Décision du Comité intergouvernemental : 8.COM 7.a.1

Le Comité

  1. Prend note que l’Azerbaïdjan a proposé la candidature du tchovgan, jeu équestre traditionnel pratiqué à dos de chevaux karabakhs en République d’Azerbaïdjan (n  00905) pour inscription sur la Liste du patrimoine culturel immatériel nécessitant une sauvegarde urgente :

Le tchovgan est un jeu équestre traditionnel qui se pratique sur un terrain plat recouvert d’herbe où s’affrontent deux équipes de joueurs montés sur des chevaux karabakhs. Chaque équipe se compose de cinq cavaliers : deux défenseurs et trois attaquants. La partie commence au milieu du terrain et les joueurs se servent de maillets en bois pour tenter de faire entrer une petite balle en cuir ou en bois dans le but adverse. Le jeu est entrecoupé de musique instrumentale traditionnelle appelée janghi. Les joueurs et les entraîneurs de tchovgan sont des agriculteurs et des cavaliers expérimentés de la région. Ils portent traditionnellement un grand chapeau en astrakan, un long manteau ajusté à taille haute, un pantalon spécial, des chaussettes et des chaussures. Des personnes de tous âges viennent assister à ce jeu traditionnel et soutenir leurs équipes. Le tchovgan renforce le sentiment d’identité ancré dans la culture nomade et contribue à faire percevoir le cheval comme partie intégrante de la vie quotidienne. Les règles spécifiques, le savoir-faire et les techniques du tchovgan sont transmis aux débutants par des joueurs expérimentés lors d’entraînements collectifs. La pratique et la transmission du tchovgan ont cependant faibli en raison de la perte d’intérêt parmi les jeunes, de l’urbanisation et de l’émigration, qui ont entraîné un manque de joueurs, d’entraîneurs et de chevaux karabakhs.

  1. Décide que, d’après l’information contenue dans le dossier, la candidature satisfait aux critères d’inscription sur la Liste de sauvegarde urgente suivants :

U.1 :  Les connaissances et le savoir-faire liés au tchovgan sont transmis de génération en génération par les joueurs les plus expérimentés aux plus jeunes ; le tchovgan fait partie de la vie quotidienne de la communauté et procure à ses praticiens un sentiment d’identité et de continuité ;

U.2 :  La viabilité de l’élément est menacée en raison du nombre décroissant de joueurs et d’entraîneurs de tchovgan, de la perte d’intérêt des jeunes pour sa pratique traditionnelle et de l’insuffisance grandissante d’élevages de chevaux karabakhs ; ces facteurs sont aggravés par des menaces plus générales telles que l’urbanisation, l’émigration et la réduction des zones de pâturage ;

U.3 :  La participation des praticiens, d’organisations non gouvernementales et de l’État aux efforts de sauvegarde passés et en cours est démontrée, et des mesures de sauvegarde clairement formulées ont été planifiées avec la participation de ses praticiens et démontrent l’engagement de l’État partie en faveur de la sauvegarde de l’élément ;

U.4 :  La candidature a été élaborée en collaboration avec les joueurs et les entraîneurs de tchovgan, des experts, ainsi que deux organisations de la société civile ; des éléments prouvant leur consentement libre, préalable et éclairé sont fournis ;

U.5 :  Le tchovgan a été inclus en 2010 dans le Registre du patrimoine culturel immatériel de la République d’Azerbaïdjan, établi par le Ministère de la culture et du tourisme et mis à jour par le Bureau de la documentation et de l’inventaire ;

  1. Inscrit le tchovgan, jeu équestre traditionnel pratiqué à dos de chevaux karabakhs en République d’Azerbaïdjan sur la Liste du patrimoine culturel immatériel nécessitant une sauvegarde urgente ;
  2. Note que la candidature se concentre surtout sur la pratique du jeu équestre en tant que sport et encourage l’État partie à mieux prendre en considération le rôle social, culturel et symbolique du tchovgan aujourd’hui, ainsi que la musique, l’artisanat et les autres expressions qui lui sont associées ;
  3. Encourage également l’État partie à s’assurer que toutes les communautés concernées par la pratique du tchovgan aujourd’hui sont impliquées dans la conception, la planification et la mise en œuvre des mesures de sauvegarde, notamment les artisans, les musiciens, les éleveurs, les dresseurs et, le cas échéant, les associations représentatives du public afin d’assurer la viabilité à long terme de l’élément.

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