Rapport périodique sur la Convention pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel

La Convention précise dans son Article 29 que les États parties présentent au Comité des rapports sur les dispositions législatives, réglementaires ou autres prises pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel sur leurs territoires. Cette page présente les rapports périodiques et les échéances pour un pays : Cambodge (voir la situation de tous les États parties).

Les rapports périodiques permettent aux États parties d’évaluer leur mise en œuvre de la Convention et leurs capacités de sauvegarde du patrimoine culturel immatériel, de faire rapport sur leurs inventaires du patrimoine culturel immatériel, et de mettre à jour le statut des éléments inscrits sur la Liste représentative.

Quand des éléments sont inscrits sur la Liste du patrimoine culturel immatériel nécessitant une sauvegarde urgente, l’État partie soumissionnaire s’engage à prendre des mesures de sauvegarde visant à renforcer la viabilité du patrimoine concerné. Quatre ans après l’inscription, l’État partie fait rapport au Comité sur la situation actuelle de l’élément, sur l’efficacité des mesures de sauvegarde mises en œuvre, ainsi que sur les défis rencontrés.


Sur la mise en œuvre de la Convention

Chaque État partie soumet son rapport périodique au Comité avant le 15 décembre de la sixième année suivant la date à laquelle il a déposé son instrument de ratification, d’acceptation ou d’approbation, et tous les six ans par la suite.

Rapport soumis le 15/12/2012 et examiné par le Comité en 2013

Résumé

L’organe national en charge de la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel est la Direction générale des techniques culturelles et des affaires du patrimoine culturel immatériel du Ministère de la Culture et des Beaux-Arts (MCBA). Cette entité est le principal ordonnateur des activités de sauvegarde et elle a la responsabilité générale de l’inventaire du patrimoine culturel immatériel. La Direction générale est également le principal organe responsable de la documentation du patrimoine culturel immatériel. En ce qui concerne la documentation du patrimoine culturel immatériel, des publications sur la teinture traditionnelle de la soie khmer et l’art de l’orfèvrerie et de vieux documentaires sur le Ballet royal, la récitation des contes du Ramayana et des contres traditionnels khmers ont été restaurés en coopération avec le Centre audiovisuel de Bophana. Pour les formes artistiques en voie de disparition, une recherche documentaire plus poussée a été entreprise par les institutions locales compétentes et avec l’aide du Bureau de l’UNESCO à Phnom Penh. Parmi ces travaux de documentation, on citera un inventaire de tous les mouvements du Ballet royal et un manuel sur le Yiké (une forme de théâtre chanté). L’Université royale des Beaux-Arts est identifiée comme étant la responsable de la formation au patrimoine culturel immatériel, en particulier en ce qui concerne les arts du spectacle et les arts plastiques. Plusieurs sessions de formation ont été dispensées aux formateurs afin qu’ils développent leurs compétences de jeunes maîtres qui seront nommés dans des écoles d’art et à l’Université des Beaux-Arts, et qu’ils intègrent des associations et des troupes privées d’artistes.
En 2004, en coopération avec le Bureau de l’UNESCO de Phnom Penh, le MCBA a publié un volume intitulé « Inventaire du patrimoine culturel immatériel du Cambodge », qui a identifié la plupart des formes artistiques concernées. Toutefois, la publication revêt plutôt la forme d’une liste-résumé et ne donne pas d’informations détaillées sur chaque forme de patrimoine culturel immatériel. En 2010, un Décret royal a été promulgué au sujet des Trésors humains vivants et, en 2011, un inventaire des artistes et des troupes privées a été dressé par la Direction générale. Au terme d’une session de formation de deux jours, deux formulaires d’inventaire ont été finalisés : (1) pour collecter des informations sur l’identité et la spécialisation des artistes (nom, âge, profession, compétences) et (2) pour collecter des informations sur les troupes privées (nom de la troupe, artistes, domaines artistiques, etc.). Sur la base de ces informations, une liste complète des artistes et des troupes artistiques a été créée ainsi qu’un recensement des domaines du patrimoine en danger. Les artistes et troupes artistiques associés à deux éléments inscrits sur la Liste représentative ont été identifiés.
Les principales orientations et priorités de la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel sont : la sensibilisation à l’importance des éléments ; le renforcement des institutions compétentes ; la documentation ; la restauration de la valeur du patrimoine culturel immatériel et sa revitalisation ; le renforcement des capacités financières ; et l’élaboration de programmes éducatifs consacrés au patrimoine culturel immatériel. Les activités de sensibilisation sont menées par le MCBA en étroite collaboration avec d’autres institutions, des organismes publics et privés, des organisations non gouvernementales et des groupes communautaires. Par exemple, des équipes de travail ont été constituées avec des groupes communautaires et de détenteurs afin de se rendre dans les communautés et de présenter à celles-ci les aspects historiques et culturels de formes artistiques en danger de disparition. Le Ministère de l’Éducation, de la Jeunesse et des Sports, le Ministère du Tourisme et des organisations non gouvernementales ont organisé des réunions de sensibilisation pour les écoles (tous les niveaux) et d’autres acteurs culturels. Le MCBA a également encouragé les entreprises de télévision, les réalisateurs et d’autres intervenants à intégrer le sujet du patrimoine culturel immatériel dans leurs programmations et produits culturels. Par ailleurs, la présentation d’éléments du patrimoine culturel immatériel a été intégrée à des fêtes traditionnelles (p. ex. la Fête des morts). Une autre forme de promotion a consisté à présenter des éléments du patrimoine culturel immatériel dans de nombreuses expositions organisées en coopération avec les musées nationaux et provinciaux, les centres culturels nationaux et internationaux, les ambassades et les centres culturels étrangers. Le MCBA a également conclu des accords avec diverses organisations artistiques (p. ex. l’Institut des arts khmers, les Arts vivants du Cambodge, les Arts du spectacle Amrita, etc.) afin de mener des opérations de diffusion à grande échelle et d’organiser des activités de promotion pour les deux éléments inscrits.
S’agissant de l’éducation, le MCBA s’est efforcé depuis plusieurs années, en collaboration avec le Ministère de l’Éducation, de la Jeunesse et des Sports, d’intégrer des cours d’art dans les programmes scolaires, mais il en a été empêché en raison de contraintes budgétaires et d’un manque de ressources humaines. Le Gouvernement, avec le MCBA et le Ministère de l’Économie et des Finances, mettra tout en œuvre pour qu’un budget soit alloué à la promotion du patrimoine culturel immatériel dans le cadre de l’application du Décret royal sur les Trésors humains vivants. Il a également rendu possible le paiement de salaires aux 17 Trésors vivants et la transmission de leurs connaissances et savoir-faire aux jeunes.
Parmi les actions de coopération bilatérale, sous-régionale, régionale et internationale, on citera le soutien accordé par des partenaires internationaux de développement à la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel, et la coopération avec les pays de la région (p. ex. la Thaïlande, la Corée du Sud et le Japon). Le Cambodge a conclu des accords avec tous les pays membres de l’ASEAN. Dans ce cadre, des rencontres et des séminaires conjoints visant à promouvoir la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel ont été régulièrement organisés sur le terrain. L’objectif de ces activités est de communiquer des informations et de sensibiliser les populations de la région dans le but d’instaurer une culture de paix et de diversité culturelle qui intègre le patrimoine culturel immatériel.
Le Cambodge fait ici rapport sur deux éléments inscrits sur la Liste représentative : le Ballet royal du Cambodge (incorporé en 2008, après avoir été précédemment proclamé chef d’œuvre du patrimoine oral et immatériel de l’humanité en 2003) ; et le Sbek Thom, théâtre d’ombres khmer (également incorporé en 2008, après avoir été précédemment proclamé chef d’œuvre en 2005). Les deux éléments ont une importance toute particulière pour les Cambodgiens, y compris les jeunes, qui les reconnaissent comme ayant un caractère qui va au delà du simple patrimoine culturel immatériel et comme étant des composantes qui différencient la culture cambodgienne des autres cultures de la région. Une grande attention est accordée à ces éléments dans les médias et ils sont choisis pour représenter le patrimoine culturel cambodgien lors de manifestations solennelles. Les activités de sauvegarde relatives à ces deux éléments sont entreprises sous l’égide du MCBA qui coordonne ses efforts avec les autorités gouvernementales locales, les institutions éducatives, les troupes privées, les organisations non gouvernementales et les associations culturelles impliquées dans la pratique de chaque élément. Le présent rapport a été rédigé par les fonctionnaires du MCBA avec la contribution de représentants d’associations culturelles, d’organisations non gouvernementales et d’organisations communautaires dans le cadre d’une session d’information et de travail, et en recueillant leurs informations sur les éléments et les activités de sauvegarde.

Sur des éléments de la liste de sauvegarde urgente

Les rapports sur chaque élément inscrit sur la Liste de sauvegarde urgente sont soumis par l’État partie le 15 décembre de la quatrième année suivant celle durant laquelle un élément a été inscrit, et tous les quatre ans par la suite.

Le chapei Dang Veng, inscrit en 2016

Pour accéder à la description de cet élément, au dossier original (formulaire, consentement des communautés, photos et vidéo) et à la décision d’inscription, voir la page dédiée.

Un rapport sera à soumettre pour le 15/12/2020

Le lkhon khol de Wat Svay Andet, inscrit en 2018

Pour accéder à la description de cet élément, au dossier original (formulaire, consentement des communautés, photos et vidéo) et à la décision d’inscription, voir la page dédiée.

Un rapport sera à soumettre pour le 15/12/2022
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