Rapport périodique sur la Convention pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel

La Convention précise dans son Article 29 que les États parties présentent au Comité des rapports sur les dispositions législatives, réglementaires ou autres prises pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel sur leurs territoires. Cette page présente les rapports périodiques et les échéances pour un pays : Zambie (voir la situation de tous les États parties).

Les rapports périodiques permettent aux États parties d’évaluer leur mise en œuvre de la Convention et leurs capacités de sauvegarde du patrimoine culturel immatériel, de faire rapport sur leurs inventaires du patrimoine culturel immatériel, et de mettre à jour le statut des éléments inscrits sur la Liste représentative.


Sur la mise en œuvre de la Convention

Chaque État partie soumet son rapport périodique au Comité avant le 15 décembre de la sixième année suivant la date à laquelle il a déposé son instrument de ratification, d’acceptation ou d’approbation, et tous les six ans par la suite.

Rapport soumis le 15/12/2014 et examiné par le Comité en 2015 (dû originellement au 15/12/2012)

Résumé

En ce qui concerne le cadre institutionnel pour la sauvegarde, un Ministère des chefs et des affaires coutumières a été créé en 2011 et le Comité du patrimoine culturel immatériel a été établi en 2013 par le Ministère du tourisme et des arts. Ce comité est composé d’experts universitaires et de représentants de la Commission nationale auprès de l’UNESCO, de la Commission nationale de conservation du patrimoine, des ministères concernés, de l’Institut de recherche économique et sociale, du Conseil national des musées et du Conseil national des arts de Zambie.
Dans le cadre d’un exercice de renforcement des capacités, un projet à l’échelle nationale sur le patrimoine culturel immatériel intitulé « Ateliers d’écriture » a été organisé pour les responsables provinciaux des services culturels et les principaux praticiens des communautés culturelles. L’objectif était de former des futurs demandeurs de financements pour l’élaboration de projets dans le domaine du patrimoine culturel immatériel. Un atelier de formation des formateurs a été organisé en 2014 afin d’augmenter le nombre de facilitateurs formés. L’État a rendu possible la participation d’un responsable gouvernemental à un séminaire destiné aux « fonctionnaires en charge de la protection du patrimoine culturel dans les pays anglophones d’Afrique », et au « Forum sino-africain sur la protection du patrimoine culturel » qui s’est déroulé en Chine en 2014. Le Ministère du tourisme et des arts et le Ministère des chefs et des affaires coutumières ont soutenu 80 associations culturelles, entre autres, en organisant des ateliers de formation à la sauvegarde et en accordant un soutien logistique.
En 2013, le Département de la culture et des arts a organisé deux ateliers de sensibilisation. Le premier ciblait les maîtres de conférence universitaires d’établissements d’enseignement supérieur publics et privés de Lusaka, identifiés comme des intervenants clés pour le développement du patrimoine culturel immatériel au sein de leurs institutions respectives. Les participants à cet atelier ont été incités à intégrer le patrimoine culturel immatériel à leurs échanges quotidiens avec les étudiants et à transmettre ces savoirs à leurs communautés et leurs groupes respectifs ainsi qu’aux individus concernés. La même année, le Département de la culture et des arts a également organisé un atelier identique pour les personnels des médias publics et privés, en collaboration avec la Commission nationale auprès de l’UNESCO, afin de sensibiliser les participants à l’importance du patrimoine culturel immatériel.
Le Département des arts et de la culture, en collaboration avec les principaux médias, a œuvré à la documentation et à la diffusion d’informations sur le patrimoine culturel immatériel dans les médias nationaux. Zambia News and Information Services a des délégations au niveau des districts, là où la plupart des activités relatives au patrimoine culturel immatériel se déroulent. Une des tâches essentielles de ces délégations est la documentation de ces activités. La Zambia National Broadcasting Corporation diffuse également des informations sur des manifestations culturelles telles que les cérémonies traditionnelles. Le Zambia Daily Mail et le Times of Zambia sont deux journaux nationaux qui couvrent régulièrement des événements en lien avec le patrimoine vivant.
Les pratiques sociales, les rituels et les événements festifs de la tribu Ngoni, dans la Province de l’Est, ont fait l’objet d’un inventaire, et une description de l’élément Chinamwali est présentée dans le rapport. Chinamwali (ou Ndola) est une cérémonie d’initiation des jeunes filles pratiquée par la tribu Ngoni du Chef suprême Mpezeni, dans l’est de la Zambie. L’inventaire a été dressé en collaboration avec les communautés du village de Zilole du Chef Madzimawe et de tous les villages situés dans les territoires de la tribu Ngoni dans la Province de l’Est.
Dans le cadre du programme gouvernemental de développement des infrastructures, des mesures ont été prises afin de promouvoir la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel et de veiller à la continuité de différentes pratiques culturelles. La création d’un service public culturel, en partenariat avec le secteur privé, dans certains districts et provinces du pays permettra la constitution d’un réseau d’offres culturelles publiques, tant dans les zones urbaines que rurales, et garantira l’accès du public au théâtre, aux bibliothèques publiques, aux musées, aux musées d’art, au cinéma et aux centres culturels. Lorsque ces centres culturels seront achevés, ils serviront à promouvoir la visibilité du patrimoine culturel immatériel grâce à des représentations et des démonstrations d’expressions culturelles telles que la danse, la musique et les pratiques alimentaires traditionnelles. En outre, ils sensibiliseront le public à la nécessité d’envisager les efforts de sauvegarde au niveau de la communauté.
Des actions de sensibilisation ont été organisées tout particulièrement afin de souligner la spécificité du patrimoine culturel immatériel. Le Département des arts et de la culture a accueilli un « Festival de l’alimentation traditionnelle » destiné à susciter un renouveau d’intérêt de la part du public pour des éléments tels que les systèmes de savoirs autochtones appliqués à la préparation de repas et en lien avec les systèmes de sécurité alimentaire. Les écoles locales de Lusaka ont été invitées à visiter l’exposition et la participation des jeunes a permis d’accroitre la connaissance de ces pratiques et les probabilités de leur transmission. Le « Festival des jeux autochtones » a été organisé afin de faire revivre les jeux traditionnels et sociaux. L’ « Exposition artisanale » (2014) a été un programme de sensibilisation qui a permis de mettre l’accent sur différents produits culturels créés grâce à la mise en application de systèmes de savoirs autochtones par des artisans.
Le Gouvernement a une politique qui vise délibérément à s’assurer que les éléments du patrimoine culturel immatériel, notamment les cérémonies traditionnelles et les rituels acceptables tels que rites d’initiation, demeurent viables. Dans ce but, il accorde un soutien logistique à l’organisation de ces événements et à la protection des sanctuaires associés aux éléments ou des lieux de mémoire. Actuellement, l’État soutient et reconnaît officiellement 80 cérémonies traditionnelles dans tout le pays.
À deux niveaux, la Zambie est un acteur de la coopération culturelle bilatérale, sous-régionale, régionale et internationale, au niveau officiel (gouvernemental) et au niveau traditionnel. La Zambie est un État partie à un certain nombre de protocoles de coopération culturelle bilatéraux, subrégionaux, régionaux et internationaux, et est membre de la Communauté de développement du sud de l’Afrique (Southern African Development Community – SADC) qui regroupe quinze États. À ce titre, la Zambie a signé le Protocole de 2001 de la SADC sur la culture, l’information et le sport qui s’intéresse à la formation, au renforcement des capacités et à la recherche, à la mobilisation de ressources, à la formulation de politiques linguistiques et à la préservation du patrimoine culturel, des arts et des festivals culturels. Dans le cadre de l’inscription multinationale du Gule Wamkulu, la Zambie a partagé des éléments de documentation tels que des inventaires et a participé à des programmes d’échanges culturels sur le Gule Wamkulu avec le Malawi et le Mozambique. Au niveau traditionnel, les sept grands groupes ethniques de Zambie ont une influence sur leurs communautés voisines, de l’autre côté de la frontière. Les systèmes traditionnels viennent compléter les efforts entrepris par le Gouvernement afin de maintenir la coopération bilatérale, sous-régionale, régionale et internationale par les liens historiques et un système de pairs qui identifie des chefs et des experts (par ex. les Chewa dans la Province de l’Est ne partagent pas seulement une langue commune avec les tribus voisines du Malawi et du Mozambique mais ils ont également le même Chef suprême à leur tête, ils ont établi la Fondation du patrimoine culturel Chewa).
La Zambie a deux éléments inscrits sur la Liste représentative. L’un d’entre eux, déjà évoqué, est un élément multinational, le Gule Wamkulu (2008, avec le Malawi et le Mozambique). L’autre élément est la mascarade Makishi (2008). Ces deux éléments avaient été initialement proclamés Chefs d’œuvre du patrimoine oral et immatériel de l’humanité en 2005.

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