Le Comité
- Prend note que le Kirghizistan a proposé la candidature des connaissances traditionnelles et contextes culturels de la fabrication du maksym, une boisson traditionnelle kirghize (n 02123) pour inscription sur la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité :
Le maksym est une boisson fermentée épaisse, souvent consommée au sein des communautés locales au Kirghizistan et appréciée pour ses qualités nutritives. Le processus de préparation consiste à faire griller de la farine (généralement de blé, d’orge ou de maïs) dans de la graisse de mouton, à la mélanger avec de l’eau et du sel, puis à la laisser fermenter pendant plusieurs heures à l’aide de cultures naturelles. Bien que les femmes préparent traditionnellement le maksym et que les hommes rassemblent les ingrédients, ces rôles sont flexibles et varient d’un foyer à l’autre. Les variations régionales reflètent les climats et les ingrédients locaux.
- Considère que, d’après les informations contenues dans le dossier, la candidature satisfait aux critères d’inscription sur la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité comme suit :
R.1 : Les connaissances et les savoir-faire associés sont transmis au sein des familles, notamment par les femmes âgées. Ils peuvent également être acquis par le biais de préparations de groupe, ou encore lors de festivals et d’événements communautaires dans les zones rurales et les villes. Le maksym est également enseigné au sein d’écoles professionnelles et promu par le biais de livres, de blogs et de films. Des organisations, des universitaires et des détenteurs de savoirs traditionnels collaborent à la sauvegarde et à la promotion de cette pratique. Le maksym est apprécié par des personnes de tous âges, de toutes origines et de toutes régions. Il joue un rôle précieux en rassemblant les gens et en exprimant à la fois l’attention et l’hospitalité. Les cultures utilisées pour la fermentation ont une signification symbolique, représentant la prospérité et la poursuite de la tradition. Une bénédiction commune exprimée lors de sa préparation, « Que la culture ne vous manque jamais », témoigne de sa profonde importance et de son rôle unificateur dans la société.
R.2 : Profondément ancré dans la vie quotidienne, cet élément reflète un lien étroit entre la communauté et l’environnement naturel, et contribue à divers aspects du développement durable. La production de maksym est écologiquement durable, utilisant des ingrédients biologiques et respectant les écosystèmes locaux. Les connaissances traditionnelles associées à cet élément contribuent à la sécurité alimentaire ainsi qu’à la santé, en particulier dans les communautés rurales et nomades, qui ont un accès limité aux systèmes de soins de santé conventionnels. L’existence de microentreprises dirigées par des femmes et axées sur la commercialisation du maksym témoigne de sa contribution à l’économie familiale et à l’autonomie des femmes, favorisant l’égalité des genres et le développement économique inclusif. L’inscription de l’élément pourrait stimuler la protection des systèmes de connaissance locaux, en particulier ceux liés aux pratiques agricoles.
R.3 : Le plan de sauvegarde a été élaboré par un groupe de travail composé de plusieurs parties prenantes. Ce plan vise à élargir l’inclusion de l’élément dans les programmes éducatifs au niveau national et à promouvoir la transmission de connaissances innovantes par le biais d’ateliers, de démonstrations et d’outils numériques. Il concerne les domaines suivants : (a) l’identification, la documentation et la recherche ; (b) la sauvegarde (y compris la prévention d’une commercialisation excessive) ; et (c) la promotion. Les communautés jouent un rôle crucial dans la sauvegarde des méthodes de préparation traditionnelles et de l’importance culturelle de l’élément.
R.4 : Lancé par un groupe de praticiens lors de l’atelier sur le patrimoine culturel immatériel en 2018, le processus de candidature s’est fondé sur un processus large et inclusif, impliquant l’engagement actif de praticiens locaux, de femmes, de chercheurs universitaires, d’organisations non gouvernementales et d’organismes gouvernementaux. Depuis 2019, ce groupe travaille en étroite collaboration avec le Comité national du patrimoine culturel immatériel pour préparer la candidature et compiler des vidéos, des manuscrits, des photographies et d’autres informations relatives à l’élément. Des réunions, des tables rondes et des activités de recherche et de documentation ont ainsi été organisées. Des communautés de sept provinces du pays ont participé aux discussions tout au long de ce processus. Des plateformes numériques telles que WhatsApp et Telegram ont été utilisées pour surmonter les obstacles logistiques et garantir ainsi une large participation au processus.
R.5 : L’élément a été inclus dans l’inventaire national des éléments du patrimoine culturel immatériel de la République kirghize en 2008. Cet inventaire est géré par le Ministère de la culture, de l’information, des sports et de la politique de la jeunesse de la République kirghize et est mis à jour tous les trois ans, sur la base des informations reçues des communautés, des experts, des organisations non gouvernementales et d’autres groupes.
- Décide d’inscrire les connaissances traditionnelles et contextes culturels de la fabrication du maksym, une boisson traditionnelle kirghize sur la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité ;
- Félicite l’État partie pour son utilisation créative et efficace des médias numériques afin de préparer et de compiler la documentation requise pour la candidature.