Rapport périodique sur la Convention pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel

La Convention précise dans son Article 29 que les États parties présentent au Comité des rapports sur les dispositions législatives, réglementaires ou autres prises pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel sur leurs territoires. Cette page présente les rapports périodiques et les échéances pour un pays : Serbie (voir la situation de tous les États parties).

Les rapports périodiques permettent aux États parties d’évaluer leur mise en œuvre de la Convention et leurs capacités de sauvegarde du patrimoine culturel immatériel, de faire rapport sur leurs inventaires du patrimoine culturel immatériel, et de mettre à jour le statut des éléments inscrits sur la Liste représentative.


Sur la mise en œuvre de la Convention

Chaque État partie soumet son rapport périodique au Comité avant le 15 décembre de la sixième année suivant la date à laquelle il a déposé son instrument de ratification, d’acceptation ou d’approbation, et tous les six ans par la suite.

Rapport soumis le 15/12/2017 et examiné par le Comité en 2018 (dû originellement au 15/12/2016)

Résumé

En Serbie, la protection du patrimoine culturel immatériel remonte à plusieurs décennies de travail technique et scientifique effectué par les institutions concernées. Ces dernières ont réalisé des recherches sur le patrimoine socioéconomique, culturel et spirituel du pays dans le cadre d’études ethnologiques, anthropologiques, folkloriques, ethnolinguistiques et ethnomusicologiques et d’un travail de collecte et de documentation du patrimoine. En collectant des informations sur les modes de vie traditionnels, les célébrations et les pratiques sociales, les coutumes, les croyances, les traditions orales et les connaissances et savoir-faire relatifs à l’artisanat traditionnel, ces institutions ont jeté les bases d’activités de recherche et de protection du patrimoine plus poussées à travers un système de protection mis en œuvre dans le cadre de la Convention pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel. Le 5 mai 2010, l’Assemblée nationale de la République de Serbie a adopté une loi sur la ratification de la Convention pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel, ce qui a marqué le lancement du processus de sauvegarde du PCI dans le respect des normes définies dans la Convention. Le ministère de la Culture, qui est l’organisme chargé de mettre en œuvre la Convention, a concentré ses efforts sur trois axes dans le processus de mise en œuvre : établissement d’un cadre juridique et institutionnel ; création d’un registre national ; et éducation, promotion des valeurs véhiculées dans la Convention et sensibilisation au PCI.
L’établissement d’un cadre juridique et institutionnel a commencé avec la création d’organes compétents et l’adoption de règlements applicables à la mise en œuvre qui définissent les compétences et les procédures pour la sauvegarde systématique du PCI. Un réseau regroupant les institutions concernées et les organes en charge de la mise en œuvre de la Convention a été établi en 2011 et 2012. Ce réseau réunit le Comité national du patrimoine culturel immatériel, la Commission chargée de l’inscription des éléments du PCI sur le registre national, le Réseau des coordinateurs régionaux (pour la province de Voïvodine, Belgrade, la Serbie centrale, la Serbie de l’ouest, la Serbie de l’est, la Serbie du sud et le Kosovo-et-Métochie), ainsi que le Centre pour le patrimoine culturel immatériel de Serbie, rattaché au Musée ethnographique de Belgrade.
Le ministère de la Culture et des Médias a déployé des efforts importants pour former la communauté des experts et le grand public : en 2010 et 2011, il a organisé plusieurs séminaires, ateliers, tables rondes et conférences qui ont réuni des experts de différentes institutions culturelles ainsi que les représentants de communautés locales, de gouvernements autonomes locaux, de minorités nationales et d’organes chargés de la mise en œuvre de la Convention. Le but de ces activités était de présenter les objectifs de la Convention aux participants, de les sensibiliser à l’importance de sa mise en œuvre et de leur expliquer les procédures relatives à l’identification et à l’inscription des éléments. Ces activités ont abouti à la création du Registre national du patrimoine culturel immatériel de Serbie en juin 2012. Ce registre est le fruit d’une étroite collaboration entre les organes compétents, les associations concernées et les communautés locales qui ont procédé à l’identification des éléments à inscrire, et préparé et élaboré les dossiers de candidature. Les mesures prises par les communautés et les détenteurs des éléments qui figurent dans le registre national incluent diverses activités : diffusion directe des connaissances (dans le cadre d’ateliers, de conférence et de cours particuliers), présentation (lors d’événements locaux, d’expositions, de salons, etc.) et travail de documentation sur le PCI. Un autre volet important de ces activités a consisté à sensibiliser la population à l’importance de la sauvegarde du PCI et à faire connaître la Convention. Ce travail est favorisé par un site Internet qui recense les éléments du patrimoine culturel immatériel serbe et par la publication d’articles dans des magazines spécialisés, de documents promotionnels, etc.
Grâce à la création du registre national, la Serbie peut désormais présenter des candidatures pour l’inscription d’éléments sur les listes de l’UNESCO. En mars 2013, la Serbie a donc préparé un dossier de candidature pour l’inscription de la Slava, célébration de la fête du saint patron de la famille, sur la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité. La procédure d’inscription a pris fin le 27 novembre 2014, date à laquelle le Comité intergouvernemental a décidé d’inscrire cet élément.

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