Rapport périodique sur la Convention pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel

La Convention précise dans son Article 29 que les États parties présentent au Comité des rapports sur les dispositions législatives, réglementaires ou autres prises pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel sur leurs territoires. Cette page présente les rapports périodiques et les échéances pour un pays : Macédoine du Nord (voir la situation de tous les États parties).

Les rapports périodiques permettent aux États parties d’évaluer leur mise en œuvre de la Convention et leurs capacités de sauvegarde du patrimoine culturel immatériel, de faire rapport sur leurs inventaires du patrimoine culturel immatériel, et de mettre à jour le statut des éléments inscrits sur la Liste représentative.

Quand des éléments sont inscrits sur la Liste du patrimoine culturel immatériel nécessitant une sauvegarde urgente, l’État partie soumissionnaire s’engage à prendre des mesures de sauvegarde visant à renforcer la viabilité du patrimoine concerné. Quatre ans après l’inscription, l’État partie fait rapport au Comité sur la situation actuelle de l’élément, sur l’efficacité des mesures de sauvegarde mises en œuvre, ainsi que sur les défis rencontrés.


Sur la mise en œuvre de la Convention

Chaque État partie soumet son rapport périodique au Comité avant le 15 décembre de la sixième année suivant la date à laquelle il a déposé son instrument de ratification, d’acceptation ou d’approbation, et tous les six ans par la suite.

Rapport soumis le 15/12/2016 et examiné par le Comité en 2017 (dû originellement au 15/12/2012)

Résumé

La sauvegarde du patrimoine culturel immatériel de l’humanité relève de la responsabilité générale du Ministère de la culture (MC). Le Bureau de protection du patrimoine culturel (BPPC), qui dépend du ministère, est le principal organe chargé de la mise en œuvre pour le patrimoine culturel en général, notamment du patrimoine culturel immatériel. Le ministère a autorisé quatre instituts universitaires et le Musée de Macédoine à travailler dans le domaine de la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel. Six ONG sont aussi activement engagées, parmi lesquelles le Conseil international pour la musique traditionnelle (CIMT). Un travail est mené depuis 2004 pour harmoniser la législation qui concerne directement ou indirectement le patrimoine culturel immatériel, ce qui inclut plus de quatre stratégies politiques, onze lois et plusieurs dizaines d’arrêtés. Cependant, il n’existe pour l’instant aucune stratégie spécifique ni aucune loi traitant exclusivement du patrimoine culturel immatériel. Actuellement, aucune institution ne se consacre à la formation à la gestion du patrimoine culturel immatériel, bien que le Bureau de protection du patrimoine culturel joue un rôle central dans la formation et la coordination de programmes éducatifs relatifs à la sauvegarde de ce patrimoine.
Des recherches systématiques sur la culture traditionnelle ont été menées dans un cadre institutionnel depuis plus de soixante ans, et la documentation ainsi obtenue est conservée par sept archives spécialisées. Un projet de cartographie des éléments du patrimoine culturel immatériel a été réalisé en 2012-2015 par le Comité national du CIMT. Certaines institutions ont déjà des programmes actifs de numérisation et, après l’introduction en 2010 de la stratégie officielle de l’État en faveur de la numérisation du patrimoine culturel, des institutions appuyées par l’État ont tenté d’établir et d’améliorer l’approche systématique de la numérisation du patrimoine culturel recueilli. Toutes les institutions mentionnées, notamment les musées, les institutions locales et les associations détiennent des données sur le patrimoine culturel immatériel. Toutes les institutions gouvernementales rendent leurs données accessibles au public et elles sont à la disposition des visiteurs sur demande préalable, mais peu de bases sont consultables en ligne. Les détenteurs conservent souvent des données systématiques sur leur propre élément et ils participent au recueil de la documentation, notamment des photographies et des vidéos.
Le Registre national du patrimoine culturel, établi sous les auspices du BPPC est considéré comme étant l’inventaire également consacré au patrimoine culturel immatériel. Il se présente sous la forme d’un livre consultable par le public, composé d’un livre principal (avec des parties séparées pour le patrimoine immobilier, mobilier, immatériel et culturel revêtant une importance particulière) et de registres supplémentaires. Le patrimoine culturel immatériel figure à la troisième partie du livre principal. En outre, des photographies, des vidéos et des enregistrements audio ainsi que d’autres types de documentation peuvent accompagner l’entrée. Le Registre national du patrimoine culturel a consigné jusqu’à présent quatre-vingt-huit éléments du patrimoine culturel immatériel dans différentes catégories. Aucun élément n’est à ce jour inscrit dans le Registre sous la catégorie « patrimoine culturel en danger ». Les propositions d’inscription doivent être soumises par une institution compétente pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel, mais une communauté locale ou d’autres organisations civiles concernées, et parfois des individus, peuvent également faire des propositions de leur propre initiative. Ces propositions sont examinées par la Commission de valorisation, qui émet des recommandations au Conseil national du patrimoine culturel. Si des questions sont soulevées concernant la propriété physique ou la propriété intellectuelle, l’organe compétent de l’administration publique est informé en vue de prendre des mesures de protection conformes à la loi et d’enregistrer le droit de propriété. Le Registre est mis à jour à chaque fois que le NCCH ou le gouvernement déclare officiellement un bien culturel qualifié pour être inscrit. Des ONG légalement établies et des organisations de la société civile ainsi que des individus peuvent aussi participer à ce processus. Les détenteurs coopèrent en général avec les experts impliqués dans la recherche sur un élément particulier lorsqu’il est soumis pour inscription au Registre. Les communautés culturelles communiquent les informations, les données et la documentation pertinentes sur l’historique de la transmission de la tradition, les risques encourus si elle s’affaiblit ou meurt et leurs idées pour la sauvegarder. Elles sont aussi directement impliquées dans les échanges d’information avec le Ministère de la Culture.
Les mesures de sauvegarde visant l’identification, l’évaluation et l’inscription du patrimoine culturel immatériel ont débuté en 2007. Avant cette date, le patrimoine matériel était prédominant dans la protection du patrimoine. La loi pour la protection du patrimoine culturel contient quinze arrêtés qui traitent des aspects de la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel (la documentation, la prévention des impacts négatifs causés par la surcommercialisation, l’inclusion du patrimoine culturel immatériel dans l’éducation formelle et non formelle et dans de nouveaux types de gestion ainsi que la stimulation du secteur de la création). Un appel aux fonds est lancé tous les ans en faveur des éléments inscrits et les détenteurs peuvent faire des demandes directes ; chaque année, de nombreuses ONG, organisations de la société civile et parfois des individus, reçoivent un soutien. Le ministère coopère de façon intensive avec les détenteurs pour soutenir les événements et festivités locaux, les festivals traditionnels plus importants et quelquefois des représentations publiques de rites traditionnels, des arts du spectacle ou des démonstrations artisanales. Le Département pour le patrimoine culturel immatériel a organisé une campagne de promotion du patrimoine culturel immatériel et de la Convention de 2003, et collaboré avec d’autres agences du gouvernement directement ou indirectement concernées par sa sauvegarde. Le patrimoine culturel immatériel est de plus en plus inclus dans les programmes et projets des gouvernements locaux. Le Ministère du tourisme apporte son soutien à des programmes pour la durabilité des villages dans le cadre de sa stratégie de développement rural, tandis que le Ministère de l’économie appuie les artisans en mettant en valeur l’artisanat traditionnel, en offrant des ateliers de formation, des cours et séminaires qui font le lien entre la production et les connaissances, et en améliorant les conditions dans les ateliers.
Les instituts de recherche, les universités et les institutions éducatives étudient également le patrimoine culturel immatériel et son rôle dans la société contemporaine avec un financement du Ministère de la culture pour des projets de documentation de base et de valorisation ou de promotion. La recherche scientifique sur des éléments spécifiques est également menée pour documenter leur état actuel. Le Comité national du CIMT réalise des recherches et prépare des études scientifiques poussées sur les éléments découverts dans les zones urbaines et rurales qui sont considérés comme des symboles de la nation. Des ONG mènent aussi des activités de recherches, notamment des recherches comparatives et documentent les visions du monde et les pratiques traditionnelles.
Afin de faciliter l’accès à l’information relative au patrimoine culturel immatériel, le Ministère de la culture apporte son soutien à des ateliers, des expositions, des cours, des représentations et à la production d’enregistrements audiovisuels et à d’autres types de matériel associé, en collaboration avec les autorités locales. Conjointement, ils apportent leur appui à divers événements et festivals culturels. Pour chaque élément du patrimoine culturel immatériel (qu’il soit ou non inscrit) les détenteurs décident de l’aspect qui sera présenté au public et de celui qui sera tenu secret. En outre, plusieurs programmes de sensibilisation se sont déroulés pendant les expositions et festivals, en tant qu’événements parallèles. Les programmes scolaires des établissements secondaires incluent désormais divers domaines du patrimoine culturel immatériel. La publication Le Patrimoine culturel et la Jeunesse (2012) a été distribuée dans les écoles maternelles et les écoles élémentaires, dans le cadre du projet de promotion du patrimoine culturel immatériel parmi les jeunes.
Les méthodes non formelles de transmission des connaissances sont toujours très populaires, par exemple les cours d’artisanat et de musique ou de danse populaires dispensés par des écoles non formelles, dirigées par des musiciens, artisans ou danseurs de premier plan. Des éléments du patrimoine culturel immatériel sont transmis dans le cadre de la famille ou de la communauté locale et, en particulier, par le biais d’associations et de sociétés culturelles. Au niveau local, des ateliers spéciaux, des cours et d’autres activités sont organisés afin de transmettre des connaissances aux jeunes. Dans tout le pays, les musées locaux jouent aussi un rôle important dans l’éducation non formelle et la sensibilisation à la valeur du patrimoine culturel immatériel. Ils travaillent avec les écoles maternelles et primaires, en offrant des entrées libres pour des événements comme des ateliers et en organisant de petits concours de dessin ou des expositions de peintures d’enfants inspirées par les éléments du patrimoine culturel immatériel. Les universités ouvertes et privées organisent des campagnes et des ateliers éducatifs non formels pour sensibiliser les participants et le grand public aux responsabilités des détenteurs et de la communauté tout entière envers le patrimoine culturel immatériel. Un atelier de renforcement des capacités en gestion du patrimoine culturel immatériel s’est tenu en avril 2016 avec le soutien du Centre régional pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel en Europe du sud-est (un centre de catégorie 2 placé sous les auspices de l’UNESCO) et a été accueilli par le Comité national du CIMT.
S’agissant de la coopération bilatérale, sous-régionale, régionale et internationale, le pays participe à diverses réunions de travail des experts internationaux sur le patrimoine culturel immatériel, en particulier dans la région de l’Europe du Sud-Est. Cette coopération bilatérale et régionale intensive a amené le pays à participer à la préparation de deux dossiers multinationaux. La coopération régionale a été réalisée par la participation de fonctionnaires et d’experts nationaux aux réunions annuelles du Réseau d’Europe du Sud-Est mis en place par le Bureau régional de l’UNESCO à Venise (2007-2016) et, en 2013, un représentant national a été nommé à l’Assemblée générale du Centre régional pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel en Europe du Sud-Est (centre de catégorie 2 de Sofia). Depuis 2016, le pays a également pris part au Forum PCI du groupe 16+1 (seize pays d’Europe centrale et d’Europe du Sud-Est plus la Chine) qui vise à favoriser la coopération internationale et transrégionale.
L’ex-République yougoslave de Macédoine compte deux éléments inscrits sur la Liste représentative, à savoir la fête des Quarante saints martyrs à Chtip (inscrite en 2013), et la kopatchkata, danse de la communauté du village de Dramtche, Pianets (inscrite en 2014), qui sont tous deux traités dans le rapport actuel. Outre cela, un élément a été inscrit en 2015 sur la Liste de sauvegarde urgente.

Sur des éléments de la liste de sauvegarde urgente

Les rapports sur chaque élément inscrit sur la Liste de sauvegarde urgente sont soumis par l’État partie le 15 décembre de la quatrième année suivant celle durant laquelle un élément a été inscrit, et tous les quatre ans par la suite.

Le glasoechko, chant d’hommes à deux voix dans le bas Polog, inscrit en 2015

Pour accéder à la description de cet élément, au dossier original (formulaire, consentement des communautés, photos et vidéo) et à la décision d’inscription, voir la page dédiée.

Un rapport sera à soumettre pour le 15/12/2023

Rapport soumis en 2019 et à examiner par le Comité en 2020

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