Le Comité
- Prend note que le Togo a proposé la candidature de la prise de la pierre sacrée ou les rites du nouvel an en pays Guin au Togo (n 02241) pour inscription sur la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité :
Les rites du Nouvel An sont une série d’une vingtaine de rituels pratiqués annuellement par le peuple Guin du sud du Togo, pendant sept mois, pour honorer les divinités et les ancêtres. Ces rituels suivent un calendrier lunaire et se déroulent chaque année à la même période. La nouvelle année est marquée par le rite le plus important, « l’Ekpéssosso », qui consiste à prendre une pierre sacrée. Parmi les autres rituels importants, citons le « Yêkê-Yêkê », un repas commun, et le « Kpanchonchon », un défilé animé au cours duquel les personnes se peignent le visage et le corps et interprètent des chants et des discours expressifs.
- Considère que, d’après les informations contenues dans le dossier, la candidature satisfait aux critères d’inscription sur la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité comme suit :
R.1 : Les rites sont dirigés par les chefs de la communauté, notamment les rois, les chefs de district, les prêtres et les prêtresses. Un groupe de femmes initiées, appelées « guin-yehuesi », gère de nombreuses tâches rituelles et dirige les cérémonies, tandis que les hommes sont chargés d’assurer la sécurité physique et spirituelle des lieux sacrés. Les connaissances et les compétences correspondantes - y compris les chants, les prières et les traditions - sont transmises par les gestes, la musique et les récits. L’initiation se déroule sur une période de trois mois dans le secret des sanctuaires. Les artisans créent également des colliers colorés et d’autres objets de cérémonie. Ces rites remplissent de nombreuses fonctions sociales, notamment la guérison, les loisirs et la promotion du bien-être de la communauté. Les praticiens les considèrent comme un élément clé de leur identité culturelle.
R.2 : Le dossier de candidature démontre clairement comment cet élément favorise le développement durable et comment son inscription garantirait la visibilité et la sensibilisation à l’importance du patrimoine culturel immatériel. Les rites contribuent à la durabilité de l’environnement et protègent la faune, car ils marquent une période d’interdiction de la pêche et de la chasse dans les zones protégées, garantissant ainsi des conditions terrestres et aquatiques intactes pour la reproduction de la faune. Cela contribue également à la sécurité alimentaire. L’égalité des genres est encouragée, les rites pouvant être conduits par des hommes ou des femmes, bien qu’ils soient le plus souvent effectués par ces dernières. La cohésion sociale et le rétablissement de la paix sont encouragés par des rites de réconciliation, notamment un repas de communion.
R.4 : L’État partie soumissionnaire a démontré la participation de la communauté aux deux étapes du processus de candidature. La première étape consistait à rencontrer les grands prêtres les plus importants des divinités. La deuxième étape a consisté en une réunion élargie aux autorités locales et aux chefs traditionnels des différentes localités concernées par l’influence spirituelle des divinités. Toutes les autorités administratives, politiques et religieuses consultées ont accueilli favorablement l’initiative et se sont déclarées prêtes à la soutenir. D’autres parties prenantes ont également contribué à la finalisation du dossier de candidature en fournissant des vidéos, des photographies ainsi que des documents écrits.
R.5 : L’élément a été inclus dans l’inventaire national du patrimoine culturel immatériel en 2021. La mise à jour de l’inventaire relève de la responsabilité du Ministère de la culture, qui publie régulièrement des décrets ajoutant des éléments à la liste. Les descriptions des éléments peuvent être révisées à tout moment si les communautés concernées en font la demande. L’approche participative du processus permet à la population de participer à l’enregistrement et à la révision de la liste. La sélection finale est effectuée par un groupe composé de spécialistes et de représentants de la communauté.
- Considère en outre que, d’après les informations contenues dans le dossier et fournies par l’État partie soumissionnaire dans le cadre du processus de dialogue, la candidature satisfait au critère suivant d’inscription sur la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité :
R.3 : L’État partie soumissionnaire a présenté une série de mesures de sauvegarde, notamment de nature juridique, institutionnelle et promotionnelle, qui contribuent à la sauvegarde de l’élément. Le dossier de candidature démontre le rôle des communautés dans la planification et la mise en œuvre des mesures de sauvegarde, indiquant que les communautés se sont profondément engagées à assurer la viabilité des rites et des rituels grâce à des traditions profondément enracinées et bien établies qui garantissent la transmission de l’élément. En outre, l’État partie soumissionnaire indique que les municipalités qui accueillent les rites ont bénéficié du projet de développement des sites culturels connexes, en fournissant des infrastructures, des musées, des boutiques de souvenirs, des lieux de restauration et des services aux visiteurs dans le but de promouvoir l’élément et d’en accroître la visibilité. Des mesures adéquates sont prévues pour atténuer les risques éventuels de décontextualisation de l’élément en raison du développement touristique.
- Décide d’inscrire la prise de la pierre sacrée ou les rites du nouvel an en pays Guin au Togo sur la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité.