Rapport périodique sur la Convention pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel

La Convention précise dans son Article 29 que les États parties présentent au Comité des rapports sur les dispositions législatives, réglementaires ou autres prises pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel sur leurs territoires. Cette page présente les rapports périodiques et les échéances pour un pays : Oman (voir la situation de tous les États parties).

Les rapports périodiques permettent aux États parties d’évaluer leur mise en œuvre de la Convention et leurs capacités de sauvegarde du patrimoine culturel immatériel, de faire rapport sur leurs inventaires du patrimoine culturel immatériel, et de mettre à jour le statut des éléments inscrits sur la Liste représentative.


Sur la mise en œuvre de la Convention

Chaque État partie soumet son rapport périodique au Comité avant le 15 décembre de la sixième année suivant la date à laquelle il a déposé son instrument de ratification, d’acceptation ou d’approbation, et tous les six ans par la suite.

Rapport soumis le 15/12/2017 et examiné par le Comité en 2018

Résumé

Il s’agit du deuxième rapport du Sultanat d’Oman sur la mise en œuvre de la Convention pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel (ci-après « la Convention ») et le statut des éléments omanais inscrits sur la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité (ci-après « la Liste représentative »). Ce rapport rend compte des efforts déployés par le sultanat pour préserver le patrimoine immatériel omanais à travers un travail de collecte et de documentation et la sensibilisation des jeunes Omanais à son importance.
Le sultanat s’est attaché à élaborer des plans et des programmes pour documenter son patrimoine immatériel à travers des activités de collecte et de suivi sur le terrain. En 2013, il a mis à jour ses inventaires en y ajoutant de nombreux éléments qui ne figuraient pas dans celui de 2010. Par ailleurs, les projets de collecte de l’histoire orale et les programmes relatifs aux éléments du patrimoine immatériel mis en œuvre par le gouvernement ou menés par des membres de la société ont diversifié les programmes de documentation sur le terrain.
Le sultanat a franchi des étapes importantes en adoptant des lois et des législations visant à structurer ce domaine. Outre les réglementations et les normes déjà en vigueur, le sultanat souhaite promulguer une Loi sur le patrimoine culturel omanais qui servira de cadre cohérent pour la préservation et la documentation du patrimoine. Cette loi contiendra aussi des dispositions juridiques pour limiter les abus et les distorsions du patrimoine immatériel omanais et aider à l’élaboration de plans et de programmes visant à l’intégrer dans les plans et les programmes de développement du pays.
Le sultanat pense par ailleurs que les jeunes ont un rôle à jouer dans la préservation du patrimoine immatériel et qu’il est essentiel de les sensibiliser à son importance. De nombreux programmes visent donc à transmettre ce patrimoine d’une génération à la suivante, à sensibiliser les jeunes à son importance en tant que marqueur identitaire de la société, et à encourager les études et les recherches en la matière dans le cadre des programmes des écoles et des universités.
Concernant la promotion et la sensibilisation à l’importance de ce patrimoine dans les médias, le sultanat a lancé la Chaîne culturelle d’Oman pour attirer l’attention sur le patrimoine omanais (matériel et immatériel) et le présenter au public. Un grand nombre de pièces de théâtre et d’émissions dans les médias (des concours omanais traditionnels diffusés à la télévision par exemple) mettent en valeur ce patrimoine. Certaines formes d’art, comme la photographie, le cinéma et le théâtre, se servent par ailleurs des arts omanais traditionnels de façon créative.
Le sultanat a également élaboré plusieurs programmes visant à promouvoir, préserver et protéger les éléments omanais inscrits sur la Liste représentative. En plus de montrer ces éléments dans des festivals locaux, le sultanat les diffuse dans le monde entier à l’occasion des semaines et des journées culturelles omanaises organisées à travers le monde et dans le cadre de nombreux festivals dans différentes régions auxquels participe le sultanat. Concernant le soutien apporté aux praticiens de ces éléments, les autorités omanaises compétentes organisent des ateliers spéciaux pour transmettre ces éléments d’une génération à l’autre à travers la formation des jeunes qui se les approprient et apprennent à les maîtriser. Ils organisent également des concours spéciaux et promotionnels autour de ces éléments. Les praticiens des arts traditionnels et les détenteurs du patrimoine immatériel sont à la base de leur préservation et de leur protection. Ils sont donc directement ciblés par les programmes de préservation et de protection. La préservation et la documentation du patrimoine relèvent d’une responsabilité intégrée partagée par la société, le gouvernement et des institutions du secteur privé du Sultanat d’Oman.
Il est donc possible d’affirmer que depuis sa ratification en 2005, la mise en œuvre de la Convention a bien avancé grâce à une utilisation de ce patrimoine, à une sensibilisation à son importance et à l’élaboration de programmes et de plans visant à renforcer les compétences des individus chargés de la mise en œuvre de la Convention, comme cela est expliqué dans le rapport du Sultanat d’Oman.

Rapport soumis le 15/12/2012 et examiné par le Comité en 2013 (dû originellement au 15/12/2011)

Résumé

L’organe national en charge de la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel est le Ministère du patrimoine et de la culture (MPC) qui a les responsabilités suivantes s’agissant du patrimoine culturel immatériel : suivre et recenser les coutumes sociales et les traditions omanaises ; recueillir la littérature populaire et la documentation (p. ex. les histoires et les récits populaires) et présenter leurs significations culturelles et leurs thèmes ; mettre en œuvre des accords internationaux ; mener et publier des travaux de recherche et des études dans le domaine de la littérature populaire ; superviser la préparation de matériels imprimés et de films documentaires consacrés au patrimoine culturel immatériel ; et participer à des festivals et des expositions. Suite à la ratification en 2005 de la Convention de 2003, un Département spécialisé dans les arts traditionnels a été établi. Le Ministère a défini des directives et des politiques pour les groupes populaires omanais et il travaille actuellement à l’élaboration d’une loi consacrée au patrimoine culturel immatériel. La législation omanaise en vigueur permet la création d’organisations non gouvernementales œuvrant dans le domaine du patrimoine culturel immatériel. En outre, l’Organisme public en charge des industries artisanales veille à l’artisanat traditionnel et met en œuvre de nombreux programmes destinés à sauvegarder les artisans et leur travail, avec notamment des formations pour les artisans et leurs apprentis. Le Centre omanais de musique traditionnelle est également une institution gouvernementale active dans la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel, principalement par son travail de documentation.
En ce qui concerne le renforcement des capacités dans le domaine de la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel, le MPC a organisé plusieurs ateliers de formation ayant trait au patrimoine culturel omanais. Une série de six ateliers de formation s’est tenue pour les professionnels et les détenteurs. En 2011, un atelier régional de trois jours a été consacré à l’inventaire national du patrimoine culturel immatériel, de nombreux experts originaires de la région y ont participé. Cette réunion s’est également intéressée aux étapes de l’élaboration des dossiers d’inscription, tant pour les candidatures nationales que plurinationales.
Les étudiants et les professeurs des écoles supérieures et des universités (p. ex. le Centre d’études humaines de l’Université Sultan Qabus) entreprennent des études et des travaux de recherche scientifique sur le patrimoine culturel immatériel et travaillent à sa documentation. Leurs travaux sont publiés sous la forme de publications scientifiques spécialisées. Le Centre omanais de musique traditionnelle abrite une très grande bibliothèque et des archives riches de documents sur la musique et les arts traditionnels omanais.
À ce jour, il n’existe aucune législation particulière régissant la procédure d’inventaire. Toutefois, une équipe a été établie, elle est composée de membres des Ministères du patrimoine et de la culture, du développement social, de l’information et des sports, et de représentants de l’Organisme public en charge des industries artisanales et de l’Université Sultan Qabus. Les critères utilisés pour inclure des éléments du patrimoine culturel immatériel dans l’inventaire sont les suivants : l’élément satisfait à la définition du patrimoine culturel immatériel donnée par la Convention de 2003 ; et les praticiens coopèrent avec les fonctionnaires du gouvernement pour soumettre les informations et les détails à propos de l’élément. Si aucun praticien n’est identifié, le gouvernement prend la responsabilité de l’inclusion, de l’évaluation, de la promotion et de la viabilité continue de l’élément. S’agissant de la viabilité des éléments concernés, le MPC évalue chaque élément et son besoin de sauvegarde immédiate sur la base du nombre de praticiens, des matériaux utilisés pour sa pratique et de l’environnement de l’élément. Si nécessaire, un élément peut être désigné comme nécessitant une sauvegarde urgente. La participation des communautés à l’inventaire est garantie par une collecte directe des informations auprès des praticiens (individus et groupes). Ensuite, ces groupes vérifient et approuvent les informations saisies avec l’aide d’organes nationaux tels que l’Association des femmes omanaises, les Groupes d’art populaire et le Club culturel, et de professeurs d’université qui vérifient la viabilité scientifique et académique des listes.
La sensibilisation au patrimoine culturel immatériel est une priorité essentielle de la politique du patrimoine immatériel à Oman. Le MPC a créé le Festival des arts traditionnels omanais afin de présenter les arts nationaux lors de spectacles en direct donnés sur des places publiques par des groupes de praticiens, d’éduquer le public et de le sensibiliser en organisant des ateliers et des séminaires scientifiques sur les arts omanais et leur interprétation. L’Organisme public en charge des industries artisanales cherche à encourager les artisans en assurant la promotion de leurs produits tant au niveau local qu’international. Il a également publié plusieurs livres et diffusé des publications consacrés au patrimoine culturel immatériel omanais. Les médias publics ont également contribué à sensibiliser le public à l’importance du patrimoine culturel immatériel national (p. ex. dans une émission de radio sur le folklore omanais et dans plusieurs émissions de télévision sur le folklore et l’artisanat ainsi que dans une série télévisée dont l’intrigue repose sur le patrimoine culturel immatériel omanais).
Le Gouvernement a introduit plusieurs éléments du patrimoine culturel immatériel dans le programme scolaire officiel en fournissant des supports pédagogiques sur des compétences nécessaires dans la vie courante, supports grâce auxquels les élèves peuvent en savoir plus sur le patrimoine omanais et prendre conscience de l’importance de sa sauvegarde dans la vie quotidienne. En ce qui concerne l’éducation non formelle et les programmes d’information destinés au grand public et aux jeunes, le Centre de formation à la musique, un institut de musique, forme les jeunes et développe leurs compétences musicales en leur apprenant à jouer de différents instruments traditionnels. Il abrite par ailleurs un groupe de musique traditionnelle. Le Club culturel organise des séminaires sur la culture traditionnelle et encourage le travail d’individus et d’écrivains talentueux dans le cadre d’associations spécialisées. Des ateliers réunissant des spécialistes sont également organisés sur le thème de l’Al-Bar-ah, élément inscrit sur la Liste représentative. Le Ministère des sports organise des ateliers et des compétitions de jeux traditionnels omanais au cours desquels les praticiens et les détenteurs concourent, ce qui constitue un excellent moyen de transmission. L’Organisme public en charge des industries artisanales a créé des maisons pour les artisans qui souhaitent transmettre leur savoir-faire traditionnels aux jeunes et aux autres personnes.
Parmi les efforts entrepris dans le cadre de la coopération bilatérale, sous-régionale, régionale et internationale, on peut citer : l’échange d’experts et d’expertise sur le patrimoine culturel immatériel ; l’organisation de festivals et de semaines culturelles dans lesquels le patrimoine culturel immatériel est présenté ; l’accueil d’interprètes et de praticiens de traditions, de coutumes, d’arts ou de gastronomies originaires de nombreux pays lors de festivals organisés à Mascate et à Salalah ; le partage d’expériences avec d’autres pays sur la promulgation de lois ; et l’encouragement au dialogue interculturel.
Oman fait rapport sur un élément inscrit sur la Liste représentative : Al-Bar’har, musique et danse des vallées du Dhofar d’Oman. L’inscription d’Al-Bar’har a été chaleureusement accueillie par les groupes de détenteurs locaux et a eu pour conséquence un accroissement du nombre d’interprètes et un renforcement des liens avec leurs communautés d’origine. L’inscription de l’élément a également permis une sensibilisation à sa signification et son importance, et sa présentation lors de nombreux événements et activités d’ordre social. Elle a également conduit à une augmentation du nombre de chercheurs s’intéressant au patrimoine culturel immatériel et à mis en valeur l’importance de ce domaine.

Top