Le Laos réfléchit aux liens qui unissent patrimoine culturel immatériel et développement

[alt]

Depuis 2011, le Laos participe au programme régional de renforcement des capacités du patrimoine culturel immatériel (PCI). En 2016, le Département du Patrimoine a pu, grâce au financement du gouvernement japonais, à l’assistance technique fournie par l’UNESCO et sous l’égide du Ministère de l’information, de la culture et du tourisme, organiser un atelier sur l’élaboration de plans de sauvegarde du PCI et réaliser un inventaire pilote sur le terrain de six éléments du PCI, le tout dans la province de Luang Prabang. En sus de ces initiatives, des précédents ateliers organisés dans le cadre de la mise en œuvre de la Convention, des inventaires réalisés avec la participation des communautés et de la préparation des dossiers de candidatures, le Laos a organisé une mission pour mesurer le véritable impact des différentes politiques menées par le pays sur la sauvegarde du PCI. Les experts sélectionnés, le Dr Shubba Chaudhuri du Centre des archives et de la recherche pour l’ethnomusicologie (Inde) et le Dr Kriengkrai Watanasawad de l’université Thammasat (Thaïlande), se sont rendus à Vientiane, la capitale du pays, du 3 au 9 juin.

La réunion de lancement du 5 juin a donné l’opportunité aux différents participants d’échanger sur leur conception du PCI selon leurs contextes respectifs. Bien que la terminologie du PCI reste encore assez largement méconnue, de nombreuses initiatives de développement intégrant ou renvoyant aux savoirs locaux ont été mises en œuvre. Les entrevues très profondes menées entre les experts et les représentants des principaux ministères tels que celui de l’information, de la culture et du tourisme, des ressources naturelles et de l’environnement, de la santé, de l’intérieur ou encore les représentants de l’Union des femmes lao, ont permis de passer en revue de nombreuses lois et décrets dans le but de mettre en lumière les moyens existants de promotion d’un environnement favorable à la sauvegarde du PCI. Cette mission a aussi été l’occasion de passer en revue les moyens actuels de coopération régionale, tels que l’ANASE et sa déclaration. En parallèle, les experts ont trouvé quelques points d’entrée pour une collaboration inter-agences, largement abordés par la suite au cours du dernier jour de la mission, lors de la consultation. Parmi ces points d’entrée identifiés, on trouve les savoirs en matière de médecine traditionnelle, portés par le Ministère de la santé et le Ministère des ressources naturelles et de l’environnement, ainsi que les pratiques des minorités ethniques, portées par le Ministère de l’intérieur, l’Union des femmes lao, le front lao d’édification nationale et l’Université nationale du Laos.

Les futures recommandations des experts seront transmises à tous les ministères impliqués afin d’élaborer un plan d’action concret en lien avec le PCI et de développer les interventions des parties prenantes issues ou non du secteur de la culture.

Top