Rapport périodique sur la Convention pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel

La Convention précise dans son Article 29 que les États parties présentent au Comité des rapports sur les dispositions législatives, réglementaires ou autres prises pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel sur leurs territoires. Cette page présente les rapports périodiques et les échéances pour un pays : Pérou (voir la situation de tous les États parties).

Les rapports périodiques permettent aux États parties d’évaluer leur mise en œuvre de la Convention et leurs capacités de sauvegarde du patrimoine culturel immatériel, de faire rapport sur leurs inventaires du patrimoine culturel immatériel, et de mettre à jour le statut des éléments inscrits sur la Liste représentative.

Quand des éléments sont inscrits sur la Liste du patrimoine culturel immatériel nécessitant une sauvegarde urgente, l’État partie soumissionnaire s’engage à prendre des mesures de sauvegarde visant à renforcer la viabilité du patrimoine concerné. Quatre ans après l’inscription, l’État partie fait rapport au Comité sur la situation actuelle de l’élément, sur l’efficacité des mesures de sauvegarde mises en œuvre, ainsi que sur les défis rencontrés.


Sur la mise en œuvre de la Convention

Chaque État partie soumet son rapport périodique au Comité avant le 15 décembre de la sixième année suivant la date à laquelle il a déposé son instrument de ratification, d’acceptation ou d’approbation, et tous les six ans par la suite.

Le rapport dû originellement le 15/12/2017 est à soumettre pour le 15/12/2019

Rapport soumis le 15/12/2011 et examiné par le Comité en 2012

Résumé

Le principal organe pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel du Pérou est la Direction du patrimoine immatériel contemporain (Dirección de Patrimonio Inmaterial Contemporáneo – DPIC) qui dépend du Ministère de la Culture du Pérou, il est en charge de l’identification, la documentation, la promotion, la sensibilisation, la transmission et la revitalisation du patrimoine culturel immatériel dans tous ses aspects. Lors de sa création en 2003, l’organe s’appelait la Direction du registre et des études de la culture du Pérou contemporain (Dirección de Registro y Estudio de la Cultura del Perú Contemporaneo) au sein de l’ancien Institut national de la culture (Instituto Nacional de Cultura). Cet institut a été intégré dans le Ministère de la Culture en 2010. Les principales fonctions de la Direction sont : (1) mettre à jour l’enregistrement et les données des études sur les manifestations existantes du patrimoine culturel immatériel et organiser un inventaire général ; (2) promouvoir l’étude et la recherche sur les éléments du patrimoine culturel immatériel du pays ; (3) promouvoir la diffusion des connaissances sur les éléments culturels afin qu’elles puissent servir à la sauvegarde de la culture par les régions, groupes et communautés ; (4) travailler en coordination avec les universités et les instituts de recherche à la promotion de la culture afin de créer, enrichir et mettre en valeur un vaste réseau de recherche et d’information sur le patrimoine culturel immatériel ; (5) soumettre et rendre possible l’approbation de contrats ou d’accords de coopération technique ou financière, tant au niveau national qu’international, pour la mise en œuvre de projets de recherche et de formation dans les domaines concernés, conformément à la loi ; (6) faire des propositions et organiser des consultations sur l’inscription d’éléments du patrimoine culturel immatériel péruvien au titre de patrimoine culturel national.
Parmi les autres organes responsables au niveau national, on citera : (1) le Vice-Ministère de l’Interculturalisme, qui élabore des politiques en faveur de l’intégration dans la société de la diversité des pratiques culturelles et des connaissances ancestrales de la population autochtone du Pérou, et met en avant l’ouverture interculturelle et la reconnaissance de la diversité culturelle du Pérou ; (2) La Direction générale de l’éducation interculturelle, bilingue et rurale (Dirección General de Educación Intercultural, Bilingüe y Rural) du Ministère de l’Éducation qui est en charge de la réglementation et de l’orientation de la politique de l’éducation interculturelle, bilingue et rurale dans les systèmes nationaux d’éducation ; (3) la Direction des inventions et nouvelles technologies (Dirección de Invenciones y Nuevas Tecnologías) de l’Institut national de défense de la concurrence et de protection de la propriété intellectuelle (Instituto Nacional de Defensa de la Competencia y Protección de la Propiedad Intelectual – INDECOPI) qui sauvegarde les savoirs collectifs des populations autochtones en lien avec les ressources biologiques ; et (4) la Direction nationale de l’artisanat du Ministère du Commerce Extérieur et du Tourisme (Dirección Nacional de Artesanía del Ministerio de Comercio Exterior y Turismo) qui met en œuvre les politiques de développement du secteur artisanal, élabore et supervise les normes réglementaires, et œuvre en faveur du développement des investissements et de la compétitivité du secteur artisanal sur les marchés locaux et internationaux.
La principale institution en charge de la formation à la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel au Pérou est le Centre régional pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel en Amérique latine (Centro Regional para la Salvaguardia del Patrimonio Cultural Inmaterial de América Latina – CRESPIAL), un centre de catégorie 2 sous les auspices de l’UNESCO. Soutenir les capacités nationales dans le domaine du patrimoine culturel immatériel est l’une des tâches qui lui incombe et il a organisé, dans différentes région du pays, des ateliers de formation sur le patrimoine culturel immatériel pour des institutions culturelles, des fonctionnaires du secteur public et des membres de la société civile. Le principal sujet de ces ateliers est la conception de méthodologies participatives pour l’enregistrement d’expressions du patrimoine culturel immatériel. En outre, l’École nationale supérieure de folklore José María Arguedas (Escuela Nacional de Folklore José María Arguedas) forme les instituteurs à la musique et aux danses populaires péruviennes et la Commission nationale péruvienne pour l’UNESCO a dispensé une formation à l’identification et la sauvegarde des éléments du patrimoine culturel immatériel au réseau des écoles associées à l’UNESCO (résEAU) du Pérou.
En ce qui concerne la documentation, l’École nationale supérieure de folklore José María Arguedas détient des archives d’enregistrements de musique populaire. La bibliothèque du Musée national de la culture péruvienne conserve un grand nombre de documents d’archives et de collections de spécialistes du folklore péruvien qui sont mis à disposition des chercheurs et du grand public. La DPIC possède également des archives photographiques et audiovisuelles qui sont consultables par les membres des communautés et les organisations qui ont participé à leur constitution ainsi que par les institutions d’état et privées, les chercheurs indépendants et le grand public. Plusieurs autres institutions (gouvernementales, académiques, étrangères et des organisations non gouvernementales) étudient et documentent les éléments du patrimoine culturel immatériel : l’Institut français des études andines ; l’École professionnelle du tourisme et de gestion hôtelière de l’Université San Martín de Porres ; le fonds éditorial de l’Université catholique du Pérou ; le fonds éditorial de l’Université nationale Mayor de San Marcos ; et le Centre des cultures autochtones du Pérou (CHIRAPAQ), une organisation non gouvernementale qui œuvre au renforcement de l’identité des populations autochtones.
La DPIC est responsable de l’inventaire du patrimoine culturel immatériel. Celui-ci est en fait constitué de deux inventaires : (1) la Base de données ethnographiques du Programme Qhapaq Ñan et (2) les Déclarations d’éléments du patrimoine culturel immatériel considérés « patrimoine culturel de la nation » (Déclarations du patrimoine culturel). La base de données est constituée des résultats de l’enquête ethnographique conduite entre 2003 et 2008 dans le cadre d’un programme national destiné à étudier les sites archéologiques et géographiques associés à l’ancien réseau de routes de l’empire inca. Les résultats sont stockés dans une base de données gérée par la DPIC qui est régulièrement mise à jour lorsque des études approfondies du patrimoine culturel immatériel sont entreprises.
Les Déclarations du patrimoine culturel constituent le principal inventaire du patrimoine culturel immatériel en cours de réalisation. Il vise à enregistrer le patrimoine sur une liste nationale représentative qui comprend les pratiques, représentations, connaissances et expressions du patrimoine culturel immatériel ainsi que les articles matériels et espaces culturels associés que les communautés, groupes et individus reconnaissent comme faisant partie de leur patrimoine culturel. Un critère essentiel d’inclusion est la demande d’inscription soumise par les détenteurs et leurs communautés. Le patrimoine culturel immatériel doit également s’inscrire dans une tradition ancienne et vérifiable qui participe réellement aux rituels de la vie quotidienne de la communauté. Une attention toute particulière est accordée au patrimoine culturel immatériel dont la viabilité est menacée par des facteurs externes. La déclaration s’appuie sur un dossier technique préparé par la communauté détentrice et soumis au Ministère de la Culture. Le dossier est approuvé par les détenteurs et interprètes de l’élément concerné au moyen d’un document qui atteste de leur consentement éclairé et de leur accord à la candidature. Les organisations non gouvernementales dont le travail concerne des éléments spécifiques du patrimoine culturel immatériel (p. ex. les pratiques alimentaires, un instrument à cordes andin, le patrimoine afro-péruvien) participent également à l’identification et l’inventaire du patrimoine culturel immatériel.
L’un des moyens de promouvoir la fonction du patrimoine culturel immatériel dans la société a été, en 2002, une grande avancée en matière de législation avec l’adoption d’une loi qui reconnaît les prérogatives et le droit des peuples autochtones à prendre des décisions en ce qui concerne leurs connaissances traditionnelles dans le domaine des ressources biologiques (telles que les connaissances et techniques de cueillette et de préparation des plantes médicinales) et l’utilisation de ces connaissances au profit des populations autochtones. Cette loi interdit la délivrance de brevets à des inventions fondées sur les connaissances collectives des populations autochtones du Pérou sans faire référence à ces connaissances.
Une des nombreuses mesures destinées à assurer la reconnaissance, le respect et la mise en valeur du patrimoine culturel immatériel est la remise du Prix de la personnalité remarquable de la culture péruvienne qui a été décerné à 53 institutions et/ou individus pour leur contribution à la pratique et la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel. Parmi les autres activités de promotion, on citera la diffusion de documentaires sur TV Perú, chaîne diffusée dans tout le pays, et l’organisation de 32 expositions temporaires sur le patrimoine culturel immatériel dans différents espaces et institutions. Le Musée national de la culture péruvienne organise également des expositions consacrées aux arts et traditions populaires du Pérou qui présentent les travaux des principaux artistes d’art populaire du pays.
S’agissant des actions éducatives, la Direction générale de l’éducation interculturelle, bilingue et rurale (Ministère de l’Éducation) a conçu un Programme national des langues et des cultures destiné à mettre en place une pédagogie flexible qui réponde à la diversité culturelle du pays. Ce programme prévoit l’élaboration de matériels pertinents du point de vue éducatif, culturel et linguistique à mettre en œuvre à tous les niveaux de l’éducation formelle. Il comprend une formation des enseignants à l’éducation interculturelle et à l’inclusion des connaissances traditionnelles et des dynamiques de transmission non formelle dans les écoles. Le Ministère de la Culture a publié un kit éducatif sur le patrimoine culturel national qui a été distribué à toutes les écoles publiques du pays. Ce kit, destiné aux lycéens, comprend pour chaque domaine du patrimoine culturel, y compris le patrimoine culturel immatériel, un manuel scolaire et un guide destiné aux professeurs.
La principale initiative en matière de coopération bilatérale, sous-régionale, régionale et internationale est la création au Pérou du CRESPIAL par 13 pays d’Amérique latine (Argentine, Bolivie, Brésil, Colombie, Costa Rica, Cuba, Chili, Équateur, Mexique, Paraguay, Pérou, Uruguay et Venezuela). Le CRESPIAL a organisé des réunions de coordination afin que chaque pays membre partage ses expériences en matière de sauvegarde du patrimoine culturel immatériel. Ces réunions ont été l’occasion de comparer les différentes procédures d’identification et de sauvegarde qui pourraient être mises en œuvre dans d’autres régions. Le CRESPIAL a également rédigé une série de publications qui examinent le patrimoine culturel immatériel des pays de la région. Au delà d’une vision régionale des problèmes liés au patrimoine culturel immatériel, ces publications servent également de base à l’élaboration par les états de projets, de plans et de politiques de sauvegarde du patrimoine culturel immatériel.
La Pérou fait ici rapport sur quatre éléments inscrits sur la Liste représentative : le patrimoine oral et les manifestations culturelles du peuple Zápara (incorporé en 2008, avec l’Équateur, après avoir été proclamé chef d’œuvre du patrimoine oral et immatériel de l’humanité en 2001) ; Taquile et son art textile (également incorporé en 2008 après avoir été proclamé chef d’œuvre en 2005) ; la danse des ciseaux (2010) ; et la Huaconada, danse rituelle de Mito (2010). Dans le cas de la Huaconada, des normes ont été établies pour la fabrication et la vente des masques en bois utilisés pour la danse, assurant ainsi la reconnaissance des artisans qui les fabriquent et un prix juste payé à ces derniers. Avec la danse des ciseaux, l’inscription a sensibilisé les populations au patrimoine culturel immatériel, en particulier dans des lieux où le patrimoine matériel préhispanique et colonial est tellement important qu’il semble éclipser l’héritage culturel immatériel. L’inscription de Taquile a incité la communauté à mettre en place des mesures de sauvegarde (un inventaire des vêtements traditionnels, des pratiques d’enregistrement de l’art textile, etc.). L’inscription de l’élément Zápara a permis d’accroitre la visibilité des différents groupes ethniques qui habitent la forêt tropicale amazonienne et de souligner l’importance de la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel des populations amazoniennes autochtones de cette région qui font face à de multiples menaces.

Sur des éléments de la liste de sauvegarde urgente

Les rapports sur chaque élément inscrit sur la Liste de sauvegarde urgente sont soumis par l’État partie le 15 décembre de la quatrième année suivant celle durant laquelle un élément a été inscrit, et tous les quatre ans par la suite.

Eshuva, prières chantées en Harákmbut des Huachipaire du Pérou, inscrit en 2011

Pour accéder à la description de cet élément, au dossier original (formulaire, consentement des communautés, photos et vidéo) et à la décision d’inscription, voir la page dédiée.

Un rapport sera à soumettre pour le 15/12/2023

Rapport soumis en 2019 et à examiner par le Comité en 2020

Rapport soumis le 15/12/2016 et examiné par le Comité en 2017

Résumé

bientôt disponible
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