Rapport périodique sur la Convention pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel

La Convention précise dans son Article 29 que les États parties présentent au Comité des rapports sur les dispositions législatives, réglementaires ou autres prises pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel sur leurs territoires. Cette page présente les rapports périodiques et les échéances pour un pays : Costa Rica (voir la situation de tous les États parties).

Les rapports périodiques permettent aux États parties d’évaluer leur mise en œuvre de la Convention et leurs capacités de sauvegarde du patrimoine culturel immatériel, de faire rapport sur leurs inventaires du patrimoine culturel immatériel, et de mettre à jour le statut des éléments inscrits sur la Liste représentative.


Sur la mise en œuvre de la Convention

Chaque État partie soumet son rapport périodique au Comité avant le 15 décembre de la sixième année suivant la date à laquelle il a déposé son instrument de ratification, d’acceptation ou d’approbation, et tous les six ans par la suite.

Rapport soumis le 15/12/2014 et examiné par le Comité en 2015 (dû originellement au 15/12/2013)

Résumé

Le principal organe compétent en charge de la coordination et de la consultation à propos de la sauvegarde et la revitalisation du patrimoine culturel immatériel est la Commission nationale pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel créée en 2008 sous l’égide du Ministère de la culture et de la jeunesse. Les tâches de sauvegarde sont partagées, à travers des représentants de la Commission, avec le Ministère de l’éducation, l’Institut costaricien du Tourisme, les universités publiques, l’ICOMOS du Costa Rica et les groupes et artistes interprètes de la culture populaire du Costa Rica. En termes de prise de décision, le Système national de protection et de promotion des droits culturels a été créé en 2014 et comprend la protection et la gestion du patrimoine culturel matériel et immatériel.
En ce qui concerne la formation, l’administration culturelle du Ministère de la culture et de la jeunesse réalise un programme de formation de gestion culturelle pour les jeunes afin de promouvoir, entre autres choses, l’autogestion organisationnelle. Diverses institutions telles que le Musée de la culture populaire, l’Institution de la Universidad Nacional de Costa Rica, l’Institut de recherche linguistique (INIL) de l’Université du Costa Rica et le Département de la projection muséologique du Musée national du Costa Rica dirigent la recherche, l’enseignement, la formation, la diffusion et les activités de gestion culturelle liées au patrimoine culturel immatériel. Le Musée de la culture populaire dispose également d’une bibliothèque thématique qui rassemble les projets de recherche dans le domaine du patrimoine culturel immatériel.
Le principal organe qui rassemble la documentation liée au patrimoine culturel immatériel est l’Unité de documentation « Luis Ferrero » du Centre pour la recherche et la conservation du patrimoine culturel (du Ministère de la culture et de la jeunesse), qui est spécialisée dans le domaine du patrimoine culturel. Le Système d’information culturelle du Costa Rica (SICultura) est également d’un grand intérêt. Il a été créé en 2008, comme fichier en ligne qui rassemble, organise et contient des informations culturelles en provenance de tout le pays, il comprend également une section sur le patrimoine culturel immatériel. Le programme sur l’identité culturelle, l’art et la technologie du Centre pour la recherche artistique, l’enseignement et l’extension (CIDEA – Universidad Nacional) produit et recueille une grande quantité de documentation audiovisuelle sur la question de l’identité culturelle. Le Centre pour la recherche de l’identité et la culture latino-américaine (CIICLA) est une unité universitaire multidisciplinaire de l’Université du Costa Rica qui génère également d’autres documents, comme l’Institut centraméricain pour l’extension culturelle (ICECU), un organe à but non-lucratif, de bien-être public. Le Centre pour la recherche et la conservation du patrimoine culturel du Ministère de la culture et de la jeunesse entreprend des recherches sur les expressions culturelles traditionnelles depuis 1979.
Il y a plusieurs inventaires dont l’Inventaire national du patrimoine immatériel (2004), dressé avec le soutien du Bureau de l’UNESCO à San José, contenant 191 entrées dans une base de données recueillies auprès des ateliers communautaires et grâce à des entretiens avec des informateurs clés et des recherches bibliographiques couvrant les domaines suivants : croyances/mythologie, fêtes populaires, rituels, gastronomie traditionnelle, langues, musique, danse, tradition orale, médecine, traditions artisanales, chansons, jeux traditionnels, etc. Un inventaire a également été réalisé pour la candidature en 2005 des traditions pastorales et des chars à bœufs au Costa Rica comme Chef-d’œuvre du patrimoine culturel immatériel de l’humanité (y compris un vocabulaire spécialisé, une base de données des praticiens de l’élevage de bœufs et des organisations dans le pays, une base de données photographique et un enregistrement audiovisuel d’une durée de deux heures). Un inventaire des festivités populaires a été réalisé en 2006 au Centre pour la recherche et la conservation du patrimoine culturel, contenant 130 entrées et des commentaires sur les fêtes religieuses, civiques, commémoratives et communales. En outre, une Liste représentative nationale basée sur des déclarations nationales du patrimoine culturel immatériel soumises par les praticiens et les organismes communautaires à la Commission nationale du patrimoine culturel immatériel a généré des informations qui constituent un nouvel inventaire détenu par l’Unité de documentation du Centre pour la recherche et la conservation du patrimoine culturel.
Parmi les autres mesures de sauvegarde, la promotion du patrimoine vivant est assurée par l’organisation de concours nationaux (par exemple, sur la musique et l’artisanat traditionnels) et, par neuf projets de recherche sur le patrimoine culturel immatériel achevés en 2012, dont les résultats sont également publiés au format numérique sur le site internet du Centre. Le Centre du patrimoine culturel a également collaboré à deux productions audiovisuelles. La Commission nationale pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel a coopéré avec la Chambre de tourisme communautaire rurale nationale afin d’organiser deux foires, fournissant un espace destiné à l’expression de la culture populaire, comme la musique, la danse, le théâtre et les jeux traditionnels tandis qu’un troisième festival, consacré à l’artisanat et aux pratiques alimentaires traditionnelles, a été organisé en collaboration avec des groupes de culture populaire et des associations de praticiens du Costa Rica.
Parmi les programmes éducatifs, on citera le projet « Ateliers avec les détenteurs de patrimoine immatériel », en coordination avec le Ministère de l’éducation publique, pour la transmission des savoirs des détenteurs et praticiens aux jeunes dans les écoles. Jusqu’à présent, 100 ateliers communautaires ruraux ont été organisés sur l’artisanat, la musique, les jouets traditionnels, la médecine et les pratiques alimentaires, la nature et l’agriculture, l’éducation des autochtones, etc., dans neuf régions du pays. Dans le canton de Guarco, l’atelier est passé d’actions en faveur de la revitalisation du patrimoine culturel dans les centres d’éducation à des mesures de sauvegarde pour la transmission et la relance de l’artisanat en fibre de pita. Parmi les principales activités du Plan d’action de sauvegarde élaboré en 2006 pour l’élément Élevage bovin, sont notamment incluses les traditions pastorales et des chars à bœufs dans les programmes d’études du ministère de l’Éducation et la création d’une unité d’enseignement sur le sujet ainsi que la mise en œuvre de la construction des chars à bœufs et d’ateliers et manuels de décoration à l’Institut national d’apprentissage. En outre, le projet de kit pédagogique « Le char voyageur » a été lancé, des rencontres intergénérationnelles ont été organisées pour les jeunes éleveurs de bétail et le Musée-école pour la fabrication et la décoration de chars à bœufs a été créé dans l’ancienne usine de char à bœufs Alfaro à Sarchi.
La reconnaissance formelle des expressions culturelles en tant que patrimoine culturel immatériel (cinq depuis 2012) et la reconnaissance de l’usine de chars Alfaro comme patrimoine historique architectural représente un autre moyen de renforcer la sensibilisation et la sauvegarde. Trois éléments du patrimoine culturel immatériel ont été déclarés « d’intérêt public » au niveau national. En outre, le Prix national de la culture traditionnelle populaire est décerné chaque année depuis 1992, par le Ministère de la culture et de la jeunesse, à des personnes, des groupes de projets en lien avec le folklore, des artisans et interprètes d’art populaire, des institutions et organismes ou des communautés qui ont contribué de manière significative à l’étude, la récupération, la diffusion et la dignité des expressions culturelles autochtones du Costa Rica ou à des projets associés à celles-ci (en 2009, le Prix a été accordé à un fabricant et décorateur des jougs de bœuf).
En termes de coopération bilatérale, sous-régionale, régionale et internationale, le Costa Rica a participé activement depuis 2011 aux programmes du Centre régional pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel de l’Amérique latine (CRESPIAL), notamment à des projets multinationaux (sauvegarde du patrimoine culturel immatériel des populations latino-américaines d’ascendance africaine), des activités de communication (par exemple, banque de photos et vidéos) et la formation et la constitution de réseaux. Des représentants du Ministère de la culture et de la jeunesse ont également pris part à des ateliers de formation de renforcement des capacités, organisés par l’UNESCO, sur la mise en œuvre de la Convention, l’un au niveau régional et l’autre au niveau national.
Le Costa Rica a un élément inscrit sur la Liste représentative, les traditions pastorales et des chars à bœufs du Costa Rica (2008), initialement proclamé Chef-d’œuvre du patrimoine oral et immatériel de l’humanité en 2005.

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