Le Comité
- Prend note que l’Italie a proposé la candidature de la cuisine italienne, entre durabilité et diversité bioculturelle (n 02093) pour inscription sur la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité :
Fusion culturelle et sociale autour des habitudes alimentaires, l’élément est associé à l’utilisation de matières premières et de techniques artisanales de préparation des aliments. Il s’agit d’une activité commune qui met l’accent sur l’intimité avec la nourriture, le respect des ingrédients et les moments partagés autour de la table. Cette pratique s’appuie sur des recettes anti-gaspillage et sur la transmission de saveurs, de savoir-faire et de souvenirs d’une génération à l’autre. C’est un moyen de se rapprocher de la famille et de la communauté, que ce soit à la maison, à l’école ou dans le cadre de festivals, de cérémonies et de rassemblements sociaux.
- Considère que, d’après les informations contenues dans le dossier, la candidature satisfait aux critères d’inscription sur la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité comme suit :
R.2 : L’État partie soumissionnaire démontre de manière constante que l’élément contribue à divers aspects du développement durable, en mettant particulièrement l’accent sur l’égalité des genres, la paix et la cohésion sociale. En tant que pratique multigenre, avec des rôles parfaitement interchangeables, la cuisine remplit une fonction inclusive, permettant à chacun de profiter d’une expérience individuelle, collective et continue d’échange, dépassant toutes les barrières interculturelles et intergénérationnelles. Elle contribue également à la durabilité environnementale, car elle repose sur la prévention du gaspillage alimentaire et la réduction de la consommation des ressources naturelles, de la pollution et du transport des marchandises.
R.3 : Le dossier de candidature démontre de manière détaillée et convaincante que des mesures de sauvegarde ont été mises en place afin de protéger et de promouvoir l’élément. Le dossier de candidature témoigne en outre des efforts considérables déployés par les communautés au cours des soixante dernières années, en particulier par des organismes représentatifs clés tels que l’Accademia Italiana della Cucina, la fondation Casa Artusi et le magazine La Cucina Italiana. Il met également en lumière l’engagement actif de l’État partie, lequel se concrétise par le biais d’un soutien législatif et de mesures de politique culturelle. Les mesures de sauvegarde proposées sont diverses et bien formulées, et portent sur la transmission, la durabilité, l’inclusion ainsi que sur l’innovation. Parmi les initiatives spécifiques, on peut citer le projet « Manifesto », qui vise à assurer un échange culturel mondial; le projet « Zero-waste living » (« une vie sans gaspillage »), conçu pour relier le patrimoine culinaire à la durabilité environnementale par le biais de l’éducation scolaire ; des projets intergénérationnels reliant les pratiques culinaires familiales et professionnelles ; et des initiatives visant à assurer l’inclusion entre les générations, les capacités et les cultures, affirmant le rôle de l’élément dans la promotion de la cohésion et de la créativité.
R.4 : La section concernée démontre clairement que la candidature de l’élément a été soumise avec une large participation des communautés, groupes et individus concernés, sur la base de leur consentement libre, préalable et éclairé. Depuis la candidature initiale en 2018, soumise pendant la pandémie de COVID-19, les communautés ont reconnu l’importance de l’élément pour assurer la cohésion sociale. En 2020, un groupe de travail composé de détenteurs et de praticiens a été créé pour définir l’élément, jouant un rôle actif dans la rédaction du dossier. La déclaration suivante, en particulier, offre un aperçu intéressant du processus de préparation du dossier de candidature : « Ils ont publié en ligne un projet de dossier dans une version ‘wiki’, c’est-à-dire une version qui peut être éditée et intégrée par toute personne intéressée. Ainsi, tous les praticiens de l’élément, partout en Italie et dans le monde, ont pu contribuer à la première version du dossier, qui a été élaborée collectivement, selon un mode ouvert, inclusif et transparent. »
- Considère en outre que, d’après les informations contenues dans le dossier et fournies par l’État partie soumissionnaire dans le cadre du processus de dialogue, la candidature satisfait aux critères suivants d’inscription sur la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité :
R.1 : Des personnes de tous âges et de tous genres y participent, échangeant des recettes, des suggestions et des histoires, les grands-parents transmettant souvent les recettes de plats traditionnels à leurs petits-enfants. Les connaissances et le savoir-faire associés à cet élément sont transmis de manière informelle au sein des familles, et de manière formelle dans les écoles et les universités. Outre le fait de cuisiner, les praticiens considèrent l’élément comme un moyen de prendre soin de soi et des autres, d’exprimer son amour et de redécouvrir ses racines culturelles. Il permet aux communautés de partager leur histoire et de décrire le monde qui les entoure. Il contribue également à la sauvegarde d’expressions culturelles spécifiques, telles que la langue et les gestes. Cette pratique favorise ainsi l’inclusion sociale tout en promouvant le bien-être et en offrant un canal pour l’apprentissage tout au long de la vie et entre les générations. Elle renforce en outre les liens, encourage le partage et favorise le sentiment d’appartenance.
R.5 : L’élément a été inscrit à l’inventaire national du patrimoine agroalimentaire italien (INPAI) en 2022. L’objectif de cet inventaire est d’identifier, de répertorier et de documenter les éléments culturels liés aux pratiques agroalimentaires traditionnelles italiennes que les communautés reconnaissent comme faisant partie de leur patrimoine immatériel. Cet inventaire est tenu à jour par le Ministère des politiques agricoles, alimentaires et forestières (qui, depuis octobre 2022, s’appelle Ministère de l’agriculture, de la souveraineté alimentaire et de la forêt) et est mis à jour deux fois par an à la demande des communautés locales par un groupe de travail national conjoint. Les éléments nouvellement enregistrés ou mis à jour sont intégrés dans la base de données et publiés tous les deux ans.
- Décide d’inscrire la cuisine italienne, entre durabilité et diversité bioculturelle sur la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité.