Rapport périodique sur la Convention pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel

La Convention précise dans son Article 29 que les États parties présentent au Comité des rapports sur les dispositions législatives, réglementaires ou autres prises pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel sur leurs territoires. Cette page présente les rapports périodiques et les échéances pour un pays : République arabe syrienne (voir la situation de tous les États parties).

Les rapports périodiques permettent aux États parties d’évaluer leur mise en œuvre de la Convention et leurs capacités de sauvegarde du patrimoine culturel immatériel, de faire rapport sur leurs inventaires du patrimoine culturel immatériel, et de mettre à jour le statut des éléments inscrits sur la Liste représentative.

Quand des éléments sont inscrits sur la Liste du patrimoine culturel immatériel nécessitant une sauvegarde urgente, l’État partie soumissionnaire s’engage à prendre des mesures de sauvegarde visant à renforcer la viabilité du patrimoine concerné. Quatre ans après l’inscription, l’État partie fait rapport au Comité sur la situation actuelle de l’élément, sur l’efficacité des mesures de sauvegarde mises en œuvre, ainsi que sur les défis rencontrés.


Sur la mise en œuvre de la Convention

Chaque État partie soumet son rapport périodique au Comité avant le 15 décembre de la sixième année suivant la date à laquelle il a déposé son instrument de ratification, d’acceptation ou d’approbation, et tous les six ans par la suite.

Rapport soumis le 15/12/2017 et examiné par le Comité en 2018

Résumé

La législation relative à la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel est transcrite dans plusieurs textes législatifs, notamment :

  • La loi sur la protection des droits d’auteur et des droits associés, promulguée par le décret n 62 de 2013. Le chapitre VII de ce texte (article 69 et suivants) traite du patrimoine populaire et déclare qu’il est de la responsabilité de l’État de protéger ce patrimoine, d’empêcher son altération et de considérer tout dommage à son encontre comme un délit punissable.
  • La loi de structuration du ministère de la Culture et son amendement n / 197 / du 23.11.1958 établit qu’une des fonctions du ministère de la Culture est de ranimer, sauvegarder et développer les arts et la culture populaire, de sauvegarder le patrimoine ancien en en rassemblant et conservant tous les éléments, et d’encourager les arts du spectacle tels que le théâtre et les représentations musicales.
  • La loi de l’Autorité générale syrienne des livres n  8 de 2006, qui définit un cadre pour les activités de la Direction pour le renouveau du patrimoine arabe en matière de recherches, d’études, de publications et de livres, de glossaires, de manuscrits et d’articles sur le patrimoine, dans le cadre des règlements internes de l’Autorité générale syrienne des livres, promulgués par n 1676 de 2006.
  • Les règlements internes du ministère de la Culture actuellement en vigueur, promulgués par le décret n 1739 de 2006, confient au ministère la tâche de documenter et d’enregistrer les éléments du patrimoine culturel immatériel, de créer des musées pour les présenter et permettre aux communautés d’interagir avec eux, ainsi que d’assister d’autres musées et institutions publics dans leurs fonctions. Le ministère a mis en place la Direction pour le renouveau du patrimoine traditionnel, qui est chargée d’enregistrer les éléments du PCI et de réaliser des études et des recherches sur ce patrimoine dans tous les gouvernorats de Syrie. Elle a également travaillé sur la documentation audiovisuelle ainsi que sur des publications destinées à la recherche et au tourisme. Ces documents et publications ont été distribués à l’échelle locale, régionale et internationale afin de souligner l’importance du patrimoine culturel immatériel syrien et son rôle dans l’enrichissement du patrimoine humain. Le gouvernement a également participé ou organisé des manifestations culturelles, notamment des festivals, des spectacles et des conférences, afin de promouvoir les produits du patrimoine culturel immatériel localement et à l’étranger et de contribuer ainsi à leur durabilité et à leur sauvegarde. Des centres culturels coordonnés par le ministère ont mené des activités destinées à éduquer les communautés au sujet du patrimoine culturel immatériel, à acquérir le savoir-faire et les ressources nécessaires pour le sauvegarder, ainsi qu’à fournir aux artistes, aux détenteurs et aux communautés les outils permettant de recréer et de gérer la sauvegarde de leur patrimoine.
  • Le décret législatif n 255 de 1969, qui établit le Syndicat général des artisans, stipule également que ce syndicat doit développer les capacités des artisans, former de nouveaux artisans, et développer et promouvoir le talent et le savoir-faire.
  • Le ministère du Tourisme organise des manifestations culturelles et des festivals pour contribuer à la transmission des connaissances traditionnelles, parallèlement à plusieurs associations et centres privés œuvrant dans le domaine du patrimoine culturel immatériel syrien.
  • La République arabe syrienne a appliqué une série de mesures et de procédures à l’échelle nationale afin de mettre en œuvre la Convention, comme la création du Comité national supérieur chargé du patrimoine culturel immatériel, qui se compose de représentants officiels de l’État et de représentants des communautés locales. Un comité a également été mis en place pour la rédaction de la loi sur le patrimoine syrien, comité qui comprend ses propres sous-comités, équipes de travail et centres du patrimoine dans plusieurs gouvernorats et complète le rôle des associations communautaires.

Rapport soumis le 15/12/2011 et examiné par le Comité en 2012

Résumé

La direction du patrimoine populaire (DPP), au sein du Ministère de la Culture, est le principal organe national en charge de la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel. Elle est, entre autres, responsable de la préparation des dossiers de candidature à la Liste représentative et à la Liste de sauvegarde urgente de la Convention de l’UNESCO, des candidatures aux meilleures pratiques, le cas échéant des demandes d’assistance, et de la planification et la mise en œuvre des mesures de sauvegarde pour les éléments inscrits sur la Liste représentative. Plusieurs autres Directions au sein du Ministère exercent également des responsabilités dans le domaine du patrimoine culturel immatériel, à savoir la Direction des antiquités et des musées (responsable des lieux essentiels à la pratique continue des éléments du patrimoine culturel immatériel) ; la Direction des théâtres et de la musique (organise un festival annuel d’arts du spectacle traditionnels et a une troupe de danse traditionnelle) ; la Direction de la revitalisation et de la promotion du patrimoine arabe (documente et préserve les manuscrits arabes ayant une valeur historique, littéraire et scientifique, et promeut la langue arabe) ; la Direction du droit d’auteur (p. ex. élabore une loi de sauvegarde des expressions du patrimoine populaire (folklore)) ; la Direction des affaires culturelles (met en œuvre les programmes de coopération culturelle internationale) ; la Direction des instituts de musique arabe (enseigne l’interprétation des instruments de musique traditionnels) ; et la Direction des beaux-arts (responsable de la calligraphie et des céramiques). Afin de mettre en œuvre la Convention de 2003, le Ministère a établi un Comité ministériel du patrimoine qui a créé des Sous-comités du patrimoine culturel immatériel dans les 14 gouvernorats syriens. Ces comités sont composés, entre autres, de représentants d’organisations non gouvernementales et d’associations locales, et sont affiliés aux Directions locales de la culture. Ils se chargent de la supervision, la collecte, l’enregistrement et la documentation du patrimoine populaire.
Outre le Ministère de la Culture, plusieurs autres Ministères exercent des responsabilités dans le domaine du patrimoine culturel immatériel, le Ministère du Tourisme (commercialise et met en avant les artisanats traditionnels, rénove les bâtiments historiques et organise des festivals) ; le Ministère de l’Agriculture (p. ex. sauvegarde la culture traditionnelle du ver à soir, accorde des microcrédits aux femmes des zones rurales pour monter des affaires d’artisanat traditionnel, etc.) ; le Ministère du Waqf (p. ex. préserve les bâtiments religieux) ; le Ministère de l’Économie et du Commerce (organise des expositions d’artisanat traditionnel et subventionne la participation des artisans) ; et le Ministère de l’Enseignement Supérieur (organise des forums et des conférences scientifiques et édite des publications). L’Union des femmes met en œuvre des activités éducatives et de promotion en lien avec l’artisanat et les pratiques alimentaires traditionnelles.
Les principales activités de formation à la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel sont des séminaires et des ateliers du patrimoine qui sont organisés depuis 2010 par le Ministère de la Culture dans différents gouvernorats afin d’aider les Ministères et les institutions à identifier l’importance du patrimoine culturel immatériel, de sa collecte, son enregistrement et sa documentation. Par ailleurs, le Ministère de la Culture conçoit actuellement des cours à l’intention des organisations communautaires et des syndicats professionnels sur l’importance de la documentation et de la sauvegarde du patrimoine populaire, tandis que certains projets de documentation en cours visent à renforcer les capacités, au sein des communautés, en matière de documentation et d’utilisation de leurs ressources patrimoniales.
S’agissant de la documentation du patrimoine culturel immatériel, le Ministère de la Culture travaille actuellement à la création d’un Centre national de documentation du patrimoine culturel immatériel, placé sous la responsabilité de la DPP. Depuis 2008, cette dernière administre une bibliothèque des ressources académiques et documentaires qui constituera le fonds principal du Centre. La DPP a également travaillé en collaboration avec le Conseil public de la radio et de la télévision, du Ministère de l’Information, afin de mettre à disposition les matériels audiovisuels qui traitent de nombreux aspects du patrimoine oral, de la musique et d’autres composantes du patrimoine culturel immatériel syrien. Le travail de documentation du patrimoine culturel immatériel est également entrepris par différents Ministères et chercheurs bénévoles à titre individuel. Les Comités régionaux du patrimoine populaire sont des acteurs essentiels de la collecte du patrimoine culturel immatériel. Le projet Rawafed du Syria Trust for Development renforce les capacités des communautés à entreprendre une cartographie culturelle et des projets de planification socioéconomique ouverts à la culture ; le Centre Tarim pour l’architecture et le patrimoine, facilitateur national du programme Mémoire du monde arabe, s’intéresse tout particulièrement à la documentation numérisée du patrimoine arabe.
Aucun inventaire officiel du patrimoine culturel immatériel de la République arabe syrienne, tel que l’entend la Convention de 2003, n’a à ce jour encore été dressé. Le Ministère a lancé la préparation d’un inventaire en envoyant, par l’intermédiaire de la DPP, une lettre circulaire en 2008, suivie d’une mise à jour en 2010, aux Directeurs de la culture de tous les gouvernorats syriens, leur présentant un plan de travail national de collecte, d’enregistrement et de documentation du patrimoine culturel populaire national. La lettre appelait ces Directeurs à définir les éléments du patrimoine culturel immatériel présents sur le territoire de leurs gouvernorats, fournir les références des publications sur le patrimoine populaire, mener des entretiens avec les détenteurs de traditions les plus âgés et documenter les chansons, la musique et les danses populaires. Le Ministère de la Culture entreprend actuellement une étude de terrain dans la zone de Badia sur les habitants du désert et leurs coutumes, leurs traditions, leurs vêtements, leur vie sociale et les tendances en ce qui concerne les déplacements et lieux d’établissement. La DPP a proposé un projet d’inventaire des arts du spectacle dans la région d’Alep et de création d’une base de données dans le cadre de la phase III du projet Patrimoine méditerranéen vivant (MedLiHer). Ce dernier est un projet multinational cofinancé par l’Union européenne dans le cadre du projet Euromed Heritage et mis en œuvre conjointement par l’UNESCO et la Maison des cultures du monde (France).
Dans le domaine de la médecine traditionnelle, en 2009, le Ministère de l’Agriculture a dressé une liste de 261 plantes naturelles utilisées à des fins médicales en Syrie et de leur localisation afin de les enregistrer au niveau international et de les sauvegarder. Ce travail pourrait constituer la base d’un inventaire plus détaillé, à dresser ultérieurement, qui décrira avec précision les pratiques utilisées en médecine traditionnelle.
Parmi les mesures destinées à diffuser auprès du plus grand nombre le patrimoine culturel immatériel et à sensibiliser le public, on peut citer plusieurs séminaires, conférences et autres réunions sur différents aspects du patrimoine culturel immatériel et sa sauvegarde, organisés par des organes gouvernementaux dans toute la Syrie, ainsi qu’un site web de la DPP qui présente des informations sur le patrimoine culturel immatériel. La Direction des théâtres et de la musique entretient une troupe de danse traditionnelle. Il existe également plusieurs groupes de musique et de danse populaire dans les villes syriennes, p. ex. le Groupe musical du patrimoine à Raqqa, Beit Al-Funoun (Alep), et Groupe féminin de musique orientale. La Société des amis de Damas, qui compte plus de 1 300 membres, organise des fêtes folkloriques et des salons du livre autour d’ouvrages consacrés à Damas, elle accueille également des conférences sur le folklore. Des émissions de radio et de télévision ont également été conçues pour promouvoir le patrimoine culturel immatériel syrien, y compris des programmes sur le patrimoine oral, les arts du spectacle, les coutumes et les traditions (rurales et urbaines) et l’artisanat traditionnel, y compris les arts islamiques, dans différentes villes du pays.
En ce qui concerne l’éducation, le Ministère de l’Éducation met en avant le patrimoine culturel immatériel auprès des enfants et des jeunes (7-18 ans) dans les programmes scolaires. Dans l’éducation formelle (enseignement primaire et secondaire) le patrimoine culturel immatériel est abordé dans différentes matières. Dans les écoles d’enseignement professionnel, l’enseignement est plus spécialisé (p. ex. la fabrication de brocarts, la sculpture sur bois, la mosaïque, l’incrustation de coquillages). L’Organisation des pionniers Al-Ba’th propose une formation aux enseignants sur les méthodes de travail à mettre en œuvre avec les enfants dans le domaine de la culture, notamment une formation au conte traditionnel. Elle propose également aux enfants de participer à des concours de musique et d’artisanat organisés au niveau national.

Sur des éléments de la liste de sauvegarde urgente

Les rapports sur chaque élément inscrit sur la Liste de sauvegarde urgente sont soumis par l’État partie le 15 décembre de la quatrième année suivant celle durant laquelle un élément a été inscrit, et tous les quatre ans par la suite.

Le théâtre d’ombres, inscrit en 2018

Pour accéder à la description de cet élément, au dossier original (formulaire, consentement des communautés, photos et vidéo) et à la décision d’inscription, voir la page dédiée.

Un rapport sera à soumettre pour le 15/12/2022
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