Décision du Comité intergouvernemental : 5.COM 5.2

Le Comité,

  1. Prend note que la Chine a proposé l’inscription de la technique des cloisons étanches des jonques chinoises sur la Liste du patrimoine culturel immatériel nécessitant une sauvegarde urgente, décrite comme suit :

Développée dans la province du Fujian, dans le sud de la Chine, la technique des cloisons étanches des jonques chinoises permet la construction de navires de haute mer à cloisons étanches. Si un ou deux caissons sont accidentellement endommagés en cours de navigation, l’eau ne pénétrera pas dans les autres caissons et le navire restera à flot. Les jonques sont principalement fabriquées en bois de camphre, de pin et de sapin, et assemblées à l’aide d’outils de menuisier traditionnels. Elles sont construites en appliquant les technologies de base que sont l’assemblage de planches feuillées et le calfatage des joints entre les planches à l’aide d’étoupe, de chaux et d’huile de tung. La construction est dirigée par un maître artisan qui supervise un grand nombre d’artisans travaillant en étroite coordination. Les communautés locales participent en organisant des cérémonies solennelles de prière pour la paix et la sécurité pendant la construction et avant le lancement du navire achevé. L’expérience et les méthodes de travail relatives à la technique des cloisons étanches se transmettent oralement du maître aux apprentis. Toutefois, la nécessité des jonques chinoises connaît un déclin d’autant plus grand que les navires en bois sont remplacés par des cuirassés, et aujourd’hui seuls trois maîtres peuvent prétendre avoir une parfaite maîtrise de cette technique. Les coûts de construction qui y sont associés ont aussi augmenté suite à une pénurie de matières premières. De ce fait, la transmission de ce patrimoine régresse et les transmetteurs sont forcés de rechercher un emploi alternatif.

  1. Décide que d’après les informations contenues dans le dossier de candidature 00321, la technique des cloisons étanches des jonques chinoises satisfait aux critères d’inscription sur la Liste du patrimoine culturel immatériel nécessitant une sauvegarde urgente, comme suit :

U.1 :  La technique des cloisons étanches des jonques chinoises est reconnue par les communautés chinoises du littoral comme un savoir-faire traditionnel fondamental qui se transmet oralement au fil des générations du maître à l’apprenti ; en reflétant leur connaissance de la nature et de l’univers, elle est au cœur de l’identité communautaire et des cérémonies locales ;

U.2 :  Malgré l’importance historique de cette technique de construction navale, sa continuité et sa viabilité sont aujourd’hui en grand péril car les navires en bois sont remplacés par des cuirassés, tandis qu’il y a une pénurie croissante de bois d’œuvre ; les apprentis sont peu disposés à consacrer le temps indispensable à la maîtrise du métier et les artisans n’ont pas réussi à trouver les usages supplémentaires pour leurs talents de menuisiers ;

U.3 :  Les mesures de sauvegarde conçues pour maintenir la tradition de la construction navale prévoient une aide financière de l’État aux maîtres d’œuvre, des programmes éducatifs pour leur donner la possibilité de transmettre leurs connaissances traditionnelles aux jeunes, et la reconstruction de jonques historiques comme moyen de stimuler l’intérêt du public et de procurer des emplois ;

U.4 :  Les autorités nationales et provinciales se sont engagées à créer les conditions favorables au soutien de la sauvegarde de la technique des cloisons étanches et les principaux artisans ont été impliqués dans la proposition de candidature à laquelle ils ont accordé leur consentement libre, préalable et éclairé ;

U.5 :  En juin 2008, sur l’approbation du Conseil d’État chinois, la technique des cloisons étanches des jonques chinoises a été inscrite sur la Liste nationale du patrimoine culturel immatériel administrée par le Département du patrimoine culturel immatériel du Ministère de la culture.

  1. Inscrit la technique des cloisons étanches des jonques chinoises sur la Liste du patrimoine culturel immatériel nécessitant une sauvegarde urgente ;
  2. Prend note des plans de sauvegarde ambitieux et encourage l’État soumissionnaire à veiller à ce que les fonds suffisants soient mobilisés pour leur réalisation, qu’ils émanent de sources publiques ou privées ou soient dégagés par l’entremise de partenariats public-privé ;
  3. Rappelle à l’État soumissionnaire l’importance d’assurer la participation la plus large possible des communautés concernées dans tous les aspects des mesures de sauvegarde et demande qu’il accorde une attention particulière à leur inclusion ;
  4. Encourage en outre l’État soumissionnaire, dans les mesures de sauvegarde devant être prises, à aborder le rôle des femmes dans le métier de la construction navale et veiller à ce que leurs contributions au métier soient reconnues.

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