Rapport périodique sur la Convention pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel

La Convention précise dans son Article 29 que les États parties présentent au Comité des rapports sur les dispositions législatives, réglementaires ou autres prises pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel sur leurs territoires. Cette page présente les rapports périodiques et les échéances pour un pays : Slovénie (voir la situation de tous les États parties).

Les rapports périodiques permettent aux États parties d’évaluer leur mise en œuvre de la Convention et leurs capacités de sauvegarde du patrimoine culturel immatériel, de faire rapport sur leurs inventaires du patrimoine culturel immatériel, et de mettre à jour le statut des éléments inscrits sur la Liste représentative.


Sur la mise en œuvre de la Convention

Chaque État partie soumet son rapport périodique au Comité avant le 15 décembre de la sixième année suivant la date à laquelle il a déposé son instrument de ratification, d’acceptation ou d’approbation, et tous les six ans par la suite.

Rapport soumis le 15/12/2014 et examiné par le Comité en 2015

Résumé

Les organes compétents en matière de patrimoine culturel immatériel, et les différentes responsabilités qui leur sont attribuées, sont les suivants : La Direction du patrimoine culturel, au sein du Ministère de la culture a la responsabilité globale du patrimoine culturel, elle définit la politique, supervise la sauvegarde, finance les services publics et gère le Registre du patrimoine culturel. Le Coordinateur désigné sauvegarde le patrimoine culturel immatériel en coopération avec les musées nationaux et les autres musées autorisés, et l’Institut en charge de la protection du patrimoine culturel. En 2011, le rôle de Coordinateur était assuré par le Musée ethnographique slovène. La Commission nationale slovène auprès de l’UNESCO et son Comité spécial du patrimoine soutiennent les détenteurs du patrimoine culturel immatériel, les actions visant à renforcer la sensibilisation au patrimoine culturel immatériel et la participation des jeunes.
La Loi de protection du patrimoine culturel (N  16/08 de 2008, telle qu’amendée) est la principale législation qui définit le patrimoine culturel immatériel selon la Convention de 2003, identifie les organes compétents et leurs responsabilités respectives, et prévoit le mécanisme de mesures de sauvegarde pour une sauvegarde intégrée et une gestion du Registre national du patrimoine culturel. Au niveau politique, le Programme national en faveur de la culture (2014-2017) met l’accent sur le soutien à la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel et, tout particulièrement, à ses détenteurs. En outre, le patrimoine culturel immatériel a été intégré à la Stratégie touristique officielle slovène (2012-2016), tandis que le Programme de développement rural (2014-2020) envisage le patrimoine culturel comme une opportunité de développement et d’emplois pour les zones rurales.
Il n’y a, en Slovénie, aucune institution exclusivement dédiée à la formation à la gestion du patrimoine culturel immatériel.
Les institutions en charge de l’information et de la documentation sur le patrimoine culturel immatériel existaient déjà dans le pays, mais suite à la ratification de la Convention de 2003, certaines d’entre elles se sont spécialisées dans sa sauvegarde. Le Coordinateur prête une attention toute particulière au patrimoine culturel immatériel dans le cadre du système de documentation existant et au sein des institutions pertinentes qui conservent la documentation sur le patrimoine culturel immatériel : les musées nationaux et autres musées officiellement autorisés ; l’Institut en charge de la protection du patrimoine culturel de Slovénie et ses bureaux régionaux ; le Département d’ethnologie et d’anthropologie culturelle (Université de Ljubljana) ; l’Institut slovène d’ethnologie; l’Institut d’ethnomusicologie ; et le Centre scientifique et de recherche de l’Académie slovène des sciences et des arts qui publie également des collections primaires et secondaires de chansons et de danses populaires. Afin d’améliorer l’accès au patrimoine culturel, l’État accorde des fonds destinés à la numérisation du contenu patrimonial détenu par les institutions compétentes, le contenu numérisé consacré au patrimoine culturel immatériel est accessible au grand public par les sites web des archives, des bibliothèques, des musées, des universités et des instituts. Le contenu qui n’a pas encore été numérisé est également accessible physiquement.
Le Registre du patrimoine culturel immatériel (dit « le Registre ») est le principal inventaire du patrimoine vivant et fait partie du Registre du patrimoine culturel géré par le Ministère de la culture. Les propositions d’inscription au Registre peuvent être faites par toute personne mais doivent inclure le consentement du(des) détenteur(s) concerné(s). La plupart des propositions d’inscription sont soumises par les détenteurs, les organisations non gouvernementalesG et les institutions (par ex. les musées) compétentes telles que des sociétés savantes et des associations. Les données sur les éléments sont les suivantes : le(les) nom(s) ; la localisation géographique ; le domaine/sous-domaine ; les descripteurs typologiques/types ; les données sur le(les) détenteur(s) ; le nom, l’adresse et la description (si nécessaire) ; le lien avec d’autres éléments du patrimoine matériel ou immatériel ; le type d’orientations de sauvegarde ; les institutions compétentes ; la justification de l’inscription ; toute éventuelle limite à l’accès du public aux données ; et une photographie. Tout au long de la procédure d’inscription, l’accent est mis sur le rôle du(des) détenteur(s). À la fin de l’année 2014, il y avait 37 éléments du patrimoine culturel immatériel et 79 détenteurs inscrits. Certains éléments inscrits sur le Registre peuvent être proclamés comme étant patrimoine culturel immatériel d’importance nationale particulière et, à ce jour, cinq éléments bénéficient de ce statut. Actuellement, seuls les éléments du patrimoine culturel immatériel avec des détenteurs en activité sont inscrits sur le Registre, l’ajout d’une catégorie concernant les éléments menacés du patrimoine culturel immatériel ou ceux nécessitant une sauvegarde urgente est envisagée.
Outre, le Coordinateur, un certain nombre d’acteurs sont impliqués dans divers projets de sauvegarde, notamment des organisations non gouvernementales, des autorités locales (par ex. celles-ci soutiennent souvent les détenteurs locaux en leur accordant un financement et en mettant à leur disposition un espace pour leurs activités), des détenteurs et des associations communautaires.
Afin de sensibiliser le public, présenter ses activités et encourager les détenteurs à soumettre des éléments au Registre, le Coordinateur a publié, en 2009, une brochure intitulée « Le patrimoine culturel immatériel en Slovénie », puis d’autres publications destinées à promouvoir et mettre en valeur la sauvegarde telles que le Manuel du patrimoine culturel immatériel (2012), et du matériel audiovisuel promouvant les éléments inscrits au Registre. Parmi les autres initiatives de sensibilisation au patrimoine culturel immatériel, on citera les expositions « Le patrimoine du carnaval en Slovénie » (2012) et « Le patrimoine pascal en Slovénie » (2013) qui ont été organisées au Musée ethnographique slovène. La Société ethnologique slovène a organisé des rencontres scientifiques sur le patrimoine culturel immatériel, et plusieurs livres et articles professionnels et scientifiques ont été publiés, notamment dans les revues scientifiques du Musée ethnographique slovène et de l’Institut slovène d’ethnologie. Certains détenteurs d’éléments inscrits au Registre ont publié des ouvrages et des périodiques, réalisé des films et organisé des expositions sur leur patrimoine culturel immatériel.
S’agissant des programmes éducatifs, le réseau du système des écoles associées de l’UNESCO (réSEAU) a identifié, étudié et enregistré les traditions locales. Le réSEAU a fait de la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel un des ses principaux thèmes, l’a encouragée, a soutenu financièrement des projets et publié en 2013 un ouvrage en deux langues Le Patrimoine dans les mains des jeunes – les jeunes adoptent les monuments. Depuis 2000, la dentellerie fait partie du programme scolaire de l’enseignement primaire, en option et dans le cadre des activités périscolaires, et l’art de la dentelle au fuseau est transmis par l’Université du troisième âge et des ateliers pour adultes. Le Bazar culturel est le plus important événement organisé chaque année pour promouvoir l’éducation artistique et culturelle, il est soutenu par plusieurs ministères du gouvernement (culture, éducation, santé, environnement) et est placé sous le patronage de la Commission nationale. Un des éléments essentiels de ce Bazar est un cours de formation d’une journée, destiné à un grand éventail de professionnels issus principalement du secteur de l’éducation et de la culture, au cours duquel des informations sur le patrimoine culturel immatériel sont données.
Les agences de développement et les centres artisanaux opérant sur tout le territoire national proposent des formations extrascolaires au patrimoine culturel immatériel. Parmi ces initiatives, on citera : le Centre pour les arts et l’artisanat de l’Institut Marianum Veržej qui, outre ses programmes réguliers de formation, organise divers ateliers créatifs ; le Centre de développement de la région Cœur de la Slovénie qui coordonne des projets de développement au niveau régional et propose des formations en lien avec le patrimoine ; et le Centre artisanal Ribnica qui propose des activités riches et diversifiées destinées à différents publics, dont des groupes d’écoliers de maternelle et de primaire. Dans le cadre de la sauvegarde du patrimoine, plusieurs associations communautaires locales transmettent le patrimoine culturel immatériel aux jeunes générations. Les savoirs informels sont transmis lors de festivals, d’expositions, de compétitions et de concours, et de conférences.
Le Fonds public en faveur des activités culturelles s’intéresse aux activités créatives non professionnelles en lien avec la musique et la danse. Il organise des groupes folkloriques pour les enfants et les adultes, sauvegarde des éléments du patrimoine matériel associé (costumes folkloriques et instruments de musique) et met en place des programmes de formation. En outre, le Conseil international de la musique traditionnelle (une organisation non gouvernementale accréditée, membre de l’Organe d’évaluation) et le Forum des cultures slaves (une organisation à but non lucratif) organisent des festivals, des expositions et des séminaires sur le patrimoine culturel immatériel et célèbrent la créativité culturelle slave dans les domaines de l’ethnologie, de la muséologie, du folklore et de la musique en remettant le Prix Živa.
En ce qui concerne la coopération bilatérale, sous-régionale et internationale, des représentants du Ministère de la culture et du Coordinateur participent régulièrement à des rencontres régionales d’experts sur le patrimoine culturel immatériel. En 2014, la Slovénie est devenue officiellement État membre du Centre régional de sauvegarde du patrimoine culturel immatériel de l’Europe du sud-est, basée à Sofia, Bulgarie. Des experts participent activement à des séminaires et des conférences sur le patrimoine culturel immatériel de l’Europe du sud-est organisés sous les auspices du Bureau de l’UNESCO à Venise. Plusieurs réunions internationales sur le thème du patrimoine culturel immatériel se sont tenues en Slovénie, certaines d’entre elles étaient organisées par la Société ethnologique slovène. À l’occasion du 10e anniversaire de la Convention de 2003, le Coordinateur a organisé une conférence internationale sur « la promotion du patrimoine culturel immatériel » à laquelle ont participé des experts de Slovénie, d’Autriche, de Hongrie, de République tchèque, de Croatie et d’Allemagne. Entre 2011 et 2014, le projet « Cultural Capital Counts » (Le capital culturel, ça compte) a établi un lien entre dix régions situées dans six pays d’Europe, dont la Slovénie. L’objectif principal du projet était de permettre un développement positif des régions en mettant l’accent sur le patrimoine culturel immatériel. Le Musée ethnographique slovène a également participé au projet international « Carnaval roi d’Europe » (avec l’Italie, la Croatie, l’ex-République yougoslave de Macédoine, l’Espagne, la Bulgarie, la Roumanie, la France et la Pologne).
À ce jour, la Slovénie n’a aucun élément inscrit sur les listes de la Convention de 2003.

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