Rapport périodique sur la Convention pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel

La Convention précise dans son Article 29 que les États parties présentent au Comité des rapports sur les dispositions législatives, réglementaires ou autres prises pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel sur leurs territoires. Cette page présente les rapports périodiques et les échéances pour un pays : Pakistan (voir la situation de tous les États parties).

Les rapports périodiques permettent aux États parties d’évaluer leur mise en œuvre de la Convention et leurs capacités de sauvegarde du patrimoine culturel immatériel, de faire rapport sur leurs inventaires du patrimoine culturel immatériel, et de mettre à jour le statut des éléments inscrits sur la Liste représentative.

Quand des éléments sont inscrits sur la Liste du patrimoine culturel immatériel nécessitant une sauvegarde urgente, l’État partie soumissionnaire s’engage à prendre des mesures de sauvegarde visant à renforcer la viabilité du patrimoine concerné. Quatre ans après l’inscription, l’État partie fait rapport au Comité sur la situation actuelle de l’élément, sur l’efficacité des mesures de sauvegarde mises en œuvre, ainsi que sur les défis rencontrés.


Sur la mise en œuvre de la Convention

Chaque État partie soumet son rapport périodique au Comité avant le 15 décembre de la sixième année suivant la date à laquelle il a déposé son instrument de ratification, d’acceptation ou d’approbation, et tous les six ans par la suite.

Rapport soumis le 15/12/2017 et examiné par le Comité en 2018

Résumé

Le Pakistan a la chance de posséder une immense diversité culturelle. Les sites historiques du Ghandhara et de la vallée de l’Indus s’accompagnent d’un patrimoine culturel immatériel remarquable qui regroupe des pratiques, des expressions, des connaissances et des savoir-faire, des traditions orales, des arts du spectacle, des pratiques sociales et des festivals. Chaque province du Pakistan possède des traditions culturelles qui lui sont propres. Les connaissances, les traditions et les expressions autochtones qui ont évolué au fil des siècles sous l’effet de l’interaction des êtres humains avec leur environnement et qui ont aidé nos ancêtres à lutter contre la faim, les maladies et les catastrophes naturelles font partie intégrante de notre patrimoine culturel. Nous sommes fermement convaincus que notre patrimoine culturel est un garant du développement durable. Nous nous employons donc à sauvegarder ce patrimoine pour assurer la continuité de notre identité et la viabilité.
Le Pakistan a ratifié la Convention de l’UNESCO pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel en 2005 et le ministère de la Culture alors en place a été chargé des activités en lien avec le PCI. Depuis le 18e amendement de la Loi constitutionnelle en 2010, les sujets culturels incombent aux provinces. Il s’est néanmoins révélé nécessaire de désigner un point focal au niveau fédéral pour remplir les obligations et les engagements internationaux. La Division nationale du patrimoine historique et littéraire – rattachée au ministère de l’Information, de la Radiodiffusion et du Patrimoine historique et littéraire national – a donc été créée et a été chargée des activités liées à la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel.
Le Pakistan a établi un inventaire des éléments de son PCI, parmi lesquels deux ont été inscrits en tant que candidatures multinationales sur la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité : Nowrouz et la fauconnerie. Un dossier de candidature pour inscription sur la Liste du patrimoine culturel immatériel nécessitant une sauvegarde urgente du Suri Jagek, pratique météorologique et astronomique traditionnelle fondée sur l’observation du soleil, de la lune et des étoiles par rapport à la topographie locale, a récemment été présenté. Ce dossier a été jugé conforme aux exigences techniques requises pour l’inscription. La préparation de ce dossier est le fruit d’un effort conjoint de la Division nationale du patrimoine historique et littéraire, du gouvernement de la province de Khyber Pakhtunkhwa, du bureau de l’UNESCO au Pakistan et de l’ONG THAAP. La participation des communautés a été assurée pour obtenir le consentement libre, préalable et éclairé de tous les représentants des communautés.
Nous sommes fermement convaincus que les objectifs de la Convention pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel ne peuvent être atteints qu’avec la participation active des communautés concernées, car ce sont elles qui pratiquent et transmettent le PCI. Elles possèdent les connaissances et les savoir-faire nécessaires à la pratique et à la transmission du PCI. Il s’agit de leurs connaissances, et elles en sont les détentrices. Aucun plan de sauvegarde ne peut fonctionner sans la participation et le consentement des communautés. Nous travaillons donc sur un projet visant à renforcer les capacités des communautés concernées en vue de la réalisation d’un inventaire de leur PCI. Ce projet est également mené en collaboration avec des ONG locales et les gouvernements provinciaux concernés. Nous nous engageons à atteindre les objectifs fixés pour sauvegarder notre riche patrimoine culturel immatériel avec l’aide des communautés, des gouvernements provinciaux et de diverses institutions internationales, et avec la participation des communautés, des groupes et des individus concernés.

Rapport soumis le 15/12/2011 et examiné par le Comité en 2012

Résumé

L’organe national en charge du patrimoine culturel immatériel est Lok Virsa (l’Institut national du patrimoine populaire et traditionnel) qui agit de manière directe et indirecte en faveur de la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel. Établi en 1974 à des fins de recherche, collecte d’informations, documentation, sauvegarde et diffusion du folklore, des traditions orales et de la culture régionale du Pakistan, il détient la plus grande collection de sources documentaires et gère le plus grand musée ethnologique du pays. Il dispose également d’une unité de recherche, d’une médiathèque bien équipée et d’une maison d’édition. Le partenaire privé de Lok Virsa, l’Institut national des études culturelles, propose des cours sur le patrimoine culturel immatériel. Lok Virsa organise également des programmes et des activités en collaboration avec un certain nombre d’organisations non gouvernementales œuvrant dans le domaine de la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel. Le rapport souligne néanmoins un manque de volonté et d’engagement au niveau politique qui malgré les grands efforts déployés par les organes spécialisés rend difficile une action efficace de leur part.
S’agissant de la formation à la sauvegarde du patrimoine culturel, l’Institut national des études culturelles, établi par Lok Virsa dans ses locaux en collaboration avec des partenaires privés, propose différents diplômes professionnels (p. ex. gestion hôtelière, décoration intérieure, mode et création textile, études muséales et direction et production télévisées) pour lesquels l’accent est mis sur le patrimoine culturel immatériel. Lok Virsa organise également des cours spéciaux de musique pour renforcer les capacités des débutants dans ce domaine.
Au sein de Lork Visa, la Base de données nationale des biens culturels (National Database of Culturel Assets – NDCA), l’unité de recherche, la médiathèque, la Bibliothèque du patrimoine, le Musée ethnologique et le Musée du mouvement pour le Pakistan sont les organes participant au travail de documentation du patrimoine culturel matériel et immatériel. Créée en 2011, la NDCA est constituée des données recueillies dans le cadre du projet de cartographie culturelle de six districts. Ces données sont soumises et partagées directement par les membres des communautés des zones concernées. Il est prévu d’entreprendre une enquête culturelle dans tout le pays qui permettra d’identifier de nombreux autres éléments du patrimoine culturel immatériel, et espérons-le, d’encourager leur sauvegarde. En 2012, Lok Virsa a constitué une base de données de tous les artisans connus du pays et une enquête est actuellement en cours afin de recueillir les données concernant les artistes et artisans d’art populaire de tout le Pakistan. Cette enquête est menée au niveau des districts et les départements de l’administration centrale ainsi que toutes les autres organisations gouvernementales officielles et non gouvernementales y participent. Dans sa Bibliothèque du patrimoine, Lok Virsa conserve plus de 1 500 heures de vidéo et 3 500 heures d’enregistrements audio. Ces documents traitent des traditions populaires du Pakistan et sont sous divers formes et formats, notamment des danses, des chansons, des documentaires, des entretiens, etc. Toutes ces données enregistrées ont également été numérisées. L’accès à la bibliothèque, qui conserve aussi des manuscrits et des rapports originaux, des enquêtes de terrain et des monographies de recherche sur la culture pakistanaise, est libre.
Un expert a soumis au ministère concerné un projet visant à établir un comité de préparation d’un inventaire. Toutefois, un « inventaire » informel est déjà en cours de réalisation, les éléments du patrimoine culturel immatériel y sont inscrits au fur et à mesure de leur identification par différentes sources, c.-à-d. des particuliers, des experts, des organisations non gouvernementales, des communautés et des organes gouvernementaux de la région dans laquelle l’élément du patrimoine culturel immatériel se trouve. Dans le cadre de cette procédure, la viabilité de l’élément, ses propriétaires, sa valeur pour ses détenteurs, et surtout, sa compatibilité avec la Convention de 2003 sont pris en considération. Les informations sont recueillies soit par les membres de la communauté et/ou les détenteurs de la tradition, soit par Lok Virsa dans le cadre d’un travail constant d’identification, de collecte et de diffusion de ce patrimoine. Les efforts récemment déployés pour entreprendre une cartographie culturelle de tout le pays peuvent poser les jalons d’un travail de préparation systématique d’un inventaire national en permettant de définir la localisation et la portée des éléments du patrimoine culturel immatériel du pays.
Une des principales mesures mises en œuvre pour promouvoir et diffuser le patrimoine culturel immatériel, soutenir sa transmission et sensibiliser les populations au patrimoine culturel immatériel du Pakistan est l’organisation des Festivals du folklore national dans toutes les régions du pays. Dans ce cadre, des artisans travaillent devant le public, des chanteurs, danseurs et artistes interprètent leur art populaire, et des cuisines traditionnelles, des médecines populaires, des jeux traditionnels, etc. sont présentés. Afin d’être certain que la région est bien représentée, c’est le gouvernement provincial qui supervise la participation des interprètes et artisans. Des pavillons sont également attribués aux organisations non gouvernementales qui œuvrent à la promotion et la sauvegarde du patrimoine populaire et traditionnel du pays. Dans le même esprit, sont organisés des festivals où des artisans travaillent devant le public pendant une semaine ; ces événements constituent une ressource inestimable pour informer et sensibiliser le Pakistanais lambda. Un autre moyen de sensibiliser les populations au patrimoine culturel immatériel et à ses praticiens et de mettre en valeur les compétences de ces derniers est la remise annuelle de récompenses à des artistes et artisans d’art populaire par Lok Virsa. Parmi ces récompenses, on citera les Récompenses « Pride of Performance », les Récompenses nationales et les Certificats de reconnaissance nationale.
Lok Virsa participe également à des programmes éducatifs et des programmes de sensibilisation et d’information du grand public, en particulier les enfants, en organisant des visites éducatives de musées auxquelles toutes les écoles sont conviées pour une somme modique. Lok Virsa a également mis en place les Sociétés folkloriques des enfants (Children’s Folklore Societies) dans des écoles situées dans des zones reculées du Sind, du Baloutchistan et du district de Chitral. C’est une initiative importante car les élèves de ces écoles ne peuvent probablement pas bénéficier d’activités comme les visites de musées. L’idée est de pratiquer la culture traditionnelle à l’école lors de journées spéciales, de sensibiliser les jeunes et d’assurer la transmission de cette culture à la prochaine génération. Ces Sociétés folkloriques créent des musées au sein de leurs écoles en recueillant des artéfacts culturels locaux. Les ainés de la communauté font ensuite découvrir aux enfants les légendes, contes et épopées populaires qu’ils leur présentent, lors de journées culturelles spéciales, sous différentes formes artistiques de danse, de théâtre et de tableaux vivants en portant des costumes traditionnels, etc. Un exemple intéressant d’éducation non formelle est la série d’ateliers novateurs organisés pour des artisans dans tout le pays sur différents thèmes (p. ex. textiles, travail du bois, travail du métal, etc. ) et destinés à renforcer les capacités des maîtres artisans à devenir des maîtres de formation. Au cours de ces sessions, organisées en collaboration avec différents organes gouvernementaux et organisations non gouvernementales, les artisans sont formés aux tendances du marché, à la conception de produits, au packaging et à l’accès au marché. Cette série d’ateliers a été conçue par la Sungi Development Foundation (une organisation non gouvernementale) et a reçu un financement de GIZ (une organisation allemande de coopération internationale), les personnes ressources sont mises à disposition par Sungi et Dacchi (une autre organisation non gouvernementale).
Le Pakistan a un élément inscrit sur la Liste représentative : l’élément multinational, Novruz, Nowrouz, Nooruz, Navruz, Nauroz ou Nevruz (2009). Suite à l’inscription, Nowrouz est beaucoup plus reconnu et est désormais célébré dans tout le pays, et pas uniquement dans les zones géographiques du sud-ouest comme c’était auparavant le cas. L’Association éducative et culturelle Gojal (Gojal Educational and Cultural Association – GECA), une organisation non gouvernementale basée au Gilgit-Baltistan, joue un rôle particulier et très important dans la sauvegarde de cet élément. Cette ONG est composée de membres de la communauté qui célèbre Nowrouz depuis des siècles, ils participent à sa promotion et sa sauvegarde au niveau national et international. Pour la préparation du présent rapport, GECA et les autorités (en ce qui concerne les communautés concernées) ont été consultées par échange de courriers électroniques et d’appels téléphoniques et lors d’entretiens.

Sur des éléments de la liste de sauvegarde urgente

Les rapports sur chaque élément inscrit sur la Liste de sauvegarde urgente sont soumis par l’État partie le 15 décembre de la quatrième année suivant celle durant laquelle un élément a été inscrit, et tous les quatre ans par la suite.

Le Suri Jagek (observation du soleil), pratique météorologique et astronomique traditionnelle fondée sur l’observation du soleil, de la lune et des étoiles par rapport à la topographie locale, inscrit en 2018

Pour accéder à la description de cet élément, au dossier original (formulaire, consentement des communautés, photos et vidéo) et à la décision d’inscription, voir la page dédiée.

Un rapport sera à soumettre pour le 15/12/2022
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