Décision du Comité intergouvernemental : 20.COM 7.B.44

Le Comité

  1. Prend note que le Tadjikistan a proposé la candidature de la culture de la préparation du sumanak/sumalak (n  02336) pour inscription sur la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité :

Le sumanak est un plat spécial préparé traditionnellement pendant le festival de Navruz. Il est fabriqué à partir de blé germé, de beurre et de farine, symbolisant l’éveil de la nature et la renaissance. Les germes de blé, appelés « sabza », représentent la vie nouvelle au printemps. Le processus consiste à laver, torréfier et écraser le blé, puis à faire bouillir le jus pendant une période pouvant aller jusqu’à dix heures. Il existe plusieurs types de sumanak, dont la préparation varie légèrement. La fabrication du sumanak est une activité commune, généralement réalisée par un groupe de femmes qui se relaient pour remuer la marmite tout en chantant des chants traditionnels et en dansant.

  1. Considère que, d’après les informations contenues dans le dossier, la candidature satisfait aux critères d’inscription sur la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité comme suit :

R.1 :  Les hommes aident à préparer le sumanak en allumant le feu et en portant les objets lourds. Le plat est cuit dans de grands chaudrons et est partagé avec de nombreuses personnes. Les connaissances et le savoir-faire associés au sumanak sont transmis au sein des familles, dans les écoles et à l’occasion de manifestations culturelles. Les gens partagent également des recettes et des vidéos en ligne, perpétuant ainsi la tradition. Pour les communautés pratiquantes, le sumanak est associé à la célébration, à l’unité, à la bonne fortune et à la prospérité. Riche en vitamines et en nutriments, il contribue à la santé ainsi qu’au bien-être, en particulier des enfants et des femmes enceintes. En rassemblant les gens pour préparer et partager le plat, le sumanak renforce également les liens sociaux et favorise l’inclusion.

R.3 :  Les mesures de sauvegarde sont bien élaborées, appropriées et témoignent d’un engagement clair de la part des communautés et des autorités. Elles se concentrent sur la transmission, la documentation, la sensibilisation et la célébration de l’élément. L’État a joué un rôle central dans l’établissement de cadres juridiques et techniques pour la protection et la promotion de l’élément, afin de garantir qu’il reste viable et durable.

R.4 :  Le processus de candidature a été lancé par l’État, qui a mis en place un groupe de travail pour élaborer le dossier de candidature, composé d’experts des ministères et agences concernés, ainsi que des individus et des représentants des communautés concernés. Le groupe s’est réuni à plusieurs reprises et a effectué des visites ainsi que du travail de terrain au sein de villes et villages sélectionnés. Des réunions avec des groupes de femmes et de jeunes filles ont également été organisées. Des spécialistes de la culture locale ont également apporté leur soutien à la candidature. Le consentement des individus et des groupes est documenté par des supports audiovisuels et écrits.

R.5 :  L’élément a été inclus dans la liste de l’inventaire national du patrimoine culturel immatériel en 2013. L’inventaire est géré et mis à jour tous les trois ans par l’Institut de recherche sur la culture et l’information, avec la participation active de diverses parties prenantes, notamment des organismes publics, des organisations non gouvernementales, des médias étatiques et non étatiques, des chercheurs en sciences humaines et des artisans individuels.

  1. Considère en outre que, d’après les informations contenues dans le dossier et fournies par l’État partie soumissionnaire dans le cadre du processus de dialogue, la candidature satisfait au critère suivant d’inscription sur la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité :

R.2 :  Le dossier de candidature démontre comment cet élément favorise le développement durable et comment son inscription permettrait de sensibiliser à l’importance du patrimoine culturel immatériel, en encourageant un dialogue respectueux de la diversité culturelle ainsi qu’en promouvant la créativité humaine. Le dossier indique clairement que l’élément contribue aux exigences du développement durable en ce qui concerne l’agriculture non industrielle en tant que tradition culinaire symbolique, saisonnière et inclusive qui incarne le patrimoine commun, les valeurs de santé, la coopération entre les genres et la transmission intergénérationnelle.

  1. Décide d’inscrire la culture de la préparation du sumanak/sumalak sur la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité.

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