Decision of the Bureau : 17.COM 5.BUR 3.3

Le Bureau,

  1. Rappelant l’article 23 de la Convention ainsi que le chapitre I.4 des Directives opérationnelles relatifs à l’admissibilité et aux critères des demandes d’assistance internationale,
  2. Ayant examiné le document LHE/22/17.COM 5.BUR/3 ainsi que la demande d’assistance internationale n  02006 soumise par la Thaïlande,
  3. Prend note que la Thaïlande a demandé une assistance internationale pour le projet intitulé École de terrain pour le renforcement des capacités de sauvegarde du patrimoine vivant des communautés ethniques en Thaïlande :

Ce projet de deux ans vise à renforcer la capacité de cinq groupes ethniques et des parties prenantes concernées en Thaïlande à sauvegarder le patrimoine culturel immatériel (PCI). Les groupes ethniques (Pgakenyaw Karen, Pwo Karen, Moken, Moklen et Urak Lawoi) ont été choisis sur la base de leur vulnérabilité et de leur volonté de s’engager dans les activités de sauvegarde. Le projet prévoit la création d’une école de terrain pour le renforcement des capacités en matière de sauvegarde du patrimoine vivant des communautés ethniques, qui servira de plateforme pour (a) organiser des formations pratiques pour les communautés ethniques ainsi que pour le gouvernement, les universitaires et les agents de développement afin d’inventorier et de sauvegarder le PCI des communautés ethniques ; (b) mettre en œuvre des activités de terrain pour inventorier le PCI, transmettre et développer des plans de sauvegarde, et coordonner des visites entre les différents groupes ethniques afin d’échanger des connaissances et de construire des réseaux ; (c) entreprendre des activités de communication publique et de plaidoyer ; et (d) produire des orientations techniques et politiques. Ces activités répondent aux risques posés au PCI des groupes ethniques en Thaïlande, qui pourraient conduire à une perte d’identité et d’autosuffisance. Le projet devrait atténuer ces risques tout en orientant la politique et en conduisant à la création de réseaux à long terme qui seront mutuellement bénéfiques et soutiendront les politiques actuelles et futures concernant les groupes ethniques en Thaïlande.

  1. Prend note en outre que :
    1. Cette assistance vise à soutenir un projet mis en œuvre au niveau national, conformément à l’article 20 (c), de la Convention ;
    2. L’État partie a demandé une assistance internationale qui prendra notamment la forme de services du Secrétariat ;
  • l’assistance prend donc la forme de l’octroi d’un don et de services fournis par l’UNESCO (mise à disposition d’experts), conformément à l’article 21 (b) et (g) de la Convention ;
  1. Prend également note que la Thaïlande a demandé une allocation d’un montant de 100 000 dollars des États-Unis au Fonds du patrimoine culturel immatériel pour la mise en œuvre de ce projet, qui sera réalisé conjointement par le Centre d’anthropologie Princesse Maha Chakri Sirindhorn (sous l’égide du Ministère de la culture) et le Bureau multipays de l’UNESCO pour la région Asie-Pacifique à Bangkok;
  2. Comprend que le bureau de l’UNESCO à Bangkok sera responsable : (a) de la préparation des documents de sensibilisation ; (b) de la mise à disposition d’un animateur et d’un coordinateur pour les forums publics afin de partager les résultats du travail sur le terrain ; (c) de la production d’une boîte à outils technique sur la façon de mettre en place l’école sur le terrain dans d’autres communautés ; et (d) de la mise à disposition d’une campagne publicitaire et en ligne pour présenter une recommandation politique (23 pour cent du montant demandé). L’État partie demandeur sera responsable : (a) de la coordination et la gestion du projet ; (b) de la formation sur l’inventaire et le développement des activités de sauvegarde ; (c) des activités de terrain en matière d’inventaire, de transmission et de sauvegarde ; (d) de l’organisation de forums publics pour partager les résultats des écoles de terrain ; et (e) de la production d’une recommandation politique (77 pour cent du montant demandé), comme décrit dans la demande ;
  3. Décide que, d’après les informations contenues dans le dossier n  02006, la demande satisfait aux critères d’octroi de l’assistance internationale énoncés aux paragraphes 10 et 12 des Directives opérationnelles comme suit :

Critère A.1 : La demande démontre le rôle actif des communautés dans la planification, la mise en œuvre et l’évaluation du projet. L’objectif de ce projet étant de renforcer les groupes ethniques marginalisés en identifiant des processus durables pour sauvegarder leur patrimoine vivant, les activités se sont concentrées sur des méthodologies de formation pratique. Celles-ci mettent l’accent sur la création d’un espace d’échange de connaissances par le biais d’ateliers et d’autres activités pratiques.

Critère A.2 : Le budget est clairement détaillé, reflétant les activités prévues et les dépenses afférentes. Le montant total de l’aide demandée est donc jugé approprié et conforme à la portée du projet pour atteindre les résultats souhaités.

Critère A.3 : Les activités proposées sont présentées dans une séquence logique et comprennent le renforcement des capacités, le travail de terrain, la sensibilisation et les recommandations politiques pour la sauvegarde du patrimoine vivant des communautés impliquées dans le projet. Elles semblent réalisables pendant la durée du projet.

Critère A.4 : Ce projet s’insère dans trois cadres principaux qui garantissent des résultats à long terme et la durabilité. Le projet : (a) renforce les capacités et les réseaux des porteurs et sensibilise un large éventail de parties prenantes ; (b) s’inscrit dans le cadre de réformes juridiques et réglementaires plus larges qui sont actuellement en cours, notamment la promulgation du projet de loi sur la protection et la promotion du mode de vie des groupes ethniques ; et (c) constitue une extension du travail et du mandat existants du Centre d’anthropologie de la Princesse Maha Chakri Sirindhorn, qui sera poursuivi après la fin du projet.

Critère A.5 : L’État partie soumissionnaire contribuera à hauteur de 62 pour cent du montant total du budget du projet (265 800 dollars des États-Unis). Par conséquent, l’assistance internationale est demandée au Fonds du patrimoine culturel immatériel pour les 28 pour cent restants du montant total du budget du projet.

Critère A.6 : Le projet vise clairement à développer les capacités des communautés et des autres acteurs concernés, en mettant l’accent sur les porteurs, les parties prenantes et les autres partenaires institutionnels. Dans le même temps, il encourage les mécanismes de travail participatif entre les communautés ethniques et les agences gouvernementales. Le projet sera également bénéfique au renforcement des capacités institutionnelles dans le cadre de la mobilisation du projet de loi sur la protection et la promotion du mode de vie des groupes ethniques. Il s’agit d’un mécanisme visant à soutenir la création du modèle des « zones culturelles spéciales », qui soutiendra les modes de vie des communautés ethniques.

Critère A.7 : La Thaïlande n’a jamais, à ce jour, reçu aucune assistance financière de la part de l’UNESCO du Fonds du patrimoine culturel immatériel de la Convention de 2003 afin de mettre en œuvre des activités similaires ou connexes dans le domaine du patrimoine culturel immatériel.

Paragraphe 10(a) : Le projet a une portée nationale et sa mise en œuvre implique des partenaires nationaux et locaux.

Paragraphe 10(b) : Le projet devrait permettre de sensibiliser le public au niveau national à l’importance de la sauvegarde du patrimoine vivant de tous les groupes ethniques du pays.

  1. Approuve la demande d’assistance internationale de la Thaïlande pour le projet intitulé École de terrain pour le renforcement des capacités de sauvegarde du patrimoine vivant des communautés ethniques en Thaïlande et accorde un montant de 100 000 dollars des États-Unis à l’État partie à cette fin ;
  2. Demande au Secrétariat de se mettre d’accord avec l’État partie demandeur sur les détails techniques de l’assistance, en accordant une attention particulière à ce que le plan de travail et le budget des activités que le Fonds du patrimoine culturel immatériel devra couvrir, soient suffisamment détaillés et spécifiques pour justifier les dépenses ;
  3. Invite l’État partie à utiliser le formulaire ICH-04-Rapport pour rendre compte de l’utilisation de l’assistance accordée.

 

Top