Rapport périodique sur la Convention pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel

La Convention précise dans son Article 29 que les États parties présentent au Comité des rapports sur les dispositions législatives, réglementaires ou autres prises pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel sur leurs territoires. Cette page présente les rapports périodiques et les échéances pour un pays : Argentine (voir la situation de tous les États parties).

Les rapports périodiques permettent aux États parties d’évaluer leur mise en œuvre de la Convention et leurs capacités de sauvegarde du patrimoine culturel immatériel, de faire rapport sur leurs inventaires du patrimoine culturel immatériel, et de mettre à jour le statut des éléments inscrits sur la Liste représentative.


Sur la mise en œuvre de la Convention

Chaque État partie soumet son rapport périodique au Comité avant le 15 décembre de la sixième année suivant la date à laquelle il a déposé son instrument de ratification, d’acceptation ou d’approbation, et tous les six ans par la suite.

Un rapport sera à soumettre pour le 15/12/2018

Rapport soumis le 15/12/2013 et examiné par le Comité en 2014 (dû originellement au 15/12/2012)

Résumé

L’Argentine est une république fédérale composée de 24 provinces. En conséquence, la Convention de 2003 pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel est mise en œuvre par chacune des provinces sur son propre territoire. Toutefois, le rapport met plus l’accent sur les activités fédérales que sur celles organisées au niveau provincial.
La Dirección Nacional de Patrimonio y Museos (Direction nationale du patrimoine et des musées - DNPM), qui dépend du Ministère national de la culture, est l’organe fédéral en charge de la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel, cette tâche est plus particulièrement dévolue au Bureau du patrimoine culturel immatériel. La DNPM met en œuvre, pour les institutions gouvernementales et les fonctionnaires des provinces, des actions destinées à promouvoir l’élaboration de mesures spécifiques au niveau local. Ces mesures visent à renforcer l’importance du patrimoine culturel immatériel dans la société. La DNPM encourage les organes de gestion du patrimoine culturel immatériel au niveau provincial à faire rapport de leurs activités dans une enquête menée auprès des institutions œuvrant dans ce domaine. Quatre provinces ont leur propre service du patrimoine culturel immatériel. Parmi les lois régissant le patrimoine culturel immatériel au niveau national, on citera : la Loi fédérale No 26 118 (2006) qui adopte la Convention de 2003 ; la Loi fédérale No 26 558 (2009) qui reconnaît le Chamamé « patrimoine culturel argentin » ; et la Loi fédérale No 26 855 (2013) qui établit le 8 novembre « Journée nationale des afro-argentins et de la culture afro ». Au niveau provincial, parmi différentes lois, la Loi provinciale No 9 486 (2003) d’Entre Rios réglemente la promotion et le développement de l’artisanat. Par ailleurs, plusieurs autres provinces ont reconnu certains éléments ou détenteurs.
Actuellement, le Conseil national est la seule institution qui dispense une formation spécifique sur le patrimoine culturel immatériel, avec des activités principalement destinées aux fonctionnaires dans les 24 provinces et aux détenteurs du patrimoine culturel immatériel. L’Instituto Nacional de Antropología y Pensamiento Latinoamericano (Institut national d’anthropologie et de la pensée latino-américaine - INAPL) est le centre de recherche et de documentation de la DNPM. L’Instituto Nacional de Musicología Carlos Vega (Institut national de musicologie Carlos Vega) est un autre centre important de recherche qui conserve de la documentation. Un autre organe dépositaire de documentation est le Sistema de Información Cultural de la Argentina (Système d’informations culturelles de l’Argentine – SinCA) qui est consultable en ligne. Dans le cadre des initiatives régionales qu’il met en œuvre, le Conseil national encourage l’étude du patrimoine culturel immatériel, envisagée comme une mesure de sauvegarde efficace. En conséquence, les documents suivants ont été rédigés : État des connaissances sur le patrimoine culturel immatériel en Argentine ; Rapport sur la situation du patrimoine culturel immatériel des personnes d’ascendance africaine en Argentine ; et Rapport diagnostic national sur l’inventaire de l’univers culturel guaraní.
À ce jour, le travail d’inventaire en Argentine n’a pas été réalisé dans le cadre d’un programme d’inventaire national, bien que celui-ci ait été planifié et qu’une formation ait été lancée. Parmi les inventaires et études réalisés jusqu’alors, on citera : une étude des « Fiestas et festivals » que l’on peut consulter sur la Carte culturelle de l’Argentine établie par le SInCa, à l’initiative du Ministère national de la culture. Elle est structurée autour d’un seul domaine (fêtes et événements festifs). Un inventaire du « filete porteño », une technique picturale traditionnelle, a été réalisé dans la ville de Buenos Aires, dans le cadre de la préparation de la candidature à la Liste représentative. L’INAPL a également dressé un inventaire de l’univers culturel guaraní dans le cadre d’un projet régional organisé sous le patronage du Centre régional pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel en Amérique latine (CRESPIAL), un centre de catégorie 2 basé au Pérou sous les auspices de l’UNESCO.
Parmi les initiatives destinées à promouvoir le patrimoine culturel immatériel et mises en œuvre par la DNPM on citera : un programme consacré aux personnes d’ascendance africaine ; le programme « Nos aliments traditionnels », le Plan national pour la promotion du tango ; et le Programme pour le renforcement des expressions du carnaval argentin. Le Mercado de Artesanías Tradicionales de la Répública Argentina (Marché d’artisanats traditionnels de la République d’Argentine – MATRA) a déclaré les principaux représentants de la production artisanale nationale « Trésors humains vivants ». Dans le cadre de la promotion des éléments inscrits sur la Liste représentative, différentes sessions de formation sont proposées aux communautés et détenteurs intéressés, à savoir ce qui a trait aux « fileteadores » et « milongueros » à Buenos Aires.
S’agissant de l’éducation, quelques institutions culturelles à Chaco, Santa Cruz, Salta et Santiago del Estero œuvrent à la transmission des connaissances dans le domaine du patrimoine culturel immatériel, comme par exemple la musique, la danse et les artisanats traditionnels. Selon la loi, la célébration de la Journée nationale des afro-argentins et de la culture afro et la promotion de la culture afro devraient faire partie des programmes scolaires des établissements d’éducation. Le MATRA a également conçu un projet visant à encourager la transmission des techniques de production traditionnelles. Les programmes de l’enseignement supérieur dans les domaines de la gestion culturelle, de la gestion du patrimoine, du folklore, de l’anthropologie (socioculturelle ou sociale) et du tourisme culturel proposent également des cours consacrés à des aspects du patrimoine culturel immatériel. Ces programmes sont dispensés à des étudiants de premier et deuxième cycles par des universités publiques nationales et des institutions privées. Les moyens de transmission non-formelle des différentes pratiques traditionnelles sont envisagés comme une source indispensable de formation et sont très valorisés socialement. Les ateliers et/ou démonstrations de savoir-faire se sont considérablement développés.
En ce qui concerne la coopération bilatérale, sous-régionale, régionale et internationale, l’Argentine accorde une grande importance à sa participation au CRESPIAL dont elle est membre. Elle participe aux réunions régulières de son Comité de gouvernance, à son Comité exécutif et aux réunions spéciales destinées à concevoir des stratégies et des plans de mise en œuvre et à suivre les résultats. L’Argentine soutient également le CRESPIAL en participant activement à deux projets régionaux : « L’univers culturel guaraní » ; et « L’univers culturel des personnes d’ascendance africaine ». La DNPM a également coopéré à l’élaboration du projet « Patrimoine vivant », organisé par le Bureau de l’UNESCO à Montevideo.
L’inscription du Tango sur la Liste représentative en 2009, conjointement avec l’Uruguay, a généré une augmentation du nombre de milongas, de clubs de tango, de festivals non officiels, de cours de danse et d’orchestres, et on peut observer un intérêt accru pour l’élément parmi les jeunes. L’inscription a également sensibilisé les populations à l’existence d’aspects immatériels du patrimoine, terme qui était auparavant presque exclusivement réservé aux monuments et autres éléments matériels. En 2013, deux institutions importantes ont été créées : (1) Le Centro de Investigaciones y Estudios sobre el Tango (Centre de recherche et d’étude sur le tango), un espace ouvert et participatif au sein duquel divers projets, activités et problématiques sont envisagés et débattus par différents acteurs sociaux, et (2) le Polo Bandoneón, conçu pour préserver, enseigner et diffuser la pratique du bandonéon. L’inventaire des milongas, un projet pilote à participation communautaire, a été lancé en 2013 dans le cadre du projet « Patrimoine vivant » (Bureau de l’UNESCO à Montevideo). Des experts, des fonctionnaires et des membres des communautés ont réalisé des entretiens avec des organisateurs de milongas, ont échangé avec des danseurs de tango, des élèves de cours de tango, des touristes et des disc-jockeys, et ont visité plusieurs milongas pour réaliser des rapports écrits, photographiques et sonores. Le présent rapport sur le Tango a été rédigé suite à plusieurs réunions organisées par l’Asociación de Organizadores de Milongas (Association des organisateurs de milongas) et l’Asociación de Maestros, Bailarines y Coreógrafos de Tango Argentino (Association des maîtres danseurs, danseurs et chorégraphes du tango argentin) sous l’égide du Centro de Investigaciones y Estudios sobre el Tango (Centre d’étude de recherche sur le tango).

Top