Rapport périodique sur la Convention pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel

La Convention précise dans son Article 29 que les États parties présentent au Comité des rapports sur les dispositions législatives, réglementaires ou autres prises pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel sur leurs territoires. Cette page présente les rapports périodiques et les échéances pour un pays : Colombie (voir la situation de tous les États parties).

Les rapports périodiques permettent aux États parties d’évaluer leur mise en œuvre de la Convention et leurs capacités de sauvegarde du patrimoine culturel immatériel, de faire rapport sur leurs inventaires du patrimoine culturel immatériel, et de mettre à jour le statut des éléments inscrits sur la Liste représentative.

Quand des éléments sont inscrits sur la Liste du patrimoine culturel immatériel nécessitant une sauvegarde urgente, l’État partie soumissionnaire s’engage à prendre des mesures de sauvegarde visant à renforcer la viabilité du patrimoine concerné. Quatre ans après l’inscription, l’État partie fait rapport au Comité sur la situation actuelle de l’élément, sur l’efficacité des mesures de sauvegarde mises en œuvre, ainsi que sur les défis rencontrés.


Sur la mise en œuvre de la Convention

Chaque État partie soumet son rapport périodique au Comité avant le 15 décembre de la sixième année suivant la date à laquelle il a déposé son instrument de ratification, d’acceptation ou d’approbation, et tous les six ans par la suite.

Rapport soumis le 15/12/2020 et examiné par le Comité en 2021

Résumé

bientôt disponible

Rapport soumis le 15/12/2014 et examiné par le Comité en 2015

Résumé

L’organe ayant la responsabilité globale de la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel est le Ministère de la culture, qui a élaboré et mis en place la Politique de sauvegarde du patrimoine culturel immatériel en Colombie (2009) et a créé le Système national du patrimoine culturel. À ce titre, le Groupe du patrimoine culturel immatériel (GPCI) a été créé au sein du Bureau du patrimoine en tant qu’organe compétent pour mettre en œuvre la Convention de 2003 et publier des directives de politique publique et des outils de gestion pour promouvoir et renforcer la sauvegarde des processus sociaux du patrimoine culturel immatériel. La loi 1185 de 2008 prévoit l’élaboration d’une Liste nationale représentative du patrimoine culturel immatériel (LRPCI) et crée le Système national du patrimoine culturel pour les politiques de sauvegarde et de protection du patrimoine. L’Institut colombien d’anthropologie et d’histoire (ICANH) prend en charge la gestion de la LRPCI.
Le Bureau du patrimoine du Ministère de la culture a une « Stratégie de renforcement des capacités », qui vise à promouvoir, de manière participative, l’appropriation de la politique de sauvegarde dans le domaine du patrimoine culturel immatériel à travers la formation. La Stratégie vise à tisser un réseau de multiplicateurs à travers la « formation des formateurs » et à promouvoir la gestion du patrimoine culturel immatériel entre les habitants et les fonctionnaires du secteur culturel. La méthodologie de formation est basée sur un dialogue ouvert et des scénarios d’échanges culturels qui contribuent à la sauvegarde grâce à une communication directe avec les communautés, les groupes, les agents culturels, les institutions culturelles et autres acteurs sociaux. La politique de sauvegarde vise à renforcer la capacité de gestion du patrimoine culturel immatériel à travers six stratégies : le renforcement de la gestion sociale ; la promotion du patrimoine culturel immatériel et le développement du savoir ; la sauvegarde efficace ; la reconnaissance de la diversité culturelle : l’éducation et une approche différenciée ; le patrimoine culturel immatériel comme facteur stratégique de développement durable ; et la communication et la diffusion.
Il n’y a actuellement aucune institution chargée de la collecte et de la conservation de la documentation liée au patrimoine culturel immatériel et le défi est de créer des institutions pour cela au niveau national, et de promouvoir et renforcer la recherche connexe. Certaines mesures liées à la documentation spécifique ont été adoptées dans des « Plans de sauvegarde spécifiques » (PSS), comme par exemple la création d’une Bibliothèque et d’un Centre d’information dédiés, en coopération avec les Archives générales de la Nation et la Bibliothèque nationale de Colombie. Ces plans étant mis en œuvre d’une manière participative, ils ont organisé la récupération de documents historiques, ainsi que la formation des populations locales au système national d’archives et la préparation d’un espace pour la conservation des documents au niveau local. Le Bureau du patrimoine conserve également les documents officiels relatifs aux projets de protection et de sauvegarde et est accessible pour la consultation publique. En outre, un système d’information est conçu pour la gestion des documents recueillis grâce à diverses stratégies de sauvegarde du Ministère de la culture. Toute personne peut demander des informations au GPCI et toutes les informations détenues sont publiques et peuvent être partagées librement, en tenant compte des réserves exprimées par les détenteurs, en particulier concernant les restrictions d’accès.
Il y a deux types de registres d’inventaires en Colombie : (i) la Liste nationale du patrimoine culturel immatériel (LPCI) administrée par le Bureau du patrimoine et l’ICANH ; et (ii) les Inventaires du patrimoine immatériel sous la supervision des gouvernements régionaux. La LPCI et les inventaires régionaux sont des outils participatifs ayant pour objectif la sauvegarde par la réflexion collective des communautés sur l’importance de leur propre patrimoine. En outre, la LPCI exige la préparation d’un PSS, envisagé comme un accord social entre les détenteurs et l’outil de gestion des ressources d’obtention, ainsi qu’un soutien technique et financier de l’État. Il existe désormais 21 inventaires régionaux dans 32 départements. La LRPCI est organisée selon 12 domaines (par ex. la médecine traditionnelle, les produits traditionnels, les techniques de fabrication d’artisanat, les arts populaires, les fêtes et pratiques ludiques) tandis que les inventaires régionaux peuvent être territoriaux et organisés selon des critères de population (par groupe ethnique, groupe, sexe, âge, etc.) ou thématiques. Outre ces critères, l’état de la viabilité d’un élément est considéré comme un critère fondamental pour son inclusion dans l’un des inventaires précités.
En ce qui concerne les autres mesures de sauvegarde, il y a une nécessité de renforcer les capacités institutionnelles publiques et privées de sauvegarde et de positionner clairement la sauvegarde au sein des programmes gouvernementaux de planification, en particulier dans le domaine éducatif. La loi précitée prévoit également une incitation fiscale pour ceux qui investissent dans la sauvegarde du patrimoine. Une « Politique en faveur de la connaissance, la sauvegarde et la promotion des pratiques alimentaires de la Colombie » a été adoptée en 2012, et vise à valoriser et à sauvegarder les savoirs et les pratiques de la cuisine traditionnelle colombienne comme facteurs clés de l’identité, de l’appartenance et du bien-être. Une autre « Politique en faveur de la sauvegarde et de la promotion des arts populaires » est en cours d’élaboration.
Une approche globale de sauvegarde consiste à impliquer les détenteurs de tradition en développant différents outils de sauvegarde conçus par le Ministère de la culture. En conséquence, le GPCI a donné la priorité et encouragé des exercices de recherche à partir de ses différents programmes qui ont mis en évidence la participation comme un modèle de sauvegarde efficace. Par exemple, dans la formulation de la politique pour la sauvegarde et la promotion des arts populaires et des traditions artisanales, des processus d’échange de savoirs ont été entrepris afin de documenter les techniques et métiers artisanaux à Santander et le jardinage traditionnel à Antioquia. La « Stratégie de renforcement des capacités » prévoit des mesures incitatives en faveur de petits projets de recherche qui mettent en valeur le patrimoine culturel immatériel dans la vie quotidienne des participants et a conduit à plus de 60 projets de recherche. Durant les phases d’identification et de diagnostic des PSS susmentionnés, la recherche est une composante importante qui permet de décrire en profondeur l’élément à sauvegarder.
Parmi les actions visant à promouvoir le patrimoine culturel immatériel, on citera l’exposition « La Colombie vivante : la nature de la culture » organisée dans le cadre du « Festival folklorique de 2011 » ; la « 4ème Rencontre nationale du patrimoine culturel : les Voix de l’immatériel » (2013) au cours de laquelle des expériences de sauvegarde dans le pays ont été échangées, ainsi que le « Concours national de groupes musicaux de Paipa ».
Le patrimoine culturel immatériel n’est pas encore officiellement intégré dans les programmes éducatifs comme une stratégie de politique nationale, mais certaines initiatives locales sont menées par différentes institutions. Par exemple, un espace éducatif a été consacré aux pratiques alimentaires traditionnelles dans le cadre du « Programme de l’atelier-école : des outils pour la paix » du Bureau du patrimoine. Ce programme associe des objectifs sociaux de lutte contre la pauvreté à des objectifs culturels, en formant des adolescents vulnérables à la protection et à la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel.
En ce qui concerne l’éducation aux espaces naturels et aux lieux de mémoire, le GPCI a élaboré plusieurs programmes mettant en évidence la relation entre les éléments du patrimoine culturel immatériel, la mémoire de la communauté et les lieux physiques où ils sont exprimés. Le programme « Recherche, mémoire et patrimoine » souligne l’importance des espaces sociaux pour la mémoire collective et le rôle qu’ils jouent dans la pratique du patrimoine culturel immatériel par les populations. En outre, les PSS pour les éléments autochtones comprennent l’ethno-éducation en lien avec les actions de sauvegarde, et le Bureau du patrimoine a formulé des directives de politique publique pour la protection des systèmes/sites sacrés des peuples autochtones comme outil de sauvegarde des espaces physiques d’expression du patrimoine culturel immatériel.
S’agissant de coopération bilatérale, sous-régionale, régionale et internationale, le Ministère de la culture participe activement aux initiatives de coopération en Amérique latine. La Colombie participe aux activités du centre régional pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel d’Amérique latine (CRESPIAL) et le Bureau du patrimoine a tenu deux séminaires avec celui-ci en Colombie (l’un sur les plans de sauvegarde et l’autre sur la conservation des archives sonores et audiovisuelles). La Colombie est également impliquée dans la Politique communautaire en matière d’intégration frontalière et de développement de la Communauté andine des nations (CAN) et dans le Comité andin pour la sauvegarde du patrimoine matériel et immatériel créé en 2012. La « 11ème Rencontre pour la promotion et la diffusion du patrimoine immatériel des pays ibéro-américains : les mémoires du savoir-faire » a eu lieu à Santa Cruz de Mompox, Colombie, et a vu la participation des détenteurs de différents éléments latino-américains.
La Colombie a conclu plusieurs accords de collaboration régionale bilatérale. Parmi ceux-ci, on citera : un accord de coopération bilatérale avec le Venezuela sur deux éléments transnationaux (le système normatif Wayuu et les chants du travail de la Llano) et, avec l’Équateur, sur la musique Marimba et les chants traditionnels du Pacifique Sud. Depuis 2009, la Colombie a bâti avec le Brésil l’« Initiative binationale pour la cartographie culturelle du nord-est de l’Amazonie » visant à sauvegarder le patrimoine spirituel indigène des communautés vivant dans le bassin de la rivière Negro. En 2012, la Commission mixte Colombie-Costa Rica a accepté d’entreprendre un projet portant sur la mémoire, le patrimoine culturel et l’entrepreneuriat visant à bénéficier aux communautés afro-colombiennes de Limon Centro. Depuis 2014, avec le Pérou, elle a commencé la préparation de la cartographie préliminaire des « Éléments du patrimoine culturel du peuple Tikuna » dans trois communautés de Leticia, Amazonas (Colombie).
Huit éléments de la Colombie ont été inscrits sur la Liste représentative, à savoir : le carnaval de Barranquilla (2008) ; l’espace culturel de Palenque de San Basilio (2008) ; les processions de la Semaine sainte à Popayán (2009) ; le carnaval de Negros y Blancos (2009) ; le système normatif Wayuu, appliqué par le Pütchipü’üi (palabrero) (2010) ; la musique Marimba et les chants traditionnels de la région sud du Pacifique colombien (2010) ; le savoir traditionnel des chamanes jaguars de Yuruparí (2011) ; et le festival de Saint François d’Assise, Quibdó (2012).

Sur des éléments de la liste de sauvegarde urgente

Les rapports sur chaque élément inscrit sur la Liste de sauvegarde urgente sont soumis par l’État partie le 15 décembre de la quatrième année suivant celle durant laquelle un élément a été inscrit, et tous les quatre ans par la suite.

La musique traditionnelle vallenato de la région du Magdalena Grande, inscrit en 2015

Pour accéder à la description de cet élément, au dossier original (formulaire, consentement des communautés, photos et vidéo) et à la décision d’inscription, voir la page dédiée.

Un rapport sera à soumettre pour le 15/12/2023

Rapport soumis en 2019 et à examiner par le Comité en 2020

Les chants de travail de llano colombo-vénézuéliens, inscrit en 2017

Pour accéder à la description de cet élément, au dossier original (formulaire, consentement des communautés, photos et vidéo) et à la décision d’inscription, voir la page dédiée.

Un rapport sera à soumettre pour le 15/12/2021
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