Rapport périodique sur la Convention pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel

La Convention précise dans son Article 29 que les États parties présentent au Comité des rapports sur les dispositions législatives, réglementaires ou autres prises pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel sur leurs territoires. Cette page présente les rapports périodiques et les échéances pour un pays : Luxembourg (voir la situation de tous les États parties).

Les rapports périodiques permettent aux États parties d’évaluer leur mise en œuvre de la Convention et leurs capacités de sauvegarde du patrimoine culturel immatériel, de faire rapport sur leurs inventaires du patrimoine culturel immatériel, et de mettre à jour le statut des éléments inscrits sur la Liste représentative.


Sur la mise en œuvre de la Convention

Chaque État partie soumet son rapport périodique au Comité avant le 15 décembre de la sixième année suivant la date à laquelle il a déposé son instrument de ratification, d’acceptation ou d’approbation, et tous les six ans par la suite.

Rapport soumis le 15/12/2013 et examiné par le Comité en 2014 (dû originellement au 15/12/2012)

Résumé

Le Luxembourg est actuellement en train de rédiger une nouvelle législation destinée à mieux sauvegarder son patrimoine culturel et, en particulier, son patrimoine culturel immatériel. Le Luxembourg étant un petit État, ses structures administratives ne sont pas très complexes et le système de documentation et/ou de sauvegarde du patrimoine culturel immatériel n’est pas très vaste. L’organe qui a la responsabilité générale de la sauvegarde et de la gestion du patrimoine culturel immatériel est la Section de linguistique, d’ethnologie et d’onomastique de l’Institut grand-ducal. L’Œuvre St-Willibrord, une association de praticiens, est responsable du maintien de la tradition et de l’organisation de la procession dansante d’Echternach.
L’État ne dispense lui-même aucune formation à la gestion du patrimoine culturel immatériel mais il encourage les associations actives dans ce domaine (p. ex. l’Union Grand-Duc Adolphe pour les traditions musicales) à la mettre en œuvre en leur accordant un soutien financier et en personnel et en soutenant les publications concernées. Les associations culturelles transmettent également le savoir historique relatif à ces éléments.
L’Institut national de l’audiovisuel détient une collection documentaire exhaustive consultable par le public. La section susmentionnée de l’Institut grand-ducal (dite « la Section ») a également une bibliothèque bien fournie sur le patrimoine culturel immatériel consultable par le personnel de l’Institut. La Section est également riche de documentation sur le patrimoine culturel immatériel. Un centre de documentation sur la procession dansante, administré sous l’égide de la Basilique de St-Willibrord, fournit des informations précises sur l’élément et, pendant la procession, fait paraître des articles sur l’événement. Des émissions de radio et un centre de presse diffusent également des informations.
La Section est l’organe responsable de la réalisation et de la conservation de l’Inventaire national du patrimoine culturel immatériel. Cet inventaire est basé sur des principes territoriaux selon lesquels des éléments sont pratiqués soit sur tout le territoire national (p. ex. l’Hämmelmarsch et le Pèlerinage à Notre-Dame du Luxembourg), soit dans une région (p. ex. la procession dansante d’Echternach). Les critères d’inclusion du patrimoine culturel immatériel dans l’inventaire sont les suivants: les éléments sont pratiqués ou interprétés sans discontinuer ; ils sont documentés de longue date ; et ce sont des manifestations caractéristiques essentielles et elles sont représentatives. C’est la raison pour laquelle les éléments ayant un caractère plus local (p. ex. le Miertchen à Vianden) ne sont pas inclus dans l’Inventaire. La viabilité n’est pas prise en compte car aucun de ces éléments n’est actuellement menacé. Les recherches entreprises par la Section permettent de mettre à jour l’Inventaire. En ce qui concerne la participation des communautés à l’identification/définition du patrimoine culturel immatériel à inventorier, c’est en général les sociétés locales, en charge de maintenir la tradition de l’élément et d’assurer leur survie, qui fournissent des informations. Les organisations non gouvernementales ne participent pas à l’identification des éléments du patrimoine culturel immatériel, elles peuvent toutefois attirer l’attention de la Section sur des éléments intéressants.
Quatre éléments sont actuellement l’objet de mesures spécifiques en vertu de leur inscription à l’Inventaire national du patrimoine culturel immatériel : le Pèlerinage à Notre-Dame du Luxembourg ; l’Eimaischen, un marché de poteries et de céramiques qui se tient le lundi de Pâques dans la vieille ville de Luxembourg ; le Hämmelsmarsch à l’occasion duquel, à la fin août, un groupe de musiciens accompagnés de moutons joue un air populaire dans les rues ; et la procession dansante d’Echternach (également inscrite sur la Liste représentative en 2010). En ce qui concerne les éléments non inclus à l’Inventaire national, l’accès aux informations pertinentes n’est pas aussi systématique et bien organisé.
Les quatre éléments officiellement reconnus sont présentés aux élèves et étudiants de tous les niveaux d’enseignement et les informations sur le patrimoine culturel immatériel sont diffusées auprès des jeunes dans les programmes scolaires. S’agissant du patrimoine religieux (p. ex. la procession dansante d’Echternach ou le Pèlerinage à Notre-Dame du Luxembourg), les informations sont également transmises dans le cadre des cours d’éducation religieuse prévus au programme scolaire. À l’époque de la procession dansante d’Echternach, des cours spéciaux sont données aux élèves du primaire.
La procession dansante d’Echternach a été inscrite sur la Liste représentative en 2010. La procession fait toujours preuve d’une remarquable vitalité avec environ 10 000 participants et plusieurs dizaines de milliers de spectateurs. L’inscription et les événements liés ont sensibilisé les populations à l’importance du patrimoine culturel, de la diversité culturelle et du dialogue interculturel au Luxembourg, des notions particulièrement importantes dans un pays où l’immigration est une tradition depuis plusieurs siècles. Le présent rapport a été préparé conjointement par la Commission nationale pour l’UNESCO et l’association des praticiens, à savoir l’Œuvre St-Willbrord dont les archives ont également été consultées. La Section de l’Institut grand-ducal a également contribué à la préparation de ce rapport.

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