Décision du Comité intergouvernemental : 20.COM 7.B.37

Le Comité

  1. Prend note que le Qatar, le Bahreïn, l’Iraq, la Jordanie, le Koweït, Oman, l’Arabie saoudite, la République arabe syrienne et les Émirats arabes unis ont proposé la candidature du bisht (abaa pour hommes) : savoir-faire et pratiques (n  02233) pour inscription sur la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité :

Le bisht est un vêtement extérieur traditionnel porté par les hommes lors d’occasions spéciales telles que les naissances, les mariages, les funérailles, les cérémonies et les festivals. Ce long vêtement, qui est porté par-dessus les vêtements ordinaires, est drapé sur les épaules, enveloppé sur la poitrine et tenu d’un côté, laissant la main droite libre pour les salutations. Le style varie en fonction de la région, de la saison et de l’heure de la journée. Le vêtement est fabriqué à partir de matériaux naturels tels que la laine et les poils de chameau ou de chèvre.

  1. Considère que, d’après les informations contenues dans le dossier, la candidature satisfait aux critères d’inscription sur la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité comme suit :

R.1 :  Des artisans qualifiés, hommes et femmes, participent au processus de production, qui comprend le filage, la teinture, le tissage et la confection. Les bords sont soigneusement brodés à la main autour de l’encolure et jusqu’à la moitié du vêtement, à l’aide de fils de soie fins ou de fils recouverts d’or et d’argent. Les connaissances et le savoir-faire associés à la fabrication, au port et à la préservation du bisht sont transmis de manière informelle au sein des familles et des ateliers, ainsi que de manière formelle par le biais d’écoles et d’instituts spécialisés dans les arts et les vêtements traditionnels. Le vêtement revêt une signification sociale et culturelle profonde pour les communautés qui pratiquent la tradition, et est perçu comme un symbole de respect, de protection et, dans certains cas, de statut social et de leadership. Il relie également les gens à leur identité culturelle tout en favorisant l’harmonie sociale et le partage du patrimoine culturel.

R.2 :  Les États parties soumissionnaires démontrent de manière constante comment l’élément contribue au développement durable et comment son inscription garantirait la visibilité et la sensibilisation à l’importance du patrimoine culturel immatériel. Intégré dans les programmes d’études consacrés au design, à la décoration et à la broderie, l’élément contribue à une éducation de qualité. En tant que travail collaboratif entre hommes et femmes il favorise le dialogue, l’égalité des genres ainsi que la cohésion sociale. Il assure également un développement économique inclusif, en offrant des opportunités d’emploi et des revenus équitables à divers groupes, individus et communautés. Sur le plan environnemental, l’utilisation de matériaux naturels et d’énergies respectueuses de l’environnement contribue à la durabilité. Enfin l’élément renforce l’esprit d’innovation et de créativité, représentant la diversité culturelle.

R.3 :  Les mesures de sauvegarde sont étendues, intégrées et mises en œuvre dans tous les États parties grâce à la collaboration entre les gouvernements, les communautés, les organisations non gouvernementales et les individus concernés. Ces mesures incluent des activités de documentation, la préservation par le biais de musées ethnographiques et l’inventaire de l’élément. D’autres mesures sont décrites en fonction des caractéristiques spécifiques de chaque État partie, dans le but d’améliorer la visibilité de l’élément dans ses contextes respectifs. Il peut s’agir d’incitations financières, d’intégration dans les programmes d’études, de diffusion, de festivals et de publications, entre autres initiatives.

R.4 :  La candidature a été préparée dans le cadre des activités de documentation axées sur l’élément, qui était l’une des priorités pour la reconnaissance internationale. Suite à une initiative du Qatar en 2021, une consultation multinationale concernant la candidature a été discutée lors de plusieurs réunions tenues dans chaque État partie. En 2023, une réunion générale virtuelle a été organisée, à laquelle ont participé des représentants de tous les États concernés. Cette démarche a été suivie d’une série de réunions et de discussions dans chaque État, qui ont abouti à la création d’un groupe de travail composé de praticiens, d’experts, d’agences gouvernementales et d’organisations non gouvernementales. Enfin, deux réunions physiques ont été organisées, en 2023 et 2024, réunissant plusieurs parties prenantes pour affiner et valider les données relatives à la candidature.

R.5 :  Le dossier de candidature énumère les noms des inventaires dans lesquels l’élément est inclus dans chaque État partie, ainsi que des informations sur les organismes responsables respectifs, les numéros de référence pertinents et les dates d’inclusion (entre 2012 et 2024). Des informations sur la mise à jour et la périodicité de ces inventaires, sont fournies dans les rapports périodiques présentés par le Bahreïn, l’Iraq, la Jordanie, le Koweït, Oman, le Qatar, l’Arabie saoudite, la République arabe syrienne et les Émirats arabes unis. La périodicité varie de un à cinq ans, ou selon la nécessité d’inclure ou de réviser des éléments dans chaque État partie. Dans tous les cas, les communautés, les groupes et les organisations non gouvernementales participent activement aux processus.

  1. Décide d’inscrire le bisht (abaa pour hommes) : savoir-faire et pratiques sur la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité ;
  2. Félicite les États parties pour leur collaboration exemplaire dans la promotion de la reconnaissance d’un élément culturel partagé.

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