Rapport périodique sur la Convention pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel

La Convention précise dans son Article 29 que les États parties présentent au Comité des rapports sur les dispositions législatives, réglementaires ou autres prises pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel sur leurs territoires. Cette page présente les rapports périodiques et les échéances pour un pays : Seychelles (voir la situation de tous les États parties).

Les rapports périodiques permettent aux États parties d’évaluer leur mise en œuvre de la Convention et leurs capacités de sauvegarde du patrimoine culturel immatériel, de faire rapport sur leurs inventaires du patrimoine culturel immatériel, et de mettre à jour le statut des éléments inscrits sur la Liste représentative.


Sur la mise en œuvre de la Convention

Chaque État partie soumet son rapport périodique au Comité avant le 15 décembre de la sixième année suivant la date à laquelle il a déposé son instrument de ratification, d’acceptation ou d’approbation, et tous les six ans par la suite.

Le rapport dû originellement le 15/12/2017 est à soumettre pour le 15/12/2019

Rapport soumis le 15/12/2011 et examiné par le Comité en 2012

Résumé

L’organe national en charge de la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel est le Département de la culture du Ministère du Développement Social et de la Culture (Culture Department of the Ministry of Social Development and Culture). Au sein de ce Département, la Section de recherche sur le patrimoine national (National Heritage Research Section – NHRS) est constituée de trois sous-unités principales : Traditions orales ; Gestion des sites culturels ; et Droit d’auteur. La NHRS est le principal organe qui met en œuvre des actions de sauvegarde du patrimoine, notamment la collecte de données, la recherche, la documentation, la diffusion auprès du plus grand nombre et la promotion du patrimoine matériel et immatériel des Seychelles. Elle entreprend également des travaux de recherche sur des sujets tels que l’habitat seychellois, la médecine traditionnelle, la pêche et les industries traditionnelles, les chansons, les danses, les devinettes, les légendes, la cuisine traditionnelle et le patrimoine maritime des Seychelles. La NHRS organise des conférences publiques, des programmes de sauvegarde des sites culturels et des campagnes d’informations dans les médias, elle diffuse des publications et intervient à titre consultatif pour les questions culturelles. L’Institut créole des Seychelles est également un organe important pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel, il vise à promouvoir et développer la langue et la littérature créoles par l’enseignement de la langue maternelle, la recherche, l’utilisation des technologies de l’information et de la communication, les événements culturels et la collecte/documentation de la littérature créole. Le Conseil national des arts peut également soutenir le patrimoine culturel immatériel en développant les arts locaux, en mettant à disposition des équipements, en dispensant des formations et des conseils et en fournissant des services aux artistes et en soutenant et coordonnant les activités des associations artistiques. Le Conservatoire national des arts du spectacle (National Conservatoire of Performing Arts – NCPA) contribue à la transmission du patrimoine culturel immatériel en formant les artistes à la musique, à la danse et au théâtre. La Politique culturelle de 2004 et le Protocole de recherche de 2008 sont en cours de révision afin d’être conformes à ces nouvelles évolutions. En tant qu’État membre de la Communauté de développement d’Afrique australe (Southern Africa Development Community – SADC), les Seychelles envisagent d’élaborer une politique de Systèmes des savoirs autochtones nationaux (National Indigenous Knowledge - NIK) avant que soit mise en place une politique régionale du même type.
Le travail de documentation est principalement mené par le Centre de documentation de la NHRS qui conserve les matériels documentaires et documents photographiques issus des travaux de recherche, et les informations recueillies auprès d’autres sources (journaux, ouvrages de référence, histoire orale enregistrée sur cassettes audio, vidéos, artéfacts associés au patrimoine immatériel, etc.). Le Centre met ces matériels à disposition des chercheurs et du grand public (y compris des touristes) et en facilite l’accès afin de sensibiliser et de diffuser auprès du plus grand nombre les connaissances sur les différents aspects du patrimoine culturel immatériel et les artéfacts associés. Les Archives nationales des Seychelles conservent tous les dossiers gouvernementaux et les met à disposition du grand public, des chercheurs, etc. L’Institut créole possède également une très grande collection de littérature nationale (histoires, poèmes, proverbes, devinettes, légendes, etc.) et l’organisme national de radiotélévision détient des enregistrements audio et audiovisuels d’éléments du patrimoine culturel immatériel et d’entretiens avec les principaux détenteurs. Le travail de numérisation des documents du patrimoine culturel immatériel est en cours, il fait suite à une indispensable formation technique. Cela rendra cette documentation plus accessible tout en préservant plus efficacement les matériels originaux. En ce qui concerne la législation et les politiques, la Loi sur le droit d’auteur (1991), le Protocole de recherche (2008), la Loi sur les archives (1964) et la Politique culturelle (2004) régissent l’accès et l’utilisation des informations relatives au patrimoine culturel immatériel dans les institutions culturelles des Seychelles.
À l’origine, l’inventaire du patrimoine culturel immatériel était constitué de la documentation recueillie par la NHRS et l’Institut créole, la recherche étant l’objectif principal. Ces premières formes d’inventaire couvraient un large éventail de domaines du patrimoine culturel immatériel. Un Inventaire national du patrimoine culturel immatériel a désormais été institué aux Seychelles avec le soutien financier de l’UNESCO. La viabilité de chaque élément inventorié est prise en considération. C’est une étape préliminaire et essentielle dans la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel et constituera un outil important au niveau local. S’agissant de la participation des communautés à l’identification et/ou la définition du patrimoine culturel immatériel pour l’inventaire, la communauté locale joue toujours un rôle important dans la procédure d’inventaire. Les communautés locales des îles les plus peuplées communiquent des informations et mettent à jour et valident l’inventaire. Des organisations non gouvernementales locales sont également impliquées, comme l’Association des promoteurs de la santé complémentaire aux Seychelles (Association of Promoters of Complementary Health in Seychelles – APOCHIS), une ONG qui représente les praticiens de la médecine complémentaire.
En ce qui concerne les mesures prises pour intégrer le patrimoine culturel immatériel dans les programmes de planification ou de développement, il convient de noter que le Département de la culture est sous le contrôle du Ministère du Développement Social et de la Culture. Cette hiérarchie garantit que le développement social fait bien partie de l’objectif global de sauvegarde du patrimoine culturel immatériel mais, également, que la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel est bien intégrée aux décisions politiques et de planification du développement national. Le principal document politique en la matière est le Plan stratégique quinquennal (2011-2015). Ce document vise à ce que la culture devienne un pilier du développement durable et prévoit, entre autres, l’adoption de méthodes de sauvegarde durable, des initiatives culturelles afin d’encourager l’expression et la participation, et une sensibilisation générale au patrimoine culturel immatériel.
S’agissant de la sensibilisation et de la promotion, le grand public est désormais conscient de l’importance de sauvegarder le patrimoine culturel immatériel, et ce, grâce aux efforts soutenus du gouvernement pour valoriser la culture seychelloise dans les médias locaux, aux conférences sur la culture, aux publications, à l’intégration de certains éléments du patrimoine culturel immatériel dans le programme scolaire, et à plusieurs activités locales. Parmi ces activités, on peut citer un Bazar du patrimoine, la Semaine du patrimoine, le Bazar Labrin et le Festival annuel « Kreol ». Ce dernier est un festival national qui se déroule pendant une semaine et vise à promouvoir et célébrer différents aspects du patrimoine culturel immatériel (danse, musique, arts, traditions orales, jeux, etc.). Il est destiné au grand public de tous âges et tend à encourager la transmission intergénérationnelle. La NHRS met en place également plusieurs actions, dont des conférences publiques, des campagnes d’informations dans les médias et des publications. Elle organise aussi des visites guidées des sites ayant une grande importance culturelle, ces visites sont des événements très populaires. En fait, ce n’est pas la reconnaissance du patrimoine culturel immatériel qui est le principal problème mais le manque de ressources financières pour diffuser des publications, organiser des événements culturels, construire des espaces culturels, etc.
En matière d’éducation, des aspects du patrimoine culturel immatériel ont été inclus dans les programmes scolaires, et le créole est désormais utilisé dans l’enseignement, de la crèche au cours moyen de l’enseignement élémentaire (9 ans). Cette mesure est importante car elle vise autant à garantir que les enfants ne sont pas désavantagés d’un point de vue social ou éducatif par la langue d’instruction qu’à sauvegarder la langue elle-même. Les traditions orales, telles que les devinettes et les chansons, ainsi que les méthodes de construction traditionnelle font désormais partie des programmes scolaires et les enfants sont invités à consulter leurs parents et grands-parents, ce qui encourage la transmission. Les connaissances liées au patrimoine culturel immatériel sont intégrées à des cours tels que les sciences sociales pour les élèves de 10 à 11 ans, et, dans l’enseignement secondaire, les matières comme l’histoire et la géographie font référence au patrimoine culturel immatériel, les étudiants étant incités à faire des recherches sur divers aspects de ce patrimoine. Cet enseignement n’est pas confiné à la salle de classe, les jeux traditionnels font, par exemple, partie des cours d’éducation physique et des activités extrascolaires telles que les clubs de nature. Le patrimoine culturel immatériel est également un élément important de l’enseignement supérieur, comme à l’Académie touristique des Seychelles où les traditions orales et connaissances culinaires traditionnelles sont enseignées. Il s’agit là d’un projet en cours et un comité a été établi afin d’envisager une possible extension du projet.
La coopération bilatérale, sous-régionale, régionale et internationale se concrétise par des accords de coopération internationale avec des agences des États-Unis, de France, du Royaume-Uni, de Maurice, d’Allemagne, d’Italie, du Kenya et de Madagascar. Par ailleurs, le Ministère des Affaires étrangères des Seychelles est à la recherche de partenaires pour mettre en œuvre des actions de renforcement des capacités dans le domaine de la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel

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