Decision of the Bureau : 18.COM 2.BUR 3.1

Le Bureau,

  1. Rappelant l’article 23 de la Convention ainsi que le chapitre I.4 des Directives opérationnelles relatives à l’admissibilité et aux critères des demandes d’assistance internationale,
  2. Ayant examiné le document LHE/23/18.COM 2.BUR/3 ainsi que la demande d’assistance internationale no02049 soumise par Haïti,
  3. Prend note qu’Haïti a demandé une assistance internationale pour le projet intitulé Soutenir la communauté des artistes et artisans du village de Noailles pour sauvegarder le patrimoine culturel immatériel du métal découpé dans le contexte de crise sécuritaire et pour la résilience en Haïti :

Pendant plusieurs générations, le village de Noailles a abrité des communautés de découpeurs de métal dont la pratique est inscrite à l’inventaire du patrimoine culturel immatériel d’Haïti. Cette forme d’expression a été relancée au milieu du XXe siècle, avec l’utilisation de bidons recyclés comme matière première. Le découpage de métal est le principal moyen de subsistance et la source de résilience des artisans et des membres de la communauté. Mis en œuvre par le Bureau de l’UNESCO à Port-au-Prince, en coopération avec le Ministère de la culture et de la communication d’Haïti, ce projet de trois ans vise à assurer la continuité et la durabilité de l’art du métal découpé qui a été mis en péril par la crise sécuritaire dans le pays. La crise ayant entraîné le déplacement de la plupart des détenteurs de leur lieu de vie et de travail, la perte de compétences et la disparition des réseaux de distribution. Les artisans et communautés concernés seront représentés par l’Association des Artistes et Artisans de Croix-des-Bouquets (ADAAC). Axé sur les découpeurs de métal déplacés du village de Noailles, ce projet vise à leur fournir les conditions et les moyens de reprendre leur activité, à renforcer l’organisation sociale de la communauté et les capacités des artisans, à soutenir le développement de nouveaux canaux de distribution, et à promouvoir le patrimoine culturel immatériel du métal découpé en Haïti et à l’étranger.

  1. Prend note en outre que :
    1. Cette assistance concerne l’appui à un projet mis en œuvre au niveau local, conformément à l’article 20 (c) de la Convention ;
    2. L’État partie a sollicité une assistance internationale qui prendra la forme de services fournis par le Secrétariat à l’État ; et
  • L’assistance prend donc la forme de services fournis par l’UNESCO (100 pour cent des transactions financières devant être gérées par l’UNESCO), conformément à l’article 21 (b) et (g) de la Convention ;
  1. Prend également note qu’Haïti a demandé une allocation d’un montant de 280 092 dollars des États-Unis au Fonds du patrimoine culturel immatériel pour ce projet, qui sera mis en œuvre par le Bureau de l’UNESCO à Port-au-Prince, en étroite coopération avec le Ministère de la culture et de la communication d’Haïti ;
  2. Comprend que le Bureau de l’UNESCO à Port-au-Prince sera responsable de la gestion du montant total demandé au Fonds du patrimoine culturel immatériel, tandis que l’État demandeur sera responsable de la cogestion du projet et contribuera à l’élaboration d’outils de diffusion médiatique pour sensibiliser le public, notamment une vidéo de dix minutes, une série de programmes télévisés et radiophoniques. D’autres agences de coopération contribueront également au projet. L’Union européenne soutiendra le projet avec le développement et la gestion du site web pendant la période de mise en œuvre du projet, et la Maison des cultures du monde à Berlin soutiendra certains artisans pour leur participation à la foire internationale. En outre, l’Association haïtienne de psychologie contribuera également à couvrir une partie des coûts des traitements psychologiques ;
  3. Décide que, d’après les informations fournies dans le dossier no02049, la demande satisfait aux critères d’octroi de l’assistance internationale énoncés aux paragraphes 10 et 12 des Directives opérationnelles comme suit:

Critère A.1 : L’implication des communautés dans la préparation, la mise en œuvre et l’évaluation du projet est au cœur du projet, tandis que les artisans en seront les principaux bénéficiaires. Lors de la conception de ce projet, le Bureau de l’UNESCO à Port-au-Prince a organisé quatre ateliers dans un format hybride, réunissant des représentants de l’Association des Artistes et Artisans de Croix-des-Bouquets (ADAAC), du Ministère de la culture et de la communication, et de la Commission nationale haïtienne de coopération avec l’UNESCO. Au cours de ces réunions, la communauté a souligné les besoins et proposé les mesures nécessaires à la relance et à la durabilité de la pratique.

Critère A.2 : Le budget est présenté de manière claire, complète et détaillée. Le montant demandé semble suffisant pour couvrir toutes les activités proposées et peut donc être considéré comme approprié.

Critère A.3 : Les activités proposées sont cohérentes et bien planifiées en matière d’objectifs et de résultats attendus du projet, pour permettre aux artisans de reprendre, d’exercer et de transmettre l’art du fer découpé dans la situation d’urgence actuelle. Les activités comprennent le renforcement des capacités pour la création et la transmission des connaissances traditionnelles du découpage du métal, une formation pour renforcer les capacités de l’ADAAC, la création d’une coopérative ainsi que d’un site de vente en ligne, la participation à des événements nationaux et internationaux, et une campagne de sensibilisation. En outre, compte tenu de l’importance du patrimoine vivant pour promouvoir la résilience des communautés en période de conflit, le projet fournira également un soutien psychologique à tous les bénéficiaires.

Critère A.4 : Le projet prévoit de permettre aux artisans de reprendre, d’exercer et de transmettre l’art du métal découpé. À l’issue du projet, la communauté disposera de supports de qualité pour la sensibilisation, la communication et la promotion du patrimoine culturel immatériel lié au métal découpé, grâce à des sites web incluant une galerie virtuelle, des vidéos et un inventaire actualisé. Les artisans bénéficieront également de réseaux professionnels renouvelés et d’opportunités, notamment à l’étranger grâce à la participation à des événements internationaux.

Critère A.5 : L’État demandeur contribuera à hauteur de 9 pour cent et les autres partenaires à hauteur de 15 pour cent du montant total du budget du projet (368 092 dollars des États-Unis). Par conséquent, une assistance internationale est demandée au Fonds du patrimoine culturel immatériel pour les 76 pour cent restants du montant total du budget du projet.

Critère A.6 : Le renforcement des capacités des communautés du village de Noailles est l’un des principaux objectifs du projet. Grâce à des programmes de formation sur mesure, les artisans amélioreront leurs compétences techniques et en acquerront de nouvelles, tant en ce qui concerne les techniques de découpage du métal que pour le développement de leur activité. En général, l’implication de la communauté dans la mise en œuvre directe de toutes les activités contribuera à renforcer sa capacité à sauvegarder efficacement son patrimoine culturel immatériel, en particulier à travers la sensibilisation et la promotion, mais aussi l’organisation, la planification et l’évaluation.

Critère A.7 : L’État demandeur a bénéficié d’une assistance internationale du Fonds du patrimoine culturel immatériel pour le projet intitulé « Programme d’appui au système scolaire pour la transmission du patrimoine culturel immatériel (PASS-TPCI) » (août 2018 - août 2021 ; 98 970 dollars des États-Unis) ; le projet est en cours de clôture administrative et financière.

Paragraphe 10(a) : Les activités proposées ont une portée locale, tandis que le projet encourage la coopération avec plusieurs organisations nationales (la Fondation AfricAmericA et l’Association haïtienne de psychologie) et internationales (l’Union européenne et la Maison des cultures du monde à Berlin).

Paragraphe 10(b) : Grâce à ce projet, les artisans pourront retrouver leur mode d’expression et leur autonomie financière, collectivement et individuellement. Grâce aux ateliers de transmission et de formation, la communauté retrouvera une main-d’œuvre qualifiée, avec des compétences élargies pour répondre aux demandes, par exemple les commandes des collectionneurs ou des musées, et diversifier ses revenus pour préserver les moyens de subsistance.

  1. Approuve la demande d’assistance internationale d’Haïti pour le projet intitulé Soutenir la communauté des artistes et artisans du village de Noailles pour sauvegarder le patrimoine culturel immatériel du métal découpé dans le contexte de crise sécuritaire et pour la résilience en Haïti et accorde un montant de 280 092 dollars des États-Unis pour la mise en œuvre de ce projet selon les modalités décrites aux paragraphes 5 à 6 ;
  2. Prend note aussi de l’expérience positive de l’assistance technique fournie à Haïti pour finaliser cette demande, et invite l’État demandeur à tirer parti des compétences du personnel qui a directement bénéficié de cette assistance ;
  3. Demande que le projet soit mis en œuvre en plusieurs phases afin de permettre un suivi étroit de la situation sécuritaire actuelle et des ajustements dans sa mise en œuvre, le cas échéant;
  4. Demande en outre au Secrétariat de se mettre d’accord avec l’État demandeur sur les détails techniques de l’assistance, en accordant une attention particulière à ce que le budget et le plan de travail des activités à couvrir par le Fonds du patrimoine culturel immatériel soient suffisamment détaillés et précis pour fournir une justification suffisante des dépenses ;
  5. Invite l’État demandeur à utiliser le formulaire ICH-04-Rapport pour rendre compte de l’utilisation de l’assistance octroyée.

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