Décision du Comité intergouvernemental : 20.COM 7.A.4

Le Comité

  1. Prend note que le Panama a proposé la candidature des processus de construction de la maison quincha et de la junta de embarre/embarra (n  02300) pour inscription sur la Liste du patrimoine culturel immatériel nécessitant une sauvegarde urgente :

La construction de maisons en terre ou en argile, connues sous le nom de maisons quincha, est une pratique de construction traditionnelle que l’on trouve couramment dans les zones rurales et semi-urbaines dans de nombreuses parties du Panama. Ces maisons sont construites à partir d’un mélange de terre argileuse, de foin et de fibres naturelles, ainsi que de bois et de plantes pour soutenir la structure. Ce processus de construction, appelé junta de embarre, exige une connaissance approfondie des matériaux locaux et de l’environnement, ainsi que des savoir-faire en matière de mélange, de façonnage et d’assemblage des composants.

  1. Considère que, d’après les informations contenues dans le dossier, la candidature satisfait aux critères d’inscription sur la Liste du patrimoine culturel immatériel nécessitant une sauvegarde urgente comme suit :
U.1 :  Les techniques de construction des maisons quincha sont transmises de manière informelle, notamment lors d’événements de la communauté appelés « réunions de boue », au cours desquels des personnes de tous âges se réunissent pour apprendre, s’entraider et faire la fête. Les participants apprennent à préparer le mélange d’argile, à l’appliquer sur les murs et à construire la structure. Cette pratique renforce les valeurs telles que le travail d’équipe, la coopération et le soutien mutuel. Elle implique plusieurs rôles, depuis les maîtres d’œuvre chargés de concevoir la structure, jusqu’aux autres participants qui aident à préparer l’argile, à fabriquer des briques ou des tuiles et à organiser le travail. Les chants, la nourriture et la musique traditionnels font souvent partie de ces efforts de la communauté, transformant le processus de construction en un événement social et culturel.
U.2 :  Sous-estimée d’un point de vue économique et ignorée en termes de sécurité sociale, cette pratique culturelle est menacée. De nombreux détenteurs de la tradition sont d’un âge avancé et certains ont besoin d’un autre emploi pour subvenir à leurs besoins. En outre, il y a un manque d’intérêt chez les jeunes générations pour l’apprentissage des techniques de construction en raison des difficultés qu’elles rencontrent pour assurer leur subsistance grâce à cet élément.
U.4 :  Le processus de candidature a impliqué des dirigeants locaux, des universités, des universitaires, des gestionnaires culturels, des détenteurs et des communautés. Le dossier fournit suffisamment d’informations sur le consentement de la communauté. Des ateliers, des réunions et des consultations en ligne ont été organisés pour recueillir des données, le consentement et le soutien à la candidature.
U.5 :  L’élément est inclus dans l’inventaire du patrimoine culturel immatériel du Panama, qui a été élaboré entre 2018 et 2024. Cet inventaire est géré par le Département du patrimoine culturel immatériel du Ministère de la culture, et est mis à jour tous les deux ans.
  1. Considère en outre que, d’après les informations contenues dans le dossier et fournies par l’État partie soumissionnaire dans le cadre du processus de dialogue, la candidature satisfait au critère suivant d’inscription sur la Liste du patrimoine culturel immatériel nécessitant une sauvegarde urgente :

U.3 :  Le plan de sauvegarde réunit des entités municipales et des communautés qui visent à promouvoir le développement culturel, éducatif et social, avec la validation d’études techniques, afin d’assurer la protection et la transmission des connaissances traditionnelles. Les mesures proposées visent à assurer aux détenteurs des conditions de vie décentes afin qu’ils puissent se consacrer à l’enseignement des jeunes intéressés à chaque étape de la construction des maisons quincha. Le plan est détaillé en termes d’activités, de responsabilités des diverses parties prenantes, de budget et de calendrier.

  1. Décide d’inscrire les processus de construction de la maison quincha et de la junta de embarre/embarra sur la Liste du patrimoine culturel immatériel nécessitant une sauvegarde urgente.
  2. Encourage l’État partie soumissionnaire à garantir la participation des communautés à toutes les étapes de la sauvegarde (lancement, activités, suivi) et à les impliquer dans la construction de ces maisons peu coûteuses et respectueuses de l’environnement, en cherchant à revitaliser le marché pour ce type de maisons ; l’État partie soumissionnaire est invité à veiller à ce que les activités orientées sur le tourisme ne deviennent pas l’aspect dominant de la mise en œuvre du plan de sauvegarde.

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