Rapport périodique sur la Convention pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel

La Convention précise dans son Article 29 que les États parties présentent au Comité des rapports sur les dispositions législatives, réglementaires ou autres prises pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel sur leurs territoires. Cette page présente les rapports périodiques et les échéances pour un pays : Paraguay (voir la situation de tous les États parties).

Les rapports périodiques permettent aux États parties d’évaluer leur mise en œuvre de la Convention et leurs capacités de sauvegarde du patrimoine culturel immatériel, de faire rapport sur leurs inventaires du patrimoine culturel immatériel, et de mettre à jour le statut des éléments inscrits sur la Liste représentative.


Sur la mise en œuvre de la Convention

Chaque État partie soumet son rapport périodique au Comité avant le 15 décembre de la sixième année suivant la date à laquelle il a déposé son instrument de ratification, d’acceptation ou d’approbation, et tous les six ans par la suite.

Rapport soumis le 15/12/2016 et examiné par le Comité en 2017 (dû originellement au 15/12/2012)

Résumé

La loi constitutionnelle garantit la reconnaissance de la pluralité des cultures du pays. Agissant sous l’autorité du secrétariat national à la Culture (SNC), la Direction générale des biens et services culturels est l’organe compétent pour identifier, documenter et mener des recherches sur le patrimoine culturel immatériel. La Direction générale des processus et de la diversité culturelle est chargée de la promotion culturelle et des activités de sauvegarde. En outre, le Conseil national de la culture est un organe consultatif qui réunit différents acteurs culturels et artistiques et des secteurs du gouvernement qui coordonnent les actions décentralisées et intersectorielles. La Dotation nationale pour la culture et les arts (FONDEC) est responsable de la diffusion et de la promotion des représentations artistiques, des festivals, etc. Elle apporte également son soutien. Le Ministère de l’éducation, le secrétariat des Politiques linguistiques, le secrétariat au Tourisme, l’Institut national des populations autochtones et la Direction pour la protection des droits de propriété intellectuelle sont tous impliqués dans certains aspects de la mise en œuvre de la Convention.
Pour ce qui est de la formation à la gestion du patrimoine culturel immatériel, la décentralisation de la gestion culturelle est portée par les unités départementales des affaires culturelles et par des mécanismes participatifs comme les tableaux culturels. Des programmes de formation sont organisés afin d’accompagner ces processus, sous la supervision générale du SNC. L’enseignement du patrimoine culturel immatériel ou de sujets liés (anthropologie) est dispensé au niveau universitaire (voir ci-dessous).
La documentation sur le patrimoine culturel immatériel est recueillie et conservée par différentes divisions du SNC, comme la Direction générale des biens et services culturels, la Direction des études anthropologiques, archéologiques et paléontologiques, la Direction du patrimoine culturel et la Direction du registre, du catalogage et de la restauration (chargée d’inventorier le patrimoine culturel immatériel). Le matériel audiovisuel est rendu accessible au public par le biais des médias sociaux. Un projet lancé conjointement par le SNC, l’UNESCO et le Centre régional pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel de l’Amérique latine (CRESPIAL) a abouti à un inventaire de l’Univers culturel guarani et à un Univers culturel des personnes d’ascendance africaine en Amérique latine ainsi qu’à la Route de l’Esclave.
Le travail d’élaboration d’un inventaire a débuté en 2009 conformément au règlement no 621/2016 de la loi sur la protection du patrimoine, qui a mis en place l’Inventaire des déclarations du patrimoine culturel immatériel et sa méthodologie. Au moment de la rédaction du rapport, treize éléments avaient été déclarés inventoriés. La Direction générale des études anthropologiques, archéologiques et paléontologiques est responsable de l’établissement et de la tenue de l’inventaire et des projets de sauvegarde. Les éléments sont classés par domaine (comme les mythes, les légendes, la gastronomie, la musique, les énigmes, les récits, la magie, les croyances, les jeux, les transports, etc.). L’inventaire est mis à jour périodiquement, mais, jusqu’à présent, aucun examen de l’état des éléments inventoriés n’a été mené. Les processus sont toujours lancés en coopération avec les communautés concernées et, lorsque cela est approprié, une ONG ou une institution spécialisée dans l’élément est contactée avant le début du processus de recherche. En outre, dans une perspective de décentralisation, le SNC a fourni aux unités culturelles des gouvernements départementaux un formulaire de recueil des données sur les éléments du patrimoine culturel immatériel afin de garantir la participation des citoyens.
Afin de faciliter l’accès à l’information sur le patrimoine culturel immatériel, un Système national d’information culturelle existe en ligne, ainsi qu’un portail web au SNC. La publication de projets de recherche complets est en passe d’être achevée. Avec le soutien du CRESPIAL, des conférences ont été organisées avec six municipalités afin de sensibiliser au patrimoine culturel immatériel. La municipalité d’Asunción a inclus la notion de patrimoine culturel immatériel dans ses foires autour des connaissances traditionnelles.
Concernant d’autres mesures de sauvegarde, le Plan national culturel (PNC) énonce les orientations stratégiques sectorielles du gouvernement et définit des objectifs stratégiques dans l’Axe 4 (patrimoine culturel) ; un Plan associé pour un cadre de gestion axé sur les résultats est en place en 2017, selon le rapport. Le renforcement institutionnel visant à promouvoir les produits et services du PNC sous le titre « Reconnaître la valeur d’un patrimoine culturel divers » est lié au Plan de développement national pour 2030. L’objectif général est la décentralisation des affaires culturelles qui appuiera la revitalisation des éléments du patrimoine des communautés vivant hors des principaux centres urbains. Le SNC a coopéré avec le CRESPIAL sur des projets, par exemple sur deux publications conjointes (en 2010 et en 2013) et la création de Fonds pour les concours de projets visant à la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel Mbya Guarani. Les archives, la documentation, l’information, la cartographie et les définitions conceptuelles du Projet de la nation guarani ont été diffusées parmi la population indienne guarani. D’autres organes sont également mentionnés comme ayant contribué aux activités de sauvegarde, notamment : Le FONDEC, promeut et soutient diverses manifestations culturelles en allouant des fonds sur concours organisés dans différentes catégories tournées vers la société civile ; l’Institut de l’artisanat paraguayen, dont l’objectif est de promouvoir le développement de l’artisanat national, protège et encourage les artisans, explore les possibilités de marketing et apporte son soutien à la formation des artisans ; le secrétariat national au Tourisme (sous l’autorité de la présidence de la République) mène des activités de recherche aussi bien que de documentation et de diffusion des informations concernant les éléments immatériels ; le Centre culturel pour la République, El Cabilo, contribue au processus de démocratisation de la production culturelle dans le pays en créant un espace dynamique où diverses manifestations artistiques et intellectuelles peuvent converger ; et d’autres initiatives de citoyens organisés.
S’agissant de l’éducation formelle, le Ministère de l’éducation et de la culture (MEC) étudie la possibilité d’intégrer un programme nutritionnel tenant compte des caractéristiques socioculturelles qui inclura pour le programme d’alimentation scolaire le choix d’un plat consistant, de la chipa et des fruits. Au niveau de l’enseignement supérieur, l’Université nationale d’Asunción dispense des cours sur le patrimoine matériel et immatériel (faculté de philosophie), l’Université catholique Notre-Dame d’Asunción dispose d’un Centre d’études anthropologique ; et un cours de doctorat en anthropologie culturelle est proposé à l’Université nationale de l’Est (UNE). En outre, dans un établissement de formation d’enseignants, le folklore constitue une matière spécifique pour un diplôme d’enseignement supérieur de la danse, avec un cours spécifique sur le patrimoine culturel immatériel. La formation des communautés, des employés municipaux et des associations privées (avec le soutien du CRESPIAL), ainsi qu’un atelier de sensibilisation à Asunción (2010), un cours virtuel sur le patrimoine culturel immatériel (2012) et un atelier virtuel sur les méthodologies participatives pour l’établissement d’inventaires photographiques et audiovisuels ont compté parmi les activités de renforcement des capacités.
Concernant la coopération bilatérale, sous-régionale, régionale et internationale, le Paraguay a, depuis son adhésion à la Convention de 2003, nommé un noyau essentiel pour le CRESPIAL et fait partie du Conseil exécutif de ce dernier. La coopération du SNC avec le CRESPIAL a conduit, en particulier, à l’élaboration de la nomenclature nécessaire à l’identification et à la documentation du patrimoine culturel immatériel. Le SNC travaille aussi avec le MERCOSUR culturel sur des projets régionaux et directement avec l’UNESCO sur des programmes régionaux comme le projet de la Route de l’Esclave. D’autres acteurs actifs méritent d’être mentionnés, comme l’Organisation nationale des peuples autochtones, le Réseau national des personnes d’ascendance africaine, les organisations de défense des droits des communautés LGBTI, le Réseau des gestionnaires de la culture du département du Paraguarí, l’Académie de la langue guarani et l’Académie de la langue nivaclé.
Le Paraguay ne compte aucun élément inscrit sur la Liste représentative.

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