventaire japonais des biens culturels immatériels en 2017. Cet inventaire est mis à jour chaque année de sorte à refléter les changements dans la viabilité ou l’état des éléments, y compris les nouveaux ajouts.

  1. Décide d’inscrire le washi, savoir-faire du papier artisanal traditionnel japonais sur la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité, en prenant note que la présente candidature est une inscription sur une base élargie qui intègre et remplace « le washi, savoir-faire du papier artisanal traditionnel japonais» (n 01001), précédemment inscrit en 2014 ;
  2. Félicite l’État partie pour son dossier minutieusement préparé, qui démontre un souci d’inclusion et de prise en compte des autres communautés du pays de manière éthique et transparente.

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