Decision of the Bureau : 10.COM 2.BUR 5.3

Le Bureau,

  1. Rappelant le chapitre V de la Convention et le chapitre I des Directives opérationnelles,
  2. Ayant examiné le document ITH/15/10.COM 2.BUR 5 ainsi que le dossier n  00912,
  3. Prend note que le Togo a demandé une assistance internationale pour l’Inventaire, sauvegarde et valorisation des savoir-faire de la facture et de la pratique des instruments de musique traditionnels du Togo. Phase pilote dans la région maritime, sud Togo:

Le dernier inventaire général du patrimoine culturel immatériel réalisé en 2011 a révélé d’importants éléments et savoir-faire qui ne sont pas suffisamment documentés et nécessitent un travail plus poussé afin d'initier et mettre en place des actions de sauvegarde. Cela concerne notamment les savoir-faire liés à la facture et à la pratique des instruments de musique traditionnels et les danses qui y sont associées pour lesquels certaines communautés, dont les villages de Yohonou et Amégran (sud Togo) avaient demandé la mise en place d’une stratégie de sauvegarde. En effet, la viabilité de la plupart de ces pratiques instrumentales et des savoir-faire liés à leur fabrication est en danger car la chaîne de transmission est menacée et il s’ensuit une disparition progressive des danses et instruments traditionnels des cérémonies traditionnelles. Le projet vise donc principalement la sauvegarde et la valorisation des savoir-faire liés à la facture et à la pratique des instruments traditionnels de musique dans les communautés en vue de la pérennisation des pratiques associées. Il permettra d’établir un inventaire portant notamment sur la description et la catégorisation des instruments en question, les phases de fabrication, les fonctions socio-culturelles de leur utilisation. La mise en œuvre de cet inventaire inclura des jeunes des communautés qui seront spécialement formés à l’inventaire participatif. Les résultats seront mis sur supports audiovisuels et dans un répertoire illustré pour l’usage des chercheurs et autres acteurs ; une exposition documentée et des animations culturelles seront organisées dans la région. Toutes les initiatives serviront de base à l’élaboration d’actions de sauvegarde et de diffusion de ces savoir-faire et pratiques. Par ailleurs, le projet initiera des activités de revitalisation de la chaîne de transmission intergénérationnelle au sein des communautés en engageant les détenteurs dans la formation de jeunes praticiens et musiciens. Ce projet constitue une phase pilote dont les résultats serviront de base pour l’élaboration d’un projet qui s’étendra sur l’ensemble du territoire.

  1. Prend note en outre que cette assistance concerne l’appui à un projet conduit au niveau national visant à la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel, conformément à l’article 20 de la Convention, et qu’elle prend la forme de l’octroi d’un don, conformément à l’article 21 alinéa (g) de la Convention ;
  2. Prend également note que le Togo a demandé une allocation d’un montant de 24 950 dollars des États-Unis du Fonds du patrimoine culturel immatériel pour la mise en œuvre de ce projet ;
  3. Décide que, d’après l’information contenue dans le dossier nº 00912, la demande satisfait aux critères d’octroi de l’assistance internationale énoncés aux paragraphes 10 et 12 des Directives opérationnelles comme suit:
Critère A.1 : Le projet se base sur les besoins exprimés par les communautés concernées, qui avent saisi le Ministère de la culture au cours de l’inventaire général de 2011 pour demander la mise en place d’une stratégie de sauvegarde de la facture et de la pratique liées aux instruments traditionnels de musique. Le processus d’inventaire se veut inclusif et participatif en impliquant les communautés à la collecte et l’analyse des données ainsi qu’aux activités de diffusion. De plus, les communautés seront impliquées au niveau de la prise de décision car elles seront parties prenantes de l’équipe locale de projet.

Critère A.2 : Le montant de l’assistance demandée semble adapté aux activités proposées.

Critère A.3 : La demande a été élaborée par la Commission nationale du patrimoine culturel (CNPC) dont l’une des missions est la réalisation d’inventaires. Les activités ont été conçues en tenant compte des enseignements tirés de l’inventaire général de 2011. Elles sont structurées dans une séquence logique et cohérente de huit étapes. Elles répondent aux objectifs et résultats escomptés du projet et sont planifiées selon un calendrier qui paraît réalisable dans les délais impartis.

Critère A.4 : La viabilité des résultats du projet semble être assurée. Ainsi, il est prévu que l’inventaire soit régulièrement mis à jour et diffusé aux différentes parties prenantes. De plus, les 30 jeunes qui vont être formés à la facture et à la pratique instrumentale assureront à leur niveau la pérennité de ces savoirs, ce qui contribue à garantir la viabilité du projet au niveau communautaire. Il en est de même des membres formés des équipes d’enquêteurs et de chercheurs qui participeront aux phases ultérieures du projet.

Critère A.5 : L’État partie contribuera à environ 53% du montant total du projet, ce qui constitue une preuve d’engagement conséquente des autorités nationales dans ce projet.

Critère A.6 : Le renforcement des capacités constitue l’un des résultats escomptés du projet à trois niveaux. Au niveau des communautés, des jeunes chercheurs issus des communautés bénéficieront d’une formation à l’inventaire participatif et constitueront à la fois une ressource humaine pour le Ministère de la culture et des personnes ressources auprès de leurs communautés respectives. D’autres jeunes des communautés seront quant à eux formés à la fabrication d'instruments traditionnels de musique afin de perpétuer le savoir-faire et la chaîne de transmission de ces techniques. De plus, au niveau des infrastructures, les musées communautaires verront leurs collections et expositions enrichies. Au niveau institutionnel, ce projet d’inventaire représente un chantier nouveau qui renforcera les capacités des membres du CNPC. Enfin, au niveau de la recherche, les étudiants-chercheurs qui participeront au projet acquerrons une expérience de terrain formatrice.

Critère A.7 : Le Togo a déjà bénéficié d’une assistance internationale d’un montant de 24 770 dollars des États-Unis pour la réalisation d’un inventaire général en 2010-2011. Le travail stipulé dans le contrat signé pour ce projet a été mené à bien conformément aux règlements de l’UNESCO.

Critère 10(a) : Le projet a une portée locale et implique des partenaires de mise en œuvre nationaux.

Critère 10(b) : Le projet constitue la phase pilote d’une initiative plus large visant l’ensemble du territoire. Après évaluation des résultats et révision de la méthodologie, le projet de mise en œuvre dans les cinq autres régions du Togo sera développé. De plus, il est attendu que la formation de jeunes à la facture instrumentale incite les musiciens professionnels togolais à se former à leur tour à ces instruments. Enfin, suite à l’exposition prévue, des expositions périodiques appuyées par le Fonds d’Aide à la culture (FAC) seront organisées tous les deux ans et ouvriront des perspectives de promotion pour les artistes locaux à travers des festivals de musique traditionnelle. En outre, le FAC sera sollicité pour le financement de la reproduction des DVD et du répertoire en grand nombre afin de les mettre à la disposition d’un plus large public. De même, le Ministère de la culture a initié une biennale des arts et de la culture dont la première édition est prévue pour 2016. L’exposition périodique va progressivement intégrer la biennale lorsque le projet sera exécuté dans l’ensemble des régions du pays.

  1. Décide d’approuver la demande d’assistance internationale du Togo pour l’Inventaire, sauvegarde et valorisation des savoir-faire de la facture et de la pratique des instruments de musique traditionnels du Togo. Phase pilote dans la région maritime, sud Togo(nº 00912) pour un montant de 24 950 dollars des États-Unis ;
  2. Prend note de l’expérience positive de l’assistance technique reçue par l’État partie pour la finalisation de cette demande et invite l’État partie à capitaliser sur le personnel ayant bénéficié directement de cette assistance ;
  3. Salue la prudence de l’État partie de commencer par une phase pilote et l’encourage, au terme de ce projet, à partager ses expériences et ses résultats avec la communauté internationale et tout autre pays intéressé ;
  4. Encourage en outre l’État partie à élaborer un plan de sauvegarde à long terme avec les communautés concernées s’appuyant sur les résultats du projet et à revitaliser le Comité national du patrimoine culturel immatériel à travers le personnel institutionnel formé dans le cadre du projet ;
  5. Demande au Secrétariat de se mettre d’accord avec l’État partie demandeur sur les détails techniques de l’assistance, en accordant une attention particulière à la budgétisation détaillée des activités prises en charge par le Fonds du patrimoine culturel immatériel ;
  6. Invite l’État partie à utiliser le formulaire ICH-04-Rapport pour rendre compte de l’utilisation de l’assistance accordée.

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