Rapport périodique sur la Convention pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel

La Convention précise dans son Article 29 que les États parties présentent au Comité des rapports sur les dispositions législatives, réglementaires ou autres prises pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel sur leurs territoires. Cette page présente les rapports périodiques et les échéances pour un pays : République centrafricaine (voir la situation de tous les États parties).

Les rapports périodiques permettent aux États parties d’évaluer leur mise en œuvre de la Convention et leurs capacités de sauvegarde du patrimoine culturel immatériel, de faire rapport sur leurs inventaires du patrimoine culturel immatériel, et de mettre à jour le statut des éléments inscrits sur la Liste représentative.


Sur la mise en œuvre de la Convention

Chaque État partie soumet son rapport périodique au Comité avant le 15 décembre de la sixième année suivant la date à laquelle il a déposé son instrument de ratification, d’acceptation ou d’approbation, et tous les six ans par la suite.

Le rapport dû originellement le 15/12/2016 est à soumettre pour le 15/12/2019

Rapport soumis le 15/12/2010 et examiné par le Comité en 2011

Résumé

L’organe national en charge de la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel du pays est la Direction générale de la Culture et du Patrimoine (DGCP), à travers sa Direction du patrimoine culturel et ses services techniques, notamment ceux dédiés aux Traditions populaires et au Patrimoine immatériel. Cette organisation s’intègre dans l’organigramme du Ministère de la Jeunesse, des Sports, des Arts et de la Culture (MJSAC). Les services techniques peuvent être contactés par l’intermédiaire de la Direction générale de la Culture et du Patrimoine, au sein du ministère en charge de la culture. Un certain nombre de mesures législatives et réglementaires ont été mises en œuvre : la Loi No 06.002 du 10 mai 2006 portant sur la Charte culturelle de la République centrafricaine, le Décret No 09.383 du 20 novembre 2009 portant sur la Protection du patrimoine culturel de la République centrafricaine, l’Ordonnance No 0007MJSAC/CAB/SG/DGP/DCVP du 1er août 2003 portant sur l’Interdiction de l’exploitation et/ou l’exportation de la tradition orale des minorités culturelles de la République centrafricaine à des fins commerciales.
Jusqu’à ces dernières années, la République centrafricaine ne disposait pas d’institution spécialisée dans la formation à la gestion du patrimoine culturel, bien que le Département de muséographie de l’École nationale des arts proposât une formation élémentaire sur le sujet. Les quelques spécialistes et fonctionnaires du MJSAC ont fait des études supérieures spécialisées dans des instituts et des universités à l’étranger. Il y a quatre ans, l’Université de Bangui a ouvert un département d’anthropologie avec une section consacrée au patrimoine culturel qui se consacre plus à la recherche qu’à la gestion. S’agissant des actions de renforcement des capacités dans le domaine de la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel, le Département en charge de la culture organise chaque année, en fonction de ses moyens, une série d’ateliers de renforcement des capacités pour les chefs Pygmées (gardiens de la tradition) et pour les acteurs culturels de ces communautés.
À l’exception de la Direction du patrimoine culturel et ses services techniques, l’État n’a pas encore établi de centre de documentation du patrimoine culturel. Néanmoins, la documentation relative aux traditions orales des Pygmées Aka est archivée et conservée par l’équipe de coordination du programme à la Direction du patrimoine culturel au sein de la DGCP. Parmi les récentes mesures, on citera : la création d’un Centre de Référence pour la Sauvegarde et la Revitalisation des Traditions Orales des Pygmées Aka ; la nomination par Ordonnance ministérielle d’un Directeur du Centre de Référence ; et l’approbation d’une subvention spéciale d’un montant de 30 000 000 Francs CFA pour la réhabilitation du Centre de Référence.
L’organe en charge de l’inventaire est la DGCP et ses services techniques. En tant qu’institution de l’état, le Département en charge de la culture est représenté dans les préfectures et sous-préfectures du pays. En conséquence, une lettre de mission définissant des orientations particulières et accompagnée de dossiers sur les éléments du patrimoine culturel immatériel pertinents a été transmise aux représentants du Département dans tout le pays afin de dresser un pre-inventaire. Les résultats de ce travail préliminaire permettront au Département d’organiser une mission de terrain multidisciplinaire en charge de poursuivre l’étude, avec le consentement des membres de la communauté détentrice impliquée. Des efforts sont actuellement entrepris pour inventorier les éléments du patrimoine culturel immatériel des groupes ethniques minoritaires et des sociétés secrètes du pays. En outre, la République centrafricaine soumet actuellement à l’UNESCO une demande d’assistance internationale auprès du Fonds du patrimoine culturel immatériel pour un projet d’inventaire des éléments du patrimoine culturel immatériel des communautés minoritaires de tout le pays. En ce qui concerne les méthodes de travail, l’équipe encourage les processus participatifs car ce sont les praticiens eux-mêmes qui connaissent et comprennent le mieux la signification de leur patrimoine. Le dialogue entre les deux parties contribuera à une compréhension plus approfondie des usages que les praticiens font de leur patrimoine. Les éléments du patrimoine culturel immatériel évoluent et des études comparatives biennales sont prévues pour évaluer les données collectées lors des précédents inventaires.
S’agissant des programmes éducatifs et de formation pour les communautés pygmées Aka, une programme d’alphabétisation en faveur de ces populations est actuellement mis en œuvre au Centre de Référence pour les Traditions Orales des Pygmées Aka par le Directeur du Centre. En ce qui concerne les moyens non formels de transmission des connaissances, des sessions d’apprentissage et de revitalisation sont organisées par le Directeur du Centre de Référence en partenariat avec les membres du comité local de sauvegarde et de revitalisation, qui participent également à différents événements culturels (festivals, foires, etc.).
La République centrafricaine a un élément inscrit sur la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité : Les chants polyphoniques des pygmées Aka de Centrafrique (incorporé en 2008 après avoir été proclamé chef d’œuvre du patrimoine oral et immatériel de l’humanité en 2003). Un plan d’action pour la sauvegarde et la revitalisation de l’élément a été préparé par la République centrafricaine et la République du Congo et mis en œuvre entre 2005 et 2007 avec le soutien financier du Fonds en dépôt UNESCO/Japon pour le patrimoine culturel immatériel et des gouvernements de ces pays et la participation pleine et entière des communautés détentrices bénéficiaires du projet Pygmées Aka et d’autres parties prenantes. À la demande l’ONG COOPI (Cooperazione Internazionale) qui travaille avec la DGCP, les Pygmées sont associés à différentes activités de plaidoyer sur leur protection spéciale. Dans ce contexte, une série de rencontres a été organisée, avec la participation des Pygmées, qui a conduit à la ratification de la Convention OIT No 169 par le Gouvernement de la République centrafricaine. Dans le but d’assurer la continuité de cette inestimable tradition, de protéger l’environnement vivant de cette communauté et de garantir la transmission de sa culture, des efforts considérables sont actuellement déployés pour préparer un dossier de candidature pour l’inscription sur la Liste du patrimoine mondial de « La forêt et les campements résidentiels de référence pygmée Aka ». Les autres efforts entrepris en matière de documentation, de promotion et d’éducation sont décrits ci-dessus. Les communautés pygmées Aka, représentées dans le comité local pour la gestion et la revitalisation de leurs traditions orales par leurs chefs et détenteurs/gardiens de la tradition, qui participent régulièrement aux activités du Centre de Référence consacré à cet objectif, se sont mobilisées et ont participé à la préparation de ce rapport.

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