Rapport périodique sur la Convention pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel

La Convention précise dans son Article 29 que les États parties présentent au Comité des rapports sur les dispositions législatives, réglementaires ou autres prises pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel sur leurs territoires. Cette page présente les rapports périodiques et les échéances pour un pays : Honduras (voir la situation de tous les États parties).

Les rapports périodiques permettent aux États parties d’évaluer leur mise en œuvre de la Convention et leurs capacités de sauvegarde du patrimoine culturel immatériel, de faire rapport sur leurs inventaires du patrimoine culturel immatériel, et de mettre à jour le statut des éléments inscrits sur la Liste représentative.


Sur la mise en œuvre de la Convention

Chaque État partie soumet son rapport périodique au Comité avant le 15 décembre de la sixième année suivant la date à laquelle il a déposé son instrument de ratification, d’acceptation ou d’approbation, et tous les six ans par la suite.

Rapport soumis le 15/12/2013 et examiné par le Comité en 2014 (dû originellement au 15/12/2012)

Résumé

La Loi constitutionnelle (Décret-loi No 131 de 1982) qui protège les expressions originales de l’art populaire national et de l’artisanat (Articles 172 et 173), la Loi sur la protection du patrimoine culturel (Décret-loi No 220-97) qui déclare patrimoine culturel toutes les démonstrations culturelles des peuples autochtones vivants (Article 2) et la Loi fondamentale sur l’enseignement (Décret-loi No 262-2011) qui affirme le respect et l’effet stimulateur des valeurs interculturelles et multiculturelles (Article 13), constituent le principal cadre législatif de la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel. La responsabilité générale de la sauvegarde et de la gestion du patrimoine culturel immatériel incombe au Directeur général de la culture populaire, au sein du Secretaría de Estado en el Despacho de Cultura, Artes y Deportes – SCAD (Secrétariat d’état à la culture, aux arts et aux sports). Le Secretaría de Estado en los Despachos de Pueblos Indígenas y Afro hondureños – SEDINAFROH (Secrétariat d’état aux peuples autochtones et afro-descendants), créé en 2010, prend part à la gestion directe du patrimoine culturel immatériel, avec le soutien et la participation des communautés culturelles.
Le renforcement des capacités et la formation à la gestion du patrimoine culturel immatériel ne reviennent pas uniquement aux fonctionnaires mais également aux communautés. L’UNESCO a accordé son soutien à une formation à la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel pour les personnels techniques du SCAD, des Archives nationales, de l’Instituto Hondureño de Antropología e Historia – IHAH (Institut hondurien d’anthropologie et d’histoire) et de l’Instituto hondureño de cultura interamericana (Institut hondurien de culture interaméricaine). L’IHAH a également organisé une formation à l’identification et l’inventaire du patrimoine culturel immatériel, destinée à sensibiliser les communautés à la réalisation de leurs propres inventaires. Parmi les autres organes qui prennent part à la formation aux différents aspects du patrimoine culturel immatériel, on peut citer la Dirección General de Educación Intercultural Multilingüe – DIGEIM (Direction générale de l’éducation interculturelle multilingue), l’Universidad Nacional Autónoma de Honduras – UNAH (Université nationale autonome du Honduras), l’Universidad Pedagógica Nacional Francisco Morazán – UPNFM (Université pédagogique nationale Francisco Morazán) et l’Instituto Hondureño de Turismo – IHT (Institut hondurien du tourisme).
L’Archivo Nacional de Honduras – ANH (Archives nationales du Honduras) détient et conserve la collection de documentation historique du pays qui se trouve au Centro Documental de Investigaciones Históricas de Honduras – CDIHH (Centre de documentation pour la recherche historique du Honduras). L’accès aux documents est possible en ligne et sur place. L’IHAH détient également un Recensement du patrimoine culturel immatériel (réalisé en 2001) conservé aux Archives ethno-historiques (AE) Dans le cadre d’une initiative de gestion documentaire, Les AE ont rassemblé, dans les 18 départements du Honduras, des informations sur la gastronomie, la danse, les fêtes traditionnelles, l’artisanat, etc. L’IHAH a également recensé les manifestations du patrimoine immatériel liées aux espaces publics et privés dans les cités ou les villes ayant d’importants sites culturels. La documentation relative au patrimoine culturel immatériel est également détenue par le SCAD et l’UNAH et est, en général, accessible sur leurs sites web et dans leurs publications (livres, livrets, affiches, brochures, etc.).
À ce jour, le Honduras n’a pas encore réalisé d’inventaire du patrimoine culturel immatériel bien que des informations pertinentes aient été rassemblées sous d’autres formes. Par exemple, le Proyecto de Inventarios de Bienes Culturales Inmuebles de Honduras – PIBCIH (Projet d’inventaires des biens culturels du Honduras) a été mis en œuvre (2008-2011) sous le parrainage de l’Agence espagnole de coopération, l’Association des municipalités du Honduras (AMONH) et l’IHAH. Pour ce projet, des travaux de recherche anthropologique ont été menés dans chaque ville, des informations sur le patrimoine culturel immatériel ont été recueillies à l’occasion de ces inventaires sans toutefois qu’aucun champ spécifique du formulaire ne soit consacré au patrimoine culturel immatériel. En outre, l’IHAH a enregistré les événements du patrimoine culturel immatériel liés aux croyances religieuses de la population catholique et des techniques de recherche ethnographique ont été mises en œuvre dans les communautés de l’ouest et du centre du pays (2009-2010). On a pu ainsi identifier des cérémonies, des traditions orales et des souvenirs propres à la religion populaire de nature syncrétique qui combine des éléments de deux cultures, espagnole et autochtone. Le SCAD possède des enregistrements spécifiques d’éléments du patrimoine culturel immatériel.
S’agissant des mesures destinées à promouvoir la fonction du patrimoine culturel immatériel dans la société, les questions relatives à la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel font désormais partie des plans de travail des institutions concernées. On citera, par exemple, le programme de formation intitulé « Gardiens culturels » destiné aux gardes de parcs naturels (mis en œuvre par l’IHAH depuis 2009) dans le cadre duquel 270 gardes originaires de 11 départements du Honduras ont été formés à la fonction de gestionnaire du patrimoine local, et des sessions de formation dispensées par l’IHT aux Garifunas dans deux municipalités. Par ailleurs, parmi les activités de promotion et de diffusion, le SEDINAFROH présente un programme de radio qui promeut les langues autochtones et afro-honduriennes, et il soutient le Mois du patrimoine africain qui est célébré chaque année et au cours duquel sont organisées des activités de promotion (séminaires, ateliers, expositions et campagnes de sensibilisation) de certains aspects de la culture des afro-descendants (gastronomie, langue, musique, croyances religieuses et envoutements africains).
Parmi les efforts entrepris pour aborder le patrimoine culturel immatériel dans l’éducation, on citera le programme intitulé « Éducation interculturelle bilingue » (EIB), conçu par la DIGEIM et destiné aux enfants autochtones et afro-descendants, qui développe des matériels éducatifs. Les programmes de formation suivants le composent : les projets EIB dans 79 institutions situées dans les communautés autochtones et afro-descendantes du Honduras, la formation des enseignants à la méthodologie EIB dans ces communautés, la formation de formateurs dans les centres de formation des enseignants et la création d’une organisation destinée à former des membres des communautés autochtones et afro-descendantes afin qu’ils enseignent aux écoliers dans leur langue maternelle. Dans l’enseignement supérieur, le patrimoine culturel immatériel est intégré aux cours d’anthropologie et d’histoire de l’UNAH. Il existe plusieurs programmes de formation non-formelle au sein des communautés et groupes concernés.
En ce qui concerne la coopération bilatérale, sous-régionale, régionale et internationale, le Honduras a, par exemple, accueilli en 2011 un séminaire ibéro-américain sur « Le patrimoine immatériel, critères et méthodologies pour sa protection et sa diffusion ». Cette réunion, organisée grâce à un financement de l’Agence espagnole pour la coopération internationale au développement (AECID), a rassemblé des représentants du Honduras, d’El Salvador, du Nicaragua, du Chili, d’Argentine, de Colombie et d’Espagne. Le SEDINAFROH a signé des accords bilatéraux sur la gestion du patrimoine culturel en général (certains aspects de l’accord concernant plus particulièrement le patrimoine culturel immatériel) avec la Florida International University (FIU) et la Fondation universitaire ibéro-américaine (FUNIBER).
Le Honduras a un élément inscrit sur la Liste représentative : La langue, la danse et la musique des Garifuna (intégré en 2008 après avoir été proclamé chef-d’œuvre du patrimoine oral et immatériel de l’humanité en 2001). Cette inscription multinationale (avec Belize, le Guatemala et le Nicaragua) a contribué à la diffusion de la culture garifuna et rendu les Honduriens plus conscients de leur patrimoine culturel immatériel. Toutefois, bien que les détenteurs voient l’inscription comme une source de fierté, ils sont également conscients du défi que représente le maintien de la viabilité de ces pratiques. Ils savent également qu’ils doivent lutter contre une banalisation et une commercialisation excessives de l’élément. Les informations du présent rapport sur l’élément ont été recueillies auprès des organisations communautaires garifuna et transmises par les représentants de l’Organización de Desarrollo Étnico Comunitario – ODECO (Organisation de développement ethnique communautaire) et de l’Organización Fraternal Negra Hondureña – OFRANEH (Organisation fraternelle des noirs du Honduras). Des entretiens ont également été réalisés avec deux communautés garifuna et des rencontres ont été régulièrement organisées entre des fonctionnaires et des représentants des communautés et des organisations garifuna.

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