Rapport périodique sur la Convention pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel

La Convention précise dans son Article 29 que les États parties présentent au Comité des rapports sur les dispositions législatives, réglementaires ou autres prises pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel sur leurs territoires. Cette page présente les rapports périodiques et les échéances pour un pays : Belize (voir la situation de tous les États parties).

Les rapports périodiques permettent aux États parties d’évaluer leur mise en œuvre de la Convention et leurs capacités de sauvegarde du patrimoine culturel immatériel, de faire rapport sur leurs inventaires du patrimoine culturel immatériel, et de mettre à jour le statut des éléments inscrits sur la Liste représentative.


Sur la mise en œuvre de la Convention

Chaque État partie soumet son rapport périodique au Comité avant le 15 décembre de la sixième année suivant la date à laquelle il a déposé son instrument de ratification, d’acceptation ou d’approbation, et tous les six ans par la suite.

Rapport soumis le 15/12/2013 et examiné par le Comité en 2014

Résumé

Le National Institute of Culture and History (Institut national de culture et d’histoire – INCH) est l’organe responsable de la promotion et de la sauvegarde de la culture de Belize, en vertu de la Loi INCH No 331 (2000). Il est composé de quatre sous-agences. S’agissant des efforts en faveur de la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel, les responsabilités de trois d’entre elles, l’Institute for Social and Cultural Research (Institut de recherche sociale et culturelle – IRSC), le Museum of Belize and Houses of culture (Musée de Belize et maisons de la culture) et l’Institute of Creative Arts (Institut des arts créatifs), se chevauchent. La Politique nationale culturelle pour Belize (finalisée en 2014) constitue un cadre politique général pour, entre autres sujets, la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel. Cette politique déclare que : « la sauvegarde, la préservation et la promotion de la culture matérielle et immatérielle de Belize, ainsi que le développement d’industries culturelles créatives ayant pour objectif l’unité nationale, la cohésion sociale et les profits économiques, ne peuvent être le fruit que de la participation collective de groupes culturels, de conseils, d’organisations, d’individus et d’entités gouvernementales ».
Depuis juillet 2012, l’IRSC a réuni les militants culturels afin qu’ils participent à une formation sur la mise en œuvre de la Convention pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel au niveau national et sur l’inventaire à participation communautaire. L’IRSC a également assumé les fonctions de secrétariat dans le cadre de l’établissement d’un réseau national de militants culturels intéressés par l’inventaire et la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel de Belize. Au coté de l’IRSC, les principales institutions gouvernementales en charge de la documentation sont la National Heritage Library (Bibliothèque nationale du patrimoine – BNP) et le National Library Service and Information System (Service et système d’information de la bibliothèque nationale). Les Belize Archives and Record Services (Services d’archives et de documentation de Belize - SAEB) fonctionnent également comme institution secondaire pour accueillir de la documentation. Selon la loi, ces institutions ont mandat de diffuser toute la documentation et d’en permettre l’accès à des fins éducatives ou de sensibilisation, sous réserve que l’on satisfasse aux procédures institutionnelles relatives à l’accès aux documents. Depuis 2012, il a été demandé à la BNP et l’IRSC de rendre les informations disponibles, à des fins éducatives et de sauvegarde, aux militants culturels communautaires.
Suite à une série d’ateliers de l’UNESCO organisés en 2012-2013, avec le soutien du Fonds-en-dépôt japonais pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel, il a été confié à l’INCH et à l’IRSC la tâche de créer un groupe de travail en charge de réaliser un inventaire. Un certain nombre d’éléments culturels ont été identifiés afin qu’ils soient inventoriés par des travailleurs culturels et des représentants des communautés. Tous les membres du groupe de travail ont convenu que l’exercice d’inventaire devrait débuter par l’inventaire des célébrations culturelles de Belize. Ceci permettra l’identification des éléments culturels associés qui seront ensuite inventoriés. Les éléments identifiés seront classés selon les domaines définis par la Convention de 2003 et il sera tenu compte à la fois du degré de menace pesant sur l’élément et des modes de transmission et de sauvegarde intergénérationnelles. Cet exercice d’inventaire programmé envisagera tous les éléments comme potentiellement menacés. Le groupe de travail du patrimoine culturel immatériel (composé de participants à l’atelier et d’autres militants culturels communautaires), soutenu par l’IRSC, aidera les communautés à élaborer, soutenir ou améliorer les initiatives de sauvegarde. Si besoin est, le groupe de travail du patrimoine culturel immatériel peut mettre à jour l’inventaire. Au vu de la structure du groupe de travail du patrimoine culturel immatériel, la participation des communautés et des organisations non gouvernementales à l’inventaire est garantie : le groupe de travail est en effet composé des principales ONG enregistrées, notamment le National Kriol Council (Conseil national créole), le National Garifuna Council (Conseil national des Garifuna) et les East Indian Councils (Conseils des Indiens de l’est), ainsi que d’autres organisations originaires des six districts géographiques de Belize.
Les consultations nationales qui ont conduit à l’élaboration de la Politique culturelle nationale ont révélé que le patrimoine culturel immatériel est essentiel pour le développement de la nation et que les valeurs et l’identité culturelles qui se manifestent dans le patrimoine culturel immatériel permettent de contribuer à la fierté nationale et à la productivité. Par exemple, les praticiens de médecines non conventionnelles et de phytothérapie ont exprimé leur volonté de voir ces éléments examinés par les organes gouvernementaux et, si possible, intégrés aux pratiques de médecine conventionnelle. En outre, la Politique culturelle nationale suggère que les organisateurs de fêtes nationales essayent d’intégrer, de présenter et de mettre en valeur le patrimoine culturel immatériel associé à ces célébrations. Des travaux de recherche sur les plantes médicinales indigènes de Belize et leurs différentes utilisations ont débouché sur le programme Bullet Tree qui apprend aux enfants comment créer des jardins et utiliser les connaissances des praticiens des communautés en matière de plantes. Depuis 2009, l’IRSC étudie deux éléments menacés du patrimoine culturel immatériel de Belize, à savoir le Grand bal au sud du pays et le Carnaval du village de Caledonia, au nord du pays. Les conclusions de ces études seront utilisées pour élaborer, avec les communautés, des stratégies de sauvegarde du patrimoine culturel immatériel menacé.
Parmi les mesures prises pour faire reconnaître et respecter le patrimoine culturel immatériel et l’améliorer, le Festival national des arts est un événement majeur qui promeut systématiquement le patrimoine culturel immatériel auprès des enfants de la maternelle, du primaire et du secondaire. Il est organisé avec le Ministère de l’éducation dans les six districts du pays et les élèves sont encadrés par des enseignants itinérants et d’autres formés aux arts. Parmi les efforts de sauvegarde entrepris par Belize, l’éducation occupe une place prépondérante : par exemple, en 2010, un programme a été lancé à l’école publique de Caledonia pour enseigner aux élèves, avec l’aide de praticiens, les éléments culturels associés à la célébration du Carnaval. Le gouvernement a également collaboré avec deux communautés rurales maya et une communauté garifuna au sud de Belize afin de créer trois lycées communautaires destinés à transmettre les langues, les pratiques culturelles et les croyances maya et garifuna. L’enseignement dispensé dans ces établissements scolaires repose sur les détenteurs de connaissances qui transmettent leur patrimoine culturel immatériel aux enfants. Par exemple, dans les communautés maya, les détenteurs apprennent aux élèves à jouer des instruments de musique et leur enseignent la cosmologie maya et les connaissances relatives à la nature. Dans son programme scolaire inclusif, le Ministère de l’éducation encourage les écoles à faire usage des expériences culturelles des communautés pour l’enseignement et la diffusion du patrimoine culturel immatériel.
Parmi les initiatives d’éducation non-formelle, on citera l’Académie du marimba, créée suite aux efforts conjoints de la CACHE - Community of Artists for Cultural & Historical Endeavours (Communauté d’artistes en faveur d’initiatives culturelles et historiques), une organisation culturelle communautaire, et de la Benque House of Culture (Maison de la culture de Benque), et financée par le gouvernement. L’Institut des arts créatifs accorde une aide technique aux communautés intéressées par la sauvegarde des arts du spectacle et a, par exemple, soutenu de façon systématique l’organisation d’ateliers de transmission et d’enseignement du « Brukdong », un genre musical populaire. Des tels programmes sont conçus et mis en œuvre suite aux demandes faites les groupes culturels communautaires.
S’agissant de la coopération bilatérale, sous-régionale, régionale et internationale, Belize a organisé des ateliers du patrimoine culturel immatériel, avec la Jamaïque et Trinité-et-Tobago, sous les auspices du Bureau de l’UNESCO à Kingston.
L’intégration de « La langue, la danse et la musique des Garifuna » à la Liste représentative en 2008 a couronné les efforts déployés dans plusieurs pays par les populations garifuna de Belize, du Guatemala, du Honduras et du Nicaragua, efforts qui ont conduit, dans un premier temps, à sa proclamation en tant que « chef-d’œuvre du patrimoine oral et immatériel de l’humanité » en 2001. Depuis son inscription, la culture garifuna occupe une place éminente dans la vie de Belize et les jeunes sont très impliqués dans la transmission et l’interprétation de la musique et de la danse garifuna, notamment des styles populaires de Jankunu et de Charikinari. Le Conseil national garifuna a créé l’école primaire Guilisi afin de promouvoir et de préserver la culture garifuna à Dandriga, une ville où la communauté garifuna prédomine. En 2011, un nouveau bâtiment (financé par la Commonwealth Debt Initiative) a été inauguré, il dispose de quatre classes et accueille 175 étudiants (dont certains ne sont pas garifuna). On y met en œuvre l’approche éducative interculturelle trilingue pour enseigner l’anglais, l’espagnol et le garifuna, et la musique, la danse et d’autres pratiques et connaissances traditionnelles y sont enseignées. Les informations nécessaires à la rédaction du présent rapport ont été recueillies auprès de plusieurs institutions et organisations culturelles et éducatives impliquées dans la mise en œuvre de pratiques de sauvegarde au sein de leurs communautés.

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