Rapport périodique sur la Convention pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel

La Convention précise dans son Article 29 que les États parties présentent au Comité des rapports sur les dispositions législatives, réglementaires ou autres prises pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel sur leurs territoires. Cette page présente les rapports périodiques et les échéances pour un pays : Chypre (voir la situation de tous les États parties).

Les rapports périodiques permettent aux États parties d’évaluer leur mise en œuvre de la Convention et leurs capacités de sauvegarde du patrimoine culturel immatériel, de faire rapport sur leurs inventaires du patrimoine culturel immatériel, et de mettre à jour le statut des éléments inscrits sur la Liste représentative.


Sur la mise en œuvre de la Convention

Chaque État partie soumet son rapport périodique au Comité avant le 15 décembre de la sixième année suivant la date à laquelle il a déposé son instrument de ratification, d’acceptation ou d’approbation, et tous les six ans par la suite.

Rapport soumis le 15/12/2013 et examiné par le Comité en 2014 (dû originellement au 15/12/2012)

Résumé

Le principal organe responsable de la définition de la politique culturelle et de la sauvegarde de la culture tant contemporaine que traditionnelle est le Ministère de l’Éducation et de la Culture, par l’intermédiaire de ses Services culturels notamment une division spéciale en charge de la culture traditionnelle. En ce qui concerne les activités propres à la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel, les compétences sont réparties entre l’Université de Chypre pour l’enseignement consacré au patrimoine culturel immatériel, la Fondation culturelle pour le dialogue interculturel et l’Atelier culturel, une organisation non gouvernementale, pour certaines activités de mise en valeur, de promotion et de revitalisation ainsi que des activités en lien avec l’inventaire. Les centres et associations communautaires jouent un rôle essentiel dans le soutien à la transmission du patrimoine culturel immatériel et l’information du grand public sur son importance. Parmi ces centres et associations, on citera : les conseils de jeunesse, les centres culturels, les associations de la diaspora cypriote, l’Association des amis des musées d’art populaire de Chypre et les associations de praticiens du patrimoine culturel immatériel.
La formation à la gestion du patrimoine culturel immatériel est dispensée par l’Unité de recherche archéologique au sein du Département d’histoire et d’archéologie de l’Université de Chypre. Outre une Chaire d’art et d’architecture populaires, le Département propose des formations sur des sujets tels que les aspects traditionnels du costume, des professions et activités, de l’artisanat, de l’architecture et des rites et coutumes. Par ailleurs, le Département des sciences sociales et politiques de l’Université de Chypre propose un diplôme de premier cycle en sciences sociales qui comprend des cours d’ethnographie et d’ethnomusicologie. Des formations consacrées au PCI sont également dispensées par : le Service en charge de l’artisanat cypriote au sein du Ministère du Commerce, de l’Industrie et du Tourisme, le Département de l’agriculture du Ministère de l’Agriculture, des Ressources naturelles et de l’Environnement, et le Département de la planification urbaine et du logement du Ministère de l’Intérieur.
Parmi les principales institutions en charge de la documentation, on citera les Archives folkloriques du Centre de recherche de Chypre (CRC), établies en 1962 afin de recueillir et d’enregistrer la linguistique et le folklore cypriotes, et les Archives de la tradition orale qui depuis 1990, archivent le matériel oral. Le Musée d’art populaire de Lefkara et les Archives historiques de la Municipalité de Larnaka abritent également des collections pertinentes.
S’agissant de l’inventaire, un Registre des éléments du patrimoine culturel immatériel de Chypre a été établi par des experts du CRC (sous les auspices du Ministère de l’Éducation et de la Culture) sur la base des Archives de la tradition orale du CRC (matériels collectés entre 1990 et 2010). Les informations ont été recueillies à l’occasion de visites dans les communautés et les villages au cours desquelles des entretiens avec des individus et des groupes (principalement des détenteurs de traditions âgés) et des enregistrements de représentations ont eu lieu. Le premier volume des Éléments du patrimoine culturel immatériel de Chypre a été publié en octobre 2012. Seuls les éléments ayant survécu et les traditions vivantes sont inclus et chaque entrée prend en considération le degré de viabilité de l’élément et sa répartition territoriale. Les communautés (et les membres individuels) ont activement participé à la collecte d’informations pour le Registre, avec l’aide des organisations non gouvernementales concernées. Outre ce Registre, le Ministère de l’Éducation et de la Culture envisage actuellement la création d’un Inventaire national du patrimoine culturel immatériel de Chypre auquel les communautés et détenteurs de traditions participeront en plus grand nombre, tant en ce qui concerne l’identification des éléments du patrimoine culturel immatériel que leur sauvegarde. Son format permettra des mises à jour régulières et le public pourra le consulter via un portail web. Les critères définis pour l’inscription à l’Inventaire national correspondent aux critères du chapitre I.2 des Directives opérationnelles de la Convention de 2003 pour l’inscription sur la Liste représentative. Une fois finalisé et approuvé par le Conseil des ministres, l’Inventaire sera administré par les Services culturels du Ministère de l’Éducation et de la Culture, en collaboration avec la Commission nationale cypriote auprès de l’UNESCO et des experts du patrimoine culturel immatériel de Chypre.
En ce qui concerne les mesures destinées à promouvoir le patrimoine culturel immatériel et sa fonction dans la société, les Services culturels du Ministère de l’Éducation et de la Culture organisent régulièrement des consultations avec les communautés et les municipalités désireuses de coopérer à la sauvegarde de leur patrimoine culturel immatériel et il existe des mécanismes de financement spéciaux pour les communautés et municipalités qui soumettent un plan annuel d’activités culturelles et des demandes de financement. À Chypre, le patrimoine culturel immatériel est envisagé comme un moteur de développement au niveau communautaire et un projet pilote a été lancé en 2012 dans certains villages viticoles de Limassol, dans le cadre du programme du Conseil de l’Europe sur le patrimoine et le développement régional. Le projet, coordonné par le Département de planification urbaine de Chypre avec les Services culturels et la Commission nationale cypriote auprès de l’UNESCO, vise, entre autres, à un développement social et économique à long terme basé sur une mise en valeur du patrimoine et une définition des politiques régionales et des mécanismes de décentralisation appropriés. Parmi les autres mesures destinées à assurer la reconnaissance, le respect et la mise en valeur du patrimoine culturel immatériel, on peut citer l’organisation de représentations sur le thème du patrimoine culturel immatériel, et l’Atelier théâtral qui adapte et représente sur scène des traditions orales choisies. Les institutions publiques et les acteurs privés soutiennent l’organisation de symposiums, d’ateliers de formation et de séminaires destinés à sensibiliser les publics au patrimoine vivant.
La Commission nationale cypriote auprès de l’UNESCO et le Coordinateur national du résEAU, un projet consacré à la sensibilisation des écoles au patrimoine culturel immatériel (2011 et 2012) ainsi que le Ministère de l’Éducation et de la Culture encouragent les activités éducatives qui promeuvent la fonction du patrimoine culturel immatériel dans la société, en particulier auprès des jeunes générations. Les enseignants sont encouragés à envisager une approche qui inscrit les traditions cypriotes dans le contexte plus vaste du patrimoine culturel immatériel de la Méditerranée et de l’Europe du Sud-Est, à organiser des visites de musées du patrimoine vivant ou d’ateliers d’artisanat traditionnel et à encourager la créativité artistique de leurs étudiants au moyen de méthodes et de sources traditionnelles. Le Service cypriote de l’artisanat favorise la transmission des connaissances et compétences traditionnelles et le Ministère de l’Éducation et de la Culture propose des cours sur les traditions culturelles cypriotes dans le cadre de ses programmes de formation continue. L’Association folklorique de Limassol a lancé, en coopération avec l’Université technique de Chypre, un programme de formation et de renforcement des capacités pour les professeurs de danse traditionnelle qui sont eux mêmes des transmetteurs du patrimoine culturel immatériel.
Chypre participe à la coopération bilatérale, sous-régionale, régionale et internationale, en prenant part, par exemple, à des ateliers avec des partenaires régionaux dans le cadre d’OCARINA, le programme conjoint des pays de l’Union européenne destiné à encourager la mobilité des artistes. Chypre participe également aux ateliers annuels du Réseau des experts du patrimoine culturel immatériel de l’Europe du Sud-Est et au centre de catégorie 2 de Sofia.
Chypre a deux éléments inscrits sur la Liste représentative : la dentelle de Lefkara ou Lefkaritika (2009) et les Tsiattista, joutes poétiques (2011). Dans les deux cas, les individus et communautés impliqués ont été très fiers de l’inscription qui a accru la visibilité des éléments. Le plus important est que l’inscription a incité les jeunes générations à apprendre les compétences et savoir-faire associés aux éléments et à chercher des moyens de les intégrer dans la société moderne. Les efforts de sauvegarde sont souvent des actions orchestrées par les communautés avec le soutien du gouvernement central et/ou local. Ces actions sont généralement menées dans le cadre d’un réseau de musées privés et municipaux, d’associations et d’initiatives communautaires et privées.

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