Date
01/02/1999 - 13/04/2024
Pays
Nouvelle-Calédonie

Le séminaire a eu lieu à Nouméa en février 1999. Douze participants de douze pays y ont pris part. Treize des quatorze pays qui ont reçu le questionnaire y ont répondu. C’est en fonction de ces réponses que les objectifs du séminaire ont été définis: identifier les voies et moyens de renforcer l’application de la Recommandation dans la région; formuler une stratégie régionale à long terme avec comme objectifs la sauvegarde, la revitalisation, la protection juridique, la transmission et la diffusion du patrimoine intangible du Pacifique. Chaque pays a présenté un bref rapport. Les pays qui venaient d’adhérer à l’UNESCO n’étaient pas au courant de la Recommandation.

Dans la région Pacifique, aucune distinction n’est faite entre les patrimoines intangible et tangible, bien que, pour les besoins de cette étude, tel soit le cas. Par ailleurs, une grande partie des peuples indigènes considèrent le mot folklore comme déplacé et péjoratif. Patrimoine culturel serait plus positif et utile. Le patrimoine intangible du Pacifique est resté essentiellement sans archives et est menacé par le rajeunissement de la population régionale et les problèmes économiques du secteur culturel. Les vestiges du colonialisme et ses effets continus sur la société représentent une autre menace importante sur le patrimoine intangible. On reconnaît fermement que les cultures traditionnelles sont un élément pertinent du développement durable.

Parmi les questions et préoccupations communes du séminaire, il faut noter:

  • La préservation et l’évolution du patrimoine intangible exigent la participation d’un grand nombre de parties intéressées (ONG, femmes, jeunes, personnes âgées et collectivités locales);
  • Les complexités du régime foncier et le système de copropriété aux niveaux clanique, local et national laissent entendre que tout système reposant sur le concept d’un ayant-droit unique serait grossièrement inadapté au concept de propriété culturelle intellectuelle dans les sociétés du Pacifique;
  • Les préoccupations actuelles à l’échelon international en matière d’exploitation de l’environnement ont incité les Etats de la région à ressusciter les méthodes traditionnelles de gestion de la terre et des mers.

On a aussi noté qu’il faudrait:

  • encourager les collectivités et autres intéressés à documenter ce patrimoine;
  • reconnaître l’importance des cultures traditionnelles dans le développement et la création de revenus;
  • reconnaître la menace que l’implantation de grandes entreprises fait peser sur l’accès de la collectivité aux matériaux utilisés dans des pratiques culturelles traditionnelles;
  • reconnaître que l’identité culturelle et le régime foncier sont inséparables;
  • établir des instruments juridiques (à présent non-existants à l’heure actuelle) et des lois sur la propriété intellectuelle (insuffisantes pour le moment) afin de protéger la culture communautaire.

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