Decision of the Bureau : 15.COM 2.BUR 3.1

Le Bureau,

  1. Rappelant l’article 23 de la Convention ainsi que le chapitre I.4 des Directives opérationnelles relatifs à l’admissibilité et aux critères des demandes d’assistance internationale,
  2. Ayant examiné le document LHE/20/15.COM 2.BUR/3, ainsi que la demande d’assistance internationale n  01624 soumise par Antigua-et-Barbuda,
  3. Prend note qu’Antigua-et-Barbuda a demandé une assistance internationale pour le projet intitulé Renforcement des capacités pour la mise en œuvre de la Convention de 2003 pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel à Antigua-et-Barbuda :

Ce projet de dix-neuf mois a pour objectif de renforcer les capacités pour la mise en œuvre durable de la Convention de 2003 à Antigua-et-Barbuda afin d’assurer l’inventaire, la promotion et la sauvegarde du patrimoine vivant dans le pays. Mis en œuvre par la Division du développement culturel du Ministère des sports, de la culture, des festivals nationaux et des arts avec l’aide du bureau multi-pays de l’UNESCO pour les Caraïbes à Kingston, le projet répond au besoin urgent d’élaborer une stratégie nationale coordonnée pour faire progresser la mise en œuvre de la Convention et est motivé par les préoccupations des parties prenantes quant au risque de disparition d’éléments clés du patrimoine vivant. Une unité de coordination composée de dix-neuf membres (NITCU) sera créée pour le projet et restera active une fois le projet terminé, comprenant des gardiens et des parties prenantes des secteurs public et privé ainsi que la société civile. Le projet permettra de créer le tout premier inventaire national du patrimoine vivant du pays, en renforçant les capacités techniques nationales pour collecter et interpréter les données correspondantes et en améliorant l’échange d’informations entre les secteurs public et privé ainsi que la société civile. Deux activités de sauvegarde pilotes - centrées sur le jeu du Warri et sur la construction de bateaux traditionnels - seront entreprises pour tester les mesures de sauvegarde et instruire de futures activités de sauvegarde. Les ateliers de formation porteront sur les principes et le fonctionnement de la Convention, sur l’inventaire avec la participation des communautés et sur l’utilisation du matériel audiovisuel et des logiciels d’archivage. L’inventaire qui en résultera sera publié, accompagné d’un rapport sur les résultats. L’inventaire final devrait permettre de mieux faire connaître les éléments clés du patrimoine vivant et leur état de viabilité, et devrait encourager les investissements coordonnés et fondés sur des éléments probants, ainsi que l’attention politique accordée à la sauvegarde du patrimoine vivant.

  1. Prend note en outre que :
    1. cette assistance concerne l’appui à un projet mis en œuvre au niveau national, conformément à l’article 20 (c) de la Convention ;
    2. l’État partie a demandé une assistance internationale qui prendra en partie la forme de services fournis par le Secrétariat à l’État ; et
    3. l’assistance prend donc la forme d’octroi d’un don et de services fournis par l’UNESCO (mise à disposition d’experts, formation du personnel nécessaire, élaboration de mesures normatives et fourniture d’équipement), conformément à l’article 21 (b), (c), (d), (f) et (g) de la Convention ;
  1. Prend également note qu’Antigua-et-Barbuda a demandé une allocation d’un montant de 97 754 dollars des États-Unis du Fonds du patrimoine culturel immatériel pour la mise en œuvre de ce projet, qui sera conjointement mis en œuvre par le Ministère des sports, de la culture, des festivals nationaux et des arts et par le Bureau multi-pays de l’UNESCO pour les Caraïbes à Kingston ;
  2. Comprend que le Bureau multi-pays de l’UNESCO pour les Caraïbes à Kingston sera chargé de fournir une expertise internationale pour les activités de renforcement des capacités ainsi que d’établir les contrats correspondants et d’assurer le soutien administratif et technique (12 pour cent du montant demandé). L’État demandeur, quant à lui, sera responsable de l’organisation logistique des activités de renforcement des capacités, de la mise à disposition d’experts nationaux, des exercices pilotes d’inventaire, des activités de sauvegarde et de la campagne de sensibilisation et de l’achat de matériel (88 pour cent du montant demandé), comme indiqué dans la demande ;
  3. Décide que, d’après les informations fournies dans le dossier n  01624, la demande satisfait aux critères d’octroi de l’assistance internationale énoncés aux paragraphes 10 et 12 des Directives opérationnelles comme suit :
Critère A.1 : Avant de soumettre la demande, de nombreuses personnes et communautés, issues du secteur privé et d’organisations de la société civile ont été consultées. Des membres de la communauté des deux îles (dont les représentants siégeront au NITCU) seront pleinement impliqués dans les activités mises en œuvre dans le cadre de ce projet et dans les activités futures, et notamment dans la mise à jour de l’inventaire après la clôture du projet. En outre, la campagne de sensibilisation a pour objectif d’informer les membres de la communauté quant à l’avancement du projet, et de recueillir leurs expériences et leurs avis, qui seront pris en compte dans la conception des futures activités de sauvegarde.

Critère A.2 : Le budget est présenté de manière structurée, reflétant les activités prévues et les dépenses y afférentes. Étant donné que le projet recevra une forte proportion de contributions en nature et de contributions autres que celles de l’État soumissionnaire, il est utile de fournir des informations détaillées relatives aux sources budgétaires. Le montant de l’aide demandée peut donc être considéré comme approprié pour la mise en œuvre des activités proposées.

Critère A.3 : Les activités sont effectivement en lien avec les objectifs et les résultats attendus du projet, démontrant clairement que chacune d’entre elles a été prévue pour renforcer les capacités et acquérir de l’expérience dans un objectif de sauvegarde du patrimoine vivant dans le pays. Il est également louable que le projet prenne en considération les besoins des communautés ayant subi le passage de l’ouragan Irma en 2017. Dans l’ensemble, la séquence des activités proposées est logique et semble réalisable pendant la durée du projet.

Critère A.4 : Le projet prévoit un certain nombre d’activités qui devraient pouvoir perdurer une fois le projet terminé, notamment la mise à jour du premier inventaire du patrimoine vivant au niveau national, des programmes de sauvegarde de deux traditions et pratiques sélectionnées, et des activités de sensibilisation. L’un des points forts du projet est l’interconnexion qu’il permet entre le secteur culturel et les secteurs de l’éducation et du travail pour la sauvegarde du patrimoine national vivant, un aspect essentiel pour la mise en place de mécanismes solides qui inscriront le projet dans la durabilité.

Critère A.5 : L’État partie demandeur contribuera à hauteur de 68 pour cent et les autres partenaires apporteront une contribution supplémentaire à hauteur de 10 pour cent du montant total du projet pour lequel une assistance internationale est demandée au Fonds du patrimoine culturel immatériel.

Critère A.6 : Le projet veille à impliquer de multiples parties prenantes afin de répondre à leurs besoins de renforcement des capacités dans le domaine de la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel. Toutes les activités ont été planifiées de manière à renforcer les capacités des membres de la communauté et de manière à ce que les autres parties prenantes planifient et gèrent les actions de sauvegarde, tout en veillant à ce que les communautés porteuses puissent s’approprier le projet avec fierté.

Critère A.7 : Antigua-et-Barbuda n’a, à ce jour, reçu aucune assistance financière de la part de l’UNESCO du Fonds du patrimoine culturel immatériel de la Convention de 2003 afin de mettre en œuvre des activités similaires ou connexes dans le domaine du patrimoine culturel immatériel.

Paragraphe 10(a) : Le projet a une portée nationale et sa mise en œuvre implique des partenaires nationaux et locaux, notamment la division du département culturel du Ministère des sports, de la culture, des festivals nationaux et des arts, le département du patrimoine de l’autorité des parcs nationaux (Heritage Department of the National Parks Authority), les Ministères du travail et de l’éducation, la Division du développement communautaire, la Chaire de Barbuda pour le tourisme, la culture, le sport et la jeunesse, le Groupe de sensibilisation à l’environnement, le Precision Centre, l’académie de Warri d’Antigua-et-Barbuda, des parties prenantes du secteur maritime, trente-deux membres de la communauté et le bureau multi-pays de l’UNESCO pour les Caraïbes à Kingston.

Paragraphe 10(b) : Les liens entre les activités prévues sont évidents et elles ont été conçues pour avoir un effet multiplicateur : l’inventaire est un point de départ qui enclenche tout un système de sauvegarde du patrimoine culturel immatériel dans le pays, et les activités de sauvegarde peuvent servir d’exemple et être reproduites pour d’autres traditions et pratiques du pays. Les informations fournies dans la demande indiquent clairement les engagements financiers et techniques des autorités nationales, du secteur public et des organisations civiles pour soutenir la poursuite des activités une fois le projet clôturé.

  1. Approuve la demande d’assistance internationale d’Antigua-et-Barbuda pour le projet intitulé Renforcement des capacités pour la mise en œuvre de la Convention de 2003 pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel à Antigua-et-Barbuda et accorde un montant de 97 754 dollars des États-Unis pour la mise en œuvre de ce projet selon la modalité décrite aux paragraphes 5 et 6 ;
  2. Demande au Secrétariat de se mettre d’accord avec l’État partie demandeur sur les détails techniques de l’assistance, en accordant une attention particulière à ce que le plan de travail et le budget des activités que le Fonds du patrimoine culturel immatériel devra couvrir, soient suffisamment détaillés et spécifiques pour justifier les dépenses ;
  3. Invite l’État partie à utiliser le formulaire de rapport ICH-04-Rapport pour rendre compte de l’utilisation de l’assistance internationale accordée.

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