Rapport périodique sur la Convention pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel

La Convention précise dans son Article 29 que les États parties présentent au Comité des rapports sur les dispositions législatives, réglementaires ou autres prises pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel sur leurs territoires. Cette page présente les rapports périodiques et les échéances pour un pays : Venezuela (République bolivarienne du) (voir la situation de tous les États parties).

Les rapports périodiques permettent aux États parties d’évaluer leur mise en œuvre de la Convention et leurs capacités de sauvegarde du patrimoine culturel immatériel, de faire rapport sur leurs inventaires du patrimoine culturel immatériel, et de mettre à jour le statut des éléments inscrits sur la Liste représentative.

Quand des éléments sont inscrits sur la Liste du patrimoine culturel immatériel nécessitant une sauvegarde urgente, l’État partie soumissionnaire s’engage à prendre des mesures de sauvegarde visant à renforcer la viabilité du patrimoine concerné. Quatre ans après l’inscription, l’État partie fait rapport au Comité sur la situation actuelle de l’élément, sur l’efficacité des mesures de sauvegarde mises en œuvre, ainsi que sur les défis rencontrés.


Sur la mise en œuvre de la Convention

Chaque État partie soumet son rapport périodique au Comité avant le 15 décembre de la sixième année suivant la date à laquelle il a déposé son instrument de ratification, d’acceptation ou d’approbation, et tous les six ans par la suite.

Rapport soumis le 15/12/2013 et examiné par le Comité en 2014

Résumé

Comme le stipule sa Constitution, la société vénézuélienne est un état « multiethnique et pluriculturel », ses politiques du patrimoine culturel immatériel en témoignent en mettant en avant la diversité culturelle. Le principal organe de sauvegarde est le Centre pour la diversité culturelle (Centro para la Diversidad Cultural – CDC) qui a été créé en 2006 par le Ministère du Pouvoir Populaire pour la Culture. Sa mission est de promouvoir les principes de la diversité culturelle et de créer des espaces pour la discussion interculturelle et la promotion du dialogue, de la convergence et des alliances stratégiques afin d’établir des réseaux institutionnels. Cette démarche doit être accomplie en respectant l’environnement matériel et naturel des communautés détentrices et en identifiant la valeur de leurs pratiques culturelles. Le CDC travaille en étroite collaboration avec l’Institut du patrimoine culturel (Instituto del Patrimonio Cultural – IPC) et a des Délégations dans 13 régions du pays. Les activités de terrain sont facilitées par la présence de 287 Conseils communautaires pour la sauvegarde du patrimoine culturel et la diversité (dont 687 groupes qui représentent différents éléments) et 24 Réseaux du patrimoine culturel et de la diversité qui sont constitués de détenteurs de traditions et de défenseurs de la culture. Une Direction générale de l’identité et du patrimoine (Dirección General de Identidad y Patrimonio) et une Direction générale de la diversité culturelle (Dirección General de Diversidad Cultural), dépendant toutes deux du Ministère du Pouvoir Populaire pour la Culture, élaborent et gèrent également des politiques relatives aux questions du patrimoine culturel immatériel.
Le cadre législatif du Venezuela permet aux institutions consacrées à la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel, aux établissements d’enseignement de tous niveaux et aux organisations non gouvernementales de mettre en œuvre des programmes et projets de recherche, de documentation, de sauvegarde, de promotion et de diffusion de la diversité culturelle. Entre 2008 et 2013, des avancées dans le domaine législatif et institutionnel ont permis une meilleure sauvegarde du patrimoine culturel immatériel, notamment la Loi sur le patrimoine culturel des populations autochtones et des communautés et un projet de Loi organique sur la culture. La Loi sur l’éducation (2009) intègre l’éducation interculturelle bilingue dans l’éducation élémentaire.
Les cours de formation consacrés au patrimoine culturel immatériel se concentrent principalement sur la recherche anthropologique et ethnographique plutôt que sur la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel. Les institutions qui dispensent des formations sont le Département d’anthropologie de l’Université de Zulia (LUZ) (qui mène des travaux de recherche dans le domaine des études du patrimoine) ; le Centre de recherche ethnologique (Centro de Investigaciones Etnológicas – CIE), l’Université des Andes (avec son groupe de recherche en bio-anthropologie) ; et le Centre d’anthropologie de l’Institut vénézuélien de recherche scientifique (Centro de Antropología, Instituto Venezolano de Investigaciones Científicas) qui dépend de Ministère du Pouvoir Populaire pour la Science, la Technologie et l’Innovation.
Le CDC est le principal centre de documentation du patrimoine culturel immatériel, avec des matériels documentaires qui remontent à 1947 et concernent le Venezuela et d’autres pays d’Amérique centrale et des Caraïbes. Entre 2006 et 2009, le CDC a enregistré de la musique, des festivités, des rituels et des pratiques religieuses populaires dans les régions de l’est, de l’ouest et du centre du pays, dans les Andes, les Llanos et le Guayana, ainsi que dans les communautés autochtones. Ce travail de documentation a été complété par la diffusion de 1923 cassettes mini DV et la publication de 126 programmes. En outre, des archives photographiques ont été créées avec 118 016 clichés du patrimoine culturel immatériel national. L’Université des Andes a une unité d’ethnographie audiovisuelle. Son travail se fonde sur des recherches en ethnographie et des créations audiovisuelles. L’unité est destinée à servir à la fois d’académie et de référence pour de futurs travaux. L’IPC administre également un centre de documentation qui recueille et rassemble des informations dans tout le pays sur le patrimoine culturel du Venezuela, auprès de différentes institutions gouvernementales et académiques et de maisons d’édition. La Fondation La Salle (Institut caribéen d’anthropologie et de sociologie) détient également de la documentation sur le patrimoine culturel immatériel, en particulier les traditions, mythes et légendes.
L’inventaire est réalisé dans le cadre du Registre du patrimoine culturel (Registro de Patrimonio Cultural Venezolano – RPC), lancé en 1995 et administré par l’IPC. Le RPC-Venezuela enregistre toutes les formes de patrimoine (archéologique, immatériel, immeuble, meuble, naturel avec une portée culturelle, paléontologique) et les détenteurs individuels de patrimoine. Les critères utilisés pour l’inclusion du patrimoine culturel immatériel dans le RPC-Venezuela sont : un sentiment d’appartenance et un enracinement dans la société ; la vitalité de la transmission de la pratique dans les communautés ; et un sentiment d’identité culturelle collective. L’enregistrement des éléments dont les détenteurs estiment qu’ils risquent de disparaître ou d’être profondément modifiés est prioritaire. En outre, le RPC-Venezuela prend en considération les facteurs qui ont des conséquences sur la pérennité de l’élément, selon les informations communiquées par les détenteurs. L’inventaire comprend également les éventuelles mesures de sauvegarde élaborées par les praticiens et les techniciens institutionnels qui permettent la création de plans de pérennité de la pratique.
Sur le site Internet du RPC-Venezuela, les utilisateurs peuvent avoir accès aux observations et en formuler d’autres, faire des recommandations et envoyer des documents, photos et vidéos sur le patrimoine culturel immatériel qui les intéressent. Dès le début de la procédure d’inventaire, les communautés culturelles participent à l’identification et l’analyse de leurs propres éléments. Ceci garantit leur présence lors des phases de validation et d’enregistrement de la procédure de mise à jour. Certaines communautés de détenteurs se sont rassemblées au sein d’organisations populaires telles que les Réseaux du patrimoine culturel et les Comités culturels des Conseils des communes. Ces organisations constituent une plateforme par laquelle les détenteurs peuvent interagir avec d’autres communautés et avec l’IPC dans la procédure d’inventaire. Pour l’inventaire et les autres efforts entrepris en matière de documentation, la règle est de soumettre aux détenteurs un formulaire de consentement libre, préalable et éclairé par lequel le consentement de divulguer les pratiques coutumières de la communauté des détenteurs est explicitement donné.
Le CDC assure la promotion et la diffusion des expressions culturelles de la diversité par des échanges culturels et des réunions entre les détenteurs de traditions. Ses 13 bureaux régionaux permettent également aux communautés de mieux communiquer avec les organes d’état et la population dans son ensemble. Ils proposent une plateforme de programmes pour développer des projets de recherche du patrimoine culturel immatériel et pour diffuser, promouvoir et sauvegarder le patrimoine culturel immatériel conformément aux intérêts locaux. Le CDC a également organisé dix expositions expographiques dans des communes, dix expositions itinérantes et quatre expositions temporaires de ses collections dans différents musées répartis sur tout le territoire. Le Forum permanent de la diversité culturelle (créé en 2006) a mis en avant plusieurs éléments du patrimoine culturel immatériel, avec la participation de 40 000 artistes et représentants de l’art populaire, pour un public de plus de 100 000 personnes, permettant ainsi de reconnaître la contribution des détenteurs à la danse, la musique, l’artisanat, la littérature et l’art populaire.
Le Ministère de l’Éducation intègre des contenus en lien avec le patrimoine culturel immatériel local dans le programme scolaire de sciences sociales des trois dernières années de l’enseignement primaire. Cette démarche est soutenue par le Projet éducatif Canaima qui met à disposition des élèves du primaire des ressources éducatives, avec plus de 2 millions d’ordinateurs proposant un contenu consacré au patrimoine culturel immatériel distribués gratuitement. Depuis 2007, le Ministère met également en œuvre l’éducation interculturelle, principalement dans le cadre du projet intitulé « Renforcement de l’éducation interculturelle bilingue dans des contextes interculturels et multiculturels ». Les communautés ont elles-mêmes créé des écoles de la tradition, connues sous le nom de semilleros (pépinières), dans lesquelles l’enseignement est basé sur les connaissances associées à leur patrimoine culturel immatériel. Avec le soutien de l’éducation locale, ces écoles ont également organisé des ateliers, des échanges et des conférences pour les écoliers âgés de 7 à 14 ans.
La coopération bilatérale, sous-régionale, régionale et internationale est une priorité pour le Venezuela. À titre d’exemple, on citera le Rassemblement sud-américain des cultures populaires : « Révéler les expériences, les politiques et les manifestations » (2008) qui a offert un espace d’échange des connaissances et des expériences entre le Brésil, l’Uruguay, la Bolivie, l’Équateur, Cuba, le Honduras et le Venezuela. Le Venezuela a également participé au premier Rassemblement international sur la diversité culturelle, le patrimoine culturel immatériel et le développement qui a réuni la Bolivie, le Pérou, Cuba, le Chili, le Paraguay, le Venezuela et des représentants du Centre régional pour la sauvegarde du patrimoine culturel de l’Amérique latine (CRESPIAL). Ce dernier est un centre de catégorie 2 sous les auspices de l’UNESCO, basé au Pérou, dont le Venezuela est membre. Le Venezuela a également participé au Rassemblement latino-américain des Ministres de la Culture pour un programme consacré aux personnes d’ascendance africaine sur le continent américain, qui s’est tenu au Brésil. Le Venezuela a organisé trois réunions avec le CRESPIAL, intitulées « État et communauté : une alliance nécessaire », destinées à échanger différentes expériences de pays d’Amérique latine dans l’administration de leur patrimoine culturel immatériel inscrit sur la Liste représentative.
Le Venezuela a un élément inscrit sur la Liste représentative qui fait l’objet du présent rapport : les diables danseurs de Corpus Christi du Venezuela (2012). Les communautés détentrices considèrent que l’inscription a accru la reconnaissance de leur élément et son importance, tant au niveau local que national. Par exemple, de nouveaux praticiens rejoignent les confréries et l’accent est mis sur la diffusion de l’activité dans tout le pays. L’inscription a également permis de promouvoir le patrimoine culturel immatériel (et la Convention de 2003 pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel), en renforçant la prise de conscience de l’importance de la sauvegarde au niveau local et national. Toutefois, l’inscription a également ravivé au sein des confréries la peur d’une perception superficielle et d’une dévalorisation de leurs pratiques et le développement d’activités orientées vers une exploitation commerciale. Les confréries des diables danseurs de Corpus Christi communiquent en permanence au CDC des rapports d’activité périodiques sur les activités de sauvegarde.

Sur des éléments de la liste de sauvegarde urgente

Les rapports sur chaque élément inscrit sur la Liste de sauvegarde urgente sont soumis par l’État partie le 15 décembre de la quatrième année suivant celle durant laquelle un élément a été inscrit, et tous les quatre ans par la suite.

La tradition orale Mapoyo et ses points de référence symboliques dans leur territoire ancestral, inscrit en 2014

Pour accéder à la description de cet élément, au dossier original (formulaire, consentement des communautés, photos et vidéo) et à la décision d’inscription, voir la page dédiée.

Un rapport sera à soumettre pour le 15/12/2022

Rapport soumis en 2018 et à examiner par le Comité en 2019

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