Décision du Comité intergouvernemental : 8.COM 7.a.5

Le Comité

  1. Prend note que le Guatemala a proposé la candidature de la cérémonie de la Paach (n  00863) pour inscription sur la Liste du patrimoine culturel immatériel nécessitant une sauvegarde urgente :

La cérémonie de la Paach est un rituel de vénération du maïs célébré à San Pedro Sacatepéquez. La cérémonie vise à remercier la nature pour les bonnes récoltes obtenues, au moyen d’un rituel mettant en lumière les liens étroits entre l’homme et la nature. Elle se caractérise également par des prières en langue mam. Les participants sont pour la plupart d’anciens fermiers, hommes et femmes, fortement liés à la communauté et qui sont reconnus comme meneurs par celle-ci. Quatre diseurs de prières parlamenteros offrent des prières au cours de la cérémonie, bénéficiant du soutien de quatre parlamenteros auxiliaires. Quatre marraines décorent les épis de maïs de façon cérémonielle et coordonnent la préparation et le service de la nourriture. La cérémonie de la Paach renforce l’identité de la communauté de San Pedro ainsi que le savoir communautaire lié au respect de la nature et à sa conservation. La méthode de transmission est à la fois orale et pratique, un meneur de groupe se charge d’instruire les nouveaux membres dans le cadre d’ateliers, tandis que les enfants accompagnent leurs grands-parents à la cérémonie. Depuis quelques années, la cérémonie de la Paach souffre d’un désintérêt, car certains jeunes la considèrent désormais désuète. L’insécurité économique est également un frein, au point de pousser une partie des détenteurs à ne plus prendre part à la célébration. D’autre part, l’âge avancé des anciens détenteurs et le recul des pratiques de transmission pourraient entraîner la disparition de cette expression culturelle.

  1. Décide que, d’après l’information contenue dans le dossier, la candidature satisfait aux critères d’inscription sur la Liste de sauvegarde urgente suivants :

U.1 :  Pour la communauté de San Pedro Sacatepéquez, la cérémonie de la Paach fait partie intégrante de son patrimoine culturel et de son identité ; les rituels, la musique, la danse, les processions et les pratiques culinaires associés sont transmis des grands-parents à leurs petits-enfants, qui les accompagnent dans l’exécution de diverses tâches quotidiennes ;

U.2 :  En raison de la diminution du nombre de praticiens, de leur âge avancé et de l’insécurité économique qui les touche, mais également en raison des évolutions économiques et sociales résultant de l’urbanisation croissante de San Pedro Sacatepéquez, la viabilité de la cérémonie de la Paach est gravement menacée ;

U.3 :  En s’appuyant sur les efforts de la communauté et des autorités locales, des mesures de sauvegarde visent à élargir la communauté des praticiens, réaliser un inventaire approfondi, mener des actions de sensibilisation autour de la signification sociale, culturelle et environnementale de la cérémonie de la Paach, tout en favorisant la reconnaissance de ses principaux détenteurs ; les modalités et les responsabilités de leur mise en œuvre auraient pu être mieux expliquées ainsi que la capacité à mobiliser les jeunes générations ; de même, l’absence d’identification de sources de financement d’une partie importante des coûts fragilise la faisabilité des mesures proposées ;

U.4 :  Les praticiens de la cérémonie de la Paach ont été impliqués dans différentes recherches sur le terrain et sessions de travail au cours de la préparation de la candidature, notamment au travers du Comité cérémoniel et des diseurs de prières ; ils ont donné leur consentement libre, préalable et éclairé à la candidature ;

U.5 :  La cérémonie de la Paach est incluse dans le Registre des biens culturels administré par le Service général de la culture et du patrimoine naturel du Ministère de la culture et des sports.

  1. Inscrit la cérémonie de la Paach sur la Liste du patrimoine culturel immatériel nécessitant une sauvegarde urgente ;
  2. Prend note du fait que l’État partie soumet la candidature de la cérémonie de la Paach à l’inscription sur la Liste de sauvegarde urgente pour la deuxième fois et note avec inquiétude les menaces persistantes qui pèsent sur sa viabilité ;
  3. Salue les efforts visant à impliquer davantage les communautés dans le processus de candidature et reconnaît que la nouvelle candidature reflète mieux leur point de vue et leurs aspirations ;
  4. Rappelle que l’inscription sur la Liste de sauvegarde urgente n’implique aucunement un financement au titre du Fonds du patrimoine culturel immatériel afin de mettre en œuvre le plan de sauvegarde proposé et que les demandes d’assistance internationale sont encadrées par une procédure distincte ;
  5. Encourage l’État partie à poursuivre ses efforts visant à élaborer des stratégies de sauvegarde en rapport avec les ressources financières et humaines dont il dispose ou qu’il est en mesure de mobiliser ;
  6. Invite l’État partie à soumettre un rapport sur la mise en œuvre des mesures de sauvegarde, et particulièrement sur la mobilisation des ressources nécessaires, pour examen par le Comité à sa dixième session, en conformité avec le paragraphe 161 des Directives opérationnelles.

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